20 février 2012 18h29 · Pierre-Luc Gagnon
Suite à l’euphorie causée par ma première foire au questions (l’euphorie, c’est dans ma tête), j’ai décidé de récidiver. Quelques heures par semaine, je travaille comme conseiller en bières de microbrasserie québécoise. Dans le cadre de mes fonctions, on me pose souvent des questions pas piquées des vers. Ce soir, j’ai envie de vous en présenter quelques-unes, parmi mes préférées, accompagnées de mes réponses lucides et attentionnées.
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Q : Pierre-Luc, dis-moi, quelle est ta bière préférée?
R : Je me plais toujours à croire que ma bière préférée n’a pas encore été brassée. Sinon, à quoi bon continuer de chercher? Il y a plusieurs dizaines de bières qui pourraient faire partie de mon palmarès «à vie», mais j’arriverais difficilement à mettre le doigt sur celle qui m’a le plus bouleversé. Chose sûre, il y a beaucoup trop de bonnes bières pour s’attarder aux mauvaises…
Q : Plus une bière est foncée, plus elle est forte en alcool. Est-ce vrai?
R : Blonde, rousse, brune, noire : ce ne sont pas des styles, ce sont des couleurs. Et ces couleurs sont obtenues selon la torréfaction du grain qui a été utilisé pour brasser la bière. Évidemment, les bières d’une même couleur vont partager des arômes et des saveurs qui sont justement dues aux grains, mais c’est un peu réducteur de classifier les bières (ou même les humains) par couleurs. Le taux d’alcool, quant à lui, est déterminé par la fermentation de la bière. À ce titre, il n’y a aucun lien entre la couleur d’une bière et son taux d’alcool.
Q : Je déteste l’amertume. Je n’arrive pas à supporter le houblon. Le sucre résiduel du malt me fait vomir. Tu as quelque chose à me suggérer?
R : Un beau grand verre d’eau!
Q : J’organise une dégustation ce soir et j’aimerais que tu me conseilles trois bières qui vont plaire à tout le monde.
R : Je crois sincèrement qu’il n’existe aucune bière qui puisse plaire à tout le monde. Je suis toujours surpris de voir certaines personnes dénigrer des bières que je vénère. D’autre part, je suis souvent déstabilisé lorsque j’entends d’autres personnes louanger des bières que j’ai versé dans l’évier. Lorsqu’on désire organiser une dégustation, je crois qu’il faille avant tout avoir le goût du risque. Il est possible que des bières soient moins appréciées que d’autres, mais ça fait partie de l’expérience. Trouver un consensus quand à un goût qui fait l’unanimité réduira le potentiel de découverte de votre activité.
Q : Il y a des bières qui sont uniquement offertes en grand format (750 ml, 1L, etc.) et je n’ai pas toujours la possibilité de les boire seul. Existe-t-il un procédé pour conserver une bière après l’avoir ouverte?
R : Il y a des bouchons assez étanches qui se vendent dans les cuisineries et qui permettent de garder le gaz carbonique dans la bière assez efficacement. Ces bouchons, généralement conçus pour les bouteilles de vin, s’adaptent assez facilement à plusieurs types de goulots. Faites des recherches.




oui, mais quelle est ta bière préférée, pierre-luc??
c’est facile, dis-toi que tu as droit à une dernière bière avant de te faire brûler toutes les papilles. laquelle choisis-tu?
moi c’est la « terre ferme », de l’abri de la tempête, iles-de-la-madeline… car elle est délicieuse, entre autres qualités.
I agree that many people have different tastes, having water will help. I do not like bitter beer. I prefer lighter beers with different flavors like Samuel Adams has recently introduced.
@le chasseur d’épais : Même si ma réponse pourrait changer du jour au lendemain, je crois que je prendrais une Buteuse du Trou du Diable si mes papilles étaient pour brûler ce soir
connais pas la buteuse! une petite description avec ça, peut-être?? minimum 5 lignes de texte…!
Je te transcris ce que j’ai publié dans mon top 10 2011 :
Bière unique et prisée, La Buteuse se laisse désirer puisqu’elle n’est pas embouteillée en quantité astronomique et qu’elle est n’est pas distribuée partout au Québec. Sa description sur le site officiel du Trou du Diable en dit long : Cette bière [...] a vieilli quatre mois en fût de chêne américain ayant hébergé le brandy de pomme de la cidrerie Michel Jodoin. Elle présente un côté vanillé, épicé, torréfié et animal où se mélangent aux effluves d’alcool chaud le caramel brûlé, la pêche, l’abricot et le tabac frais.
ouin, ok, je m’attendais plus à un conte que ce qui est écrit sur l’étiquette…
kin, deuxième essai: la meilleure buteuse que t’as bue, dans le temps, t’étais avec qui?
La prochaine fois que j’en ouvre une, je t’écrirai un roman…
yeah!