Message à nos politiciens québécois

28 janvier 2012 11h20 · Pierre-Yves McSween

Chers politiciens, vous semblez avoir perdu le Nord (et non le Plan Nord à ce qu’il parait). Aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à 10 constatations sur le politicien québécois.

1- La politique n’est pas un combat de boxe :

Certains politiciens, Jean Charest en est un exemple typique, semblent voir la politique comme un combat contre un adversaire. Le but n’étant plus d’agir pour le bien-être commun, mais simplement de gagner le pouvoir, de garder le pouvoir, de battre un adversaire, de jouer stratégiquement, de lutter contre le repositionnement provincial, etc. Jean Charest s’est fait élire avec la promesse de faire une « réingénierie de l’État »… quelqu’un s’en souvient ? Une fois élu, il a vite avoué à son entourage qu’il ne voulait plus entendre parler de ce concept. Il a compris un principe de la politique québécoise: avec le temps, la population oublie. L’important, c’est de gagner: triste réalité n’est-ce pas?

2- Pour être chef d’un parti, il faut du charisme :

Le charisme, ce n’est pas quelque chose qui s’acquiert avec l’expérience. Ai-je vraiment besoin de nommer quelqu’un ici?

3- L’opposition, ne pas prendre ce terme au pied de la lettre :

Vous êtes dans l’opposition? Si le parti au pouvoir propose quelque chose de bien pour la province à long terme, pouvez-vous y réfléchir avant de vous y opposer? Vous représentez à priori vos électeurs n’est-ce pas?

4-La langue de bois :

Que l’on soit universitaire ou décrocheur, on reste avec un sentiment de grand vide intellectuel lorsque vous utilisez des phrases du type :

« Il faudra regarder la situation, dans un accord avec les principes préalablement établis, pour en venir à un processus décisionnel adéquat. »

Il y a une différence entre utiliser un niveau de langage approprié et ne rien dire du tout.

5- Le Québec n’est pas que blanc, francophone et catholique :

Lorsqu’on représente tous les Québécois, c’est TOUS les Québécois.

6- Le débat souverainiste / fédéraliste :

Je suis né dans l’année précédant le référendum 1980, depuis ce temps, vous gagnez des élections à être un clan contre l’autre. Peut-on passer à autre chose et travailler dans la même direction s’il vous plait?

7- Le débat gauche / droite :

Ne soyez pas idéologiques en diabolisant un point de vue opposé. Nous ne sommes plus à l’époque de la célèbre phrase « Le ciel est bleu et l’enfer est rouge. » Personnellement, je déteste l’étiquette absolue de la gauche et la droite, cela me semble extrêmement réducteur d’être totalement l’un ou l’autre en toutes circonstances.

8- Politicien de carrière :

Voilà un drôle de concept, c’est-à-dire être politicien de 15 ans à 60 ans. Avoir une expérience de travail avant de se lancer en politique, c’est comprendre la réalité du citoyen, mais c’est aussi acquérir certaines compétences, connaissances et expériences pour les mettre au service de l’État. Quand on a toujours baigné dans le domaine politique, est-ce vraiment possible de prendre du recul par rapport à celui-ci?

9- La gestion du budget :

Oui, parfois, il faut faire des surplus pour pouvoir pallier les imprévus du futur (ou devrait-on plutôt dire, les éléments prévisibles et imprévisibles du futur). Chaque fois que l’État construit une infrastructure, il s’engage à l’entretenir à long terme. Ne pourrait-on pas prévoir un fonds de réserve?

10- Décisions à long terme :

Lorsque vous prenez une décision, pourriez-vous analyser les impacts de celle-ci sur une période dépassant les prochaines élections?

Partagez cette page

Classé dans :  Divers, Humeur, Société

L'opinion émise dans ce billet n'engage que son auteur et ne représente pas nécessairement celle du journal Voir.

À lire aussi

+ Ajouter le vôtre Commentaires 20

  • 29 janvier 2012 · 07h37 Claude Perrier

    Si l’on pouvait se passer des politiciens, le monde se porterait possiblement mieux… Un peu, au moins…

    Pas seulement parce que nous n’aurions plus à nous taper trop de magouilleurs s’étant improvisés – car cela leur vaut une petite auréole de légitimité – députés et même ministres, mais surtout parce que l’incompétence quasi-généralisée, sévissant depuis toujours dans l’agora politique, ne pourrait plus du coup tenir le haut du pavé.

    Alors qu’il faut des qualifications supérieures, des aptitudes reconnues, de l’expérience pertinente au secteur d’activité particulier où l’on ambitionne décrocher un poste d’importance, le domaine politique accueille pour sa part le premier beau parleur venu.

    Car, malheureusement, la clef du succès personnel pour une pluralité de petits politiciens autrement plutôt insignifiants réside dans leurs talents de tribuns.

    Ce qu’ils peuvent déclamer du haut de leurs chaires n’a pas la moindre importance. Dire tout et son contraire dans une même envolée sera vraiment sans le moindre impact pouvant porter ombrage à leur crédibilité (!!!) – en autant que le ton y sera, que la verve tonitruante et hypnotisante sera au rendez-vous.

    Vos mots sensés, Monsieur McSween, risquent fort de tomber dans des oreilles de sourds. Et puis, si j’ose le relever, vos mots sensés recèlent une bonne dose d’idéalisme… Que les politiciens se comportent différemment qu’en idéologues de carrière? Que l’Opposition trouve mieux à faire que de s’opposer? Que le charisme n’envahisse pas le maximum d’espace médiatique, que cela nous plaise ou pas?

    Allons donc… Vous rêvez! En couleurs et en trois dimensions…

    La politique, c’est du spectacle. Un marché des illusions. Pour la plupart, la plupart du temps. S’imaginer qu’il n’en soit pas ainsi, ou encore que cela puisse changer, c’est s’abandonner à la chimère du vœu pieux. Malheureusement.

    Bon, je termine cette suite de propos «dégonflants» par une citation, une observation lucide sur la chose politique qui ne date pas d’hier et n’étant pas de la plume du premier venu non plus. Une citation du fort réputé éditeur français Bernard Grasset (1881-1955).

    Voici :

    «Comme il importe plus, en politique, de se justifier que de faire, les mots y ont plus d’importance que les choses.»

    (Des mots, des mots, encore des mots… et toujours les mêmes maux… CP)

    • 29 janvier 2012 · 08h23 Pierre-Yves McSween

      Bonjour M. Perrier,

      La réponse que vous avez écrite, c’est bien le reflet de ma pensée. Par contre, je me dis qu’à force de fixer, envers nos politiciens, des attentes à un niveau aussi bas qu’aujourd’hui, ils finissent par croire que leur travail se limite à jouer à une guerre d’intérêts partisans. Ainsi, une fois de temps en temps, il faut retourner aux sources de la démocratie, pour leur rappeler, l’instant de lire quelques phrases, qu’ils regardent dans la mauvaise direction.

      « The price good men pay for indifference to public affairs is to be ruled by evil men. » (Platon)

      Qu’en pensez-vous ?

      Cordialement,

    • 30 janvier 2012 · 12h00 Jean-Serge Baribeau

      Cher Claude Perrier, j’ai savouré votre texte. Mais je me dis que s’il n’y avait absolument et radicalement aucun politicien, il y aurait probablement de nombreux requins voraces du secteur privé, lesquels seraient éventuellemt plus médiocres que nos minables politiciens.

      Il y a eu des périodes au cours desquelles «nous» avons bénéficié de la «grandeur» de certains politiciens. Et cela n’est pas quantité négligeable.

      Mais les ténors actuels de la politique, Harper et Charest, sont des «salopards» absolus. À nous, citoyens de renouveler l’actuelle PORCHERIE POLITIQUE.

      AU PLAISIR!

      JSB

    • 31 janvier 2012 · 10h05 Claude Perrier

      Ravi d’avoir pu vous intéresser, cher Monsieur Baribeau, par mon «constat» relatif à l’aquarium où se côtoient ides et piranhas, sous le regard distrait et généralement blasé de tortues presque endormies et rêvant de longues siestes…

      Mais, malgré le climat ambiant proche de la désespérance, certaines tortues auraient – à ce qu’on chuchote… – vu en songe ce qui semblait indiquer des débuts de fêlures dans les parois du réservoir.

      Ah mais… aller croire une tortue? Quelle absurdité! Encore un peu et il y en aurait parmi ces endormies cuirassées pour vous raconter cette invraisemblable histoire, une sornette s’il en est une, à propos d’une ancêtre ayant – il y aurait de cela un jour lointain – eu le dessus sur un lièvre!

      Une chose sûre, ce à quoi pourraient bien rêver ou ce que pourraient bien raconter les tortues, on s’en balance complètement dans les eaux tièdes voisines…

  • 29 janvier 2012 · 09h44 Claude Perrier

    Merci d’avoir eu l’obligeance de prendre note de mon commentaire, Monsieur McSween.

    La citation que vous soumettez à mon appréciation est certes pertinente. Ne pas s’occuper de «nos affaires», c’est tout bêtement donner à d’autres toute latitude pour s’en occuper à notre place. Avec les conséquences pas toujours heureuses qui peuvent alors en résulter…

    Mais pourquoi donc, alors, ce laisser-aller si consternant de la part de tant de personnes pourtant dûment qualifiées pour prendre en main les affaires de l’État? Avec compétence et probité? Avec vision et réalisme?

    Pourquoi?

    Je vais réitérer plus ou moins ce que j’ai déjà écrit sur la question dans un commentaire sur un billet de Mme Legault: parce que la politique n’a pas grand-chose pour attirer les mieux qualifiés.

    Un quotidien allant d’une prise de bec à une empoignade verbale avec des opposants importuns, le tout se répétant dans une incessante boucle infernale, et de plus ponctué de critiques véhiculées dans les médias, sans oublier une vie privée devenue malgré soi trop souvent publique, à laquelle s’ajoute une foutue disponibilité obligée de 24h/7j à l’année… et tout ça pour une rémunération non-concurrentielle avec ce que le secteur privé offre pour des candidats véritablement qualifiés?

    Bien sûr, on pourra affirmer que les politiciens sont bien rémunérés. Ce qui est exact. Même beaucoup trop bien rémunérés dans le cas de plusieurs navrants benêts. Par contre, là où ça compterait vraiment que la rémunération soit supérieure, de pair avec les exigences qualitatives, ce qui est offert s’avère presque risible.

    Il faut avoir sacrément la vocation, ou encore être personnellement déjà fortuné, ou malheureusement avoir des visées magouilleuses pour accepter de se «contenter» de ce que la carrière politique permet comme compensation monétaire.

    Ainsi, les nuls autant que les doués étant traités indifféremment, il en résulte que les nuls affluent tandis que les doués se font rares.

    (Mais vous êtes certainement beaucoup plus apte que moi à évaluer la situation, Monsieur McSween, car je ne suis aucunement politologue. Qu’un simple observateur de la Vie s’efforçant d’être suffisamment attentif pour espérer un peu comprendre…)

  • 9 février 2012 · 16h16 yves graton

    .. et je suggère une 11è constatation::
    - comme mes anciens professeurs, les jésuites du collège Ste-Marie :
    -répondre à une question par une question…. ce qui permet à l’autre de constater que personne ne possède la vérité, ce qui élimine les discours de sourds.

  • 9 février 2012 · 20h17 yves graton

    je ne comprends encore pas pourquoi vous citez Platon en anglais….
    Dans mes années de philo au collège, nous ne lisions pas Socrate ou Platon en grec ancien mais en français….qui semble être encore la langue officielle au Québec.

  • 12 février 2012 · 05h24 yves graton

    Suite à deux de vos récents billets, ‘message à nos politiciens québecois ‘ et « lettre à mon fils ‘, je recommande la lecture de la dernière chronique de madame Rima Elkouri publiée dans La Presse de samedi intitulée: ‘ Petite enfance et gros clichés ».
    Ce texte pourrait servir de Credo pour un Parti politique qui croit à l’émancipation de votre conjointe et au développement de votre Édouard.
    L’actuelle ministre de La Famille ne gagnera jamais une médaille d’or allouée à la compétence…

  • 12 février 2012 · 18h29 yves graton

    vous ai écrit le 9… vous êtes sûrement en voyages de noces.
    Je tourne la « switch  » à « off « …

  • 17 février 2012 · 16h42 Pierre-Yves McSween

    Bonjour M. Graton,

    Les CPE, voilà un débat intéressant. D’une part, la seule « prise d’otage » dont nous sommes victime provient du fait qu’on a centralisé les CPE dans une structure gouvernementale. Si les CPE était des garderies privées subventionnées, nous ne tiendrions pas 360 lots de familles en attente d’un règlement….

    Maintenant, du côté des revendications, tout est discutable. Une éducatrice en garderie a un DEC, 40 000 $ par an, ce n’est pas une fortune, nous sommes d’accord. D’ailleurs, en écoutant deux éducatrices à la SRC l’autre jour, j’ai remis en question l’idée de laisser mon enfant dans les CPE où elles travaillaient (juste à les entendre parler, j’avais le gout de changer de station). Mais en même temps, on a une capacité limitée de payer, ce qui ramène l’idée à : est-ce que 7 $ par jour c’est un prix raisonnable ?

    Personnellement, j’ai de la difficulté à accepter ce faible prix. On n’a plus rien pour 7 $ aujourd’hui, pourquoi nos enfants couteraient seulement 7 $ pour « sous-traiter » leur éducation (car c’est bien ce que nous faisons n’est-ce pas ?).

    Pour ma part, un parti politique qui travaillera pour le bénéfice des Québécois (même lorsque ces Québécois ne comprendront pas que le parti prend des décision pour le bien-être de la collectivité) aura mon vote. À suivre….

  • 19 février 2012 · 14h57 yves graton

    je ne tomberai pas dans les détails..autre que j’ai souligné le billet de madame Elkouri publié dans La Presse.
    J’ai 12 petits enfants, entre 26 et 8 ans, tous des « produits  » des CPE, j’ai une épouse ( ben oui, seulement une !!) qui – après l’entrée au primaire de notre 5 è( une pauvre c.a. !! )- est retournée aux études et – après l’obtention de sa maitrise en sociologie (..a doit être « gauchiste ‘…), s’est spécialisée en Education et a été impliquée dans le programme de certificat aux éducatrices en milieu de garde, a été chargée de cours ( plus de 2,000 étudiantes),a fait de la recherche et a écrit plusieurs bouquins dont les 2 derniers sont préfacés – ( elle doit être séparatissss) l’un par la Ministre de l’Education à l’époque ( Pauline Marois ) et l’autre par Camil Bouchard._
    Voilà pourquoi j’ai apprécié le billet de mme Elkouri.
    Comme disait Platon :  » she knows what she’s talking about.  »
    Concernant votre dernier paragraphe, je peux vous dire que certains( et j’en connais plusieurs) politiciens qui pensent travailler dans l’intérêt des Québecois n’ont pas et n’avaient pas le temps ou ne voyaient pas l’importance de s,asseoir et d’écouter- pendant quelques heures ( 120 minutes ) ce que ma blonde aurait pu leur dire autres que des balivernes..
    ..et je ne suis membre d,aucun parti et je me sens libre comme l’air.
    ps étant faible en techniques, je ne comprends pas que mon texte est publié avant et après d,autres..
    la sénélité, peut-être )

  • 19 février 2012 · 14h59 yves graton

    ..et – by the way, je n’ai pas seulement une fille C.A….parmi mes 5, une est éducatrice en milieu de garde depuis plus de 20 ans et une autre enseignante en 6à au primaire public depuis 27 ans… ben oui, me suis marié- obligé- à 14 ans @!!!

  • 19 février 2012 · 15h02 yves graton

    j’attends votre accusé de réception suite à mes 2 derniers textes,
    merci

  • 19 février 2012 · 15h10 Pierre-Yves McSween

    J’accuse réception de vos deux derniers textes. Pour la publication, c’est automatisé.

    Je comprends le billet de la journaliste. Mais entre ce que l’on veut comme société et ce que l’on peut comme société, il y a un écart. Tout est une question de choix, mais au Québec, on semble vouloir faire tous les choix… sans avoir les obligations qui viennent avec ceux-ci.

  • 19 février 2012 · 16h22 yves graton

    je pense bien tirer la ligne ici.
    Quand des c.a. – chargés de cours en gestion générale règlent de façon ex cathedra des problèmes de société, je préferre lire les commentaires de jean Dion du Devoir sur le hockey.
    Les vieux jésuites du collège Ste-Marie nous répétaient :
    « la meilleure façon de régler une question, c,est par une question… »
    Lisez Bernard Descoteaux- ben oui, encore du Devoir- et vous y remarquerez ce que c,est qu’ »une tête bien faite  »
    ciao

  • 10 juin 2012 · 22h16 LeSieur Camil

    Oui…. le réveil, le réveil devant des dictateurs, bachna avec un petit b, charest, petit c, le ministre de la justice, les ministre de la sécurité civil… Sont des vendus, des gens qui doivent partir avant que tout n’éclate, que tout ne leur pette au visage.

    L’abus des rég;es de la démocratie, l’abus des rôles sous prétexte qu’ils ont été élu. Ils ne sont plus représentant et le Québec ne va pas attendre plus longtemps. Ils sont devenus nos ennemis. Les casseroles ne sont pas suffisantes, il nous faut maintenant d’autres instruments plus convaincants.

    Camil LeSieur pour la lutte. C’est terminé monsieur le premier minus.

  • 10 juin 2012 · 22h17 LeSieur Camil

    J’espère qu’ici nous ne sommes pas sous le joug de la censure.

  • 10 juin 2012 · 22h19 LeSieur Camil

    Aux armes Québécois. Il n’y a pas de révolution sans armes. On peut le voir, les chaudrons n’ont pas suffit.

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

À propos RSS

  • Pierre-Yves McSween
    Professeur | Chroniqueur | Consultant | Conférencier | MBA, CPA, CA On discute d'économie, de finances personnelles, de littératie financière et de politique dans un climat de répartie.

S’abonner au blogue

@pymcsween

+ @pymcsween →

Catégories

Favoris