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Billet : La garderie des analphabètes de la finance
Commentaire par : Marie
Pour régler les problèmes d’accès aux garderies, d’autres moyens que la fixation du prix par le marché existent. En premier lieu parce que l’efficience supposée des marchés est un mythe (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2342 ou encore http://regulation.revues.org/8914?lang=en) tout comme l’est le principe de « rationalité » des agents économiques (http://harvardmagazine.com/2006/03/the-marketplace-of-perce.html). Il est donc très constable d’affirmer qu’une prix nécessairement « juste » sera atteint par la mise en concurrence des CPE. Ensuite parce que l’éducation préscolaire est un service absolument essentiel à toute société qui souhaite assurer l’avenir de ses enfants et nécessite, de ce fait, une contribution collective Comprendre les difficultés d’accès que l’on constate actuellement, notamment à Montréal, ne peut se faire sans prendre en compte la dimension sociale du débat : http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=8258,90427808&_dad=portal&_schema=PORTAL « • En 2005, le taux de travailleurs pauvres s’élevait à 46,6% parmi les ménages à faible revenu, 38,3% bénéficiant d’un seul revenu d’emploi et 8,2% de plus d’un. • Alors que le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de faible revenu (avant impôt) est de 29% pour l’agglomération, 17 des 30 territoires de CLSC présentent des taux de faible revenu supérieurs à cette moyenne, dont 11 affichent des taux supérieurs à 33%, avec des pointes à 42, 45, 46 et même 53%. À l’autre bout du spectre, 9 territoires de CLCS comptent moins de 25% de personnes vivant sous le seuil de faible revenu, dont 4 sont à moins de 20%. Si l’on modifie les échelles pour considérer les milieux de vie ou les voisinages, les disparités sont plus frappantes. » Au vue des problèmes de pauvreté qui frappe les familles métropolitaines, laisser les prix prendre de l’ampleur en compensant par l’attribution d’une allocation familiale pourrait s’avérer à terme bien plus difficile à assumer pour la collectivité et les familles que la subvention des services de garde. En premier lieu parce que cette allocation devra être revue constamment, ensuite parce que les critères de son attributions pourraient exclure des pans entiers de la population (avec les conséquences potentielles que l’on connait sur le taux de natalité et l’accès à l’emploi des femmes). Cependant, vous avez raison de souligner que d’autres formes de financement pourraient être envisagées et plusieurs exemples de pays qui sont parvenus à mettre en place un service de garderies publiques pourraient être considérés : http://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/SG_portrait_servicesdegarde_neuf_pays.pdf « L’éducation préscolaire est une priorité dans tous les pays étudiés. En voici quelques exemples : • La France et l’Italie possèdent un réseau d’écoles maternelles publiques pour les enfants de 3, 4 et 5 ans. Ce service est gratuit (si l’on excepte les repas, qui peuvent être à la charge des parents en Italie). • En Allemagne, tous les enfants de 3, 4 et 5 ans ont droit à une place dans une crèche de jour du secteur public ou du secteur volontaire; les parents doivent verser une contribution. • Au Royaume-Uni, les enfants de 3 et 4 ans peuvent bénéficier d’une éducation préscolaire publique et gratuite, à temps partiel. • En Suède, depuis 2003, tous les enfants de 4 et 5 ans ont droit à une éducation préscolaire gratuite, à temps partiel, dans les établissements préscolaires (ou centres de garde de jour) des municipalités. »

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