En clôture du Festival international de la littérature, Loui Mauffette reprend Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, un happening pour une vingtaine de comédiens et les textes d’autant de poètes.

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1980, Loui Mauffette a joué quelque temps puis a cessé, à cause de ses problèmes de mémoire. Mais le théâtre ne l’a pas quitté pour autant, car il accompagne des artistes depuis plus de vingt ans en étant un attaché de presse autant qu’un ami. À la suite du décès de son père, le poète et célèbre animateur Guy Mauffette, l’homme ressent l’urgence de se rapprocher de ce qu’il est et de ce qu’il a à offrir comme artiste. L’idée de Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent s’impose alors à lui.

"Pour la création, il y a un an, j’avais d’abord choisi des comédiens. Comme c’était ma première mise en scène, que j’étais très conscient de ne pas avoir une culture extraordinaire, mais que j’avais le goût de monter un spectacle malgré mes lacunes, j’ai demandé à ceux-ci de me fournir la matière première. Il y avait peut-être un peu de paresse là-dedans, dit-il en riant, mais c’est surtout que je voulais que ça parte d’eux. Chaque texte devenait par conséquent un cri du coeur, et moi, je jouais au chef d’orchestre. Et c’est là que j’ai commencé à vraiment lire de la poésie, à jouir des mots." Après quelques représentations, Mauffette s’autorise à passer à un autre niveau: "J’ai vu que les textes se ressemblaient trop, que ça manquait de relief." Il décide alors de retourner à la source, de "faire un spectacle-choc, avec des idées-chocs où se croisent des textes contemporains et des textes plus classiques".

Parce qu’il se trouve très prétentieux d’oser faire ce type de spectacle, Mauffette entre alors dans un trac fou. "Finalement, on a réussi à rejoindre un public très varié avec un matériau pointu. Cette réaction du public a donné un sens à ce que j’essaye de faire." Cette réponse lui a en quelque sorte donné des permissions qui l’ont poussé à certaines audaces, comme de croiser les paroles de différents poètes et de dessiner une colonne vertébrale au spectacle, avec un début, un milieu et une fin.

Cautionné par ce succès, Mauffette persiste à faire des spectacles de poésie sans poètes. "Je tiens à construire cet objet avec des acteurs, car j’ai besoin de théâtraliser la poésie." Des lectures avec des lutrins, très peu pour lui. "Je ne fais pas ça dans le but de plaire à tout le monde, mais pour faire une cérémonie, un événement artistique dont la poésie est la matière." Loin de vouloir faire un procès aux soirées de poésie traditionnelles, il tente autre chose en tirant sans pudeur la poésie du côté du théâtre.

"Avec le recul, je vois que ce spectacle porte sur la naissance et la mort." Et sur l’enfance aussi, symbolisée entre autres par une immense table qui lui rappelle son enfance à lui, à Dorion, où les mots comme les amis se rencontraient. "Dans l’enfance, tout est permis: les folies qui ressemblent à des voyages surréalistes et que l’on perd en grandissant et en faisant de plus en plus face à la violence. Ce n’est pas un spectacle cucul, mais on retrouve l’enfance." Et un temps pour respirer.

Les 22 et 23 septembre
À la Cinquième Salle de la Place des Arts
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