Luce Pelletier ajoute un nouveau chapitre, et de taille, au Cycle états-unien du Théâtre de l’Opsis. Avec Familles made in USA, elle nous offre la chance de découvrir les pièces de trois jeunes auteures qui ne mâchent pas leurs mots.

À l’occasion de son Cycle Tchekhov, le Théâtre de l’Opsis avait présenté simultanément deux pièces: (Oncle) Vania et La Poste populaire russe. L’expérience avait été éclairante, mémorable. Ces jours-ci, au coeur de l’an 2 de son Cycle états-unien, la compagnie dirigée par Luce Pelletier propose non pas deux mais bien trois pièces réunies sous le titre Familles made in USA. Trois univers différents, mais qui présentent d’étranges ressemblances. Trois points de vue de femmes de la même génération sur cette chose informe et détonante qu’est la famille états-unienne.

"Je cherchais des pièces non psychologiques, explique Pelletier. Je voulais aussi qu’elles soient signées par des auteures contemporaines qui sont inconnues au Québec. Parmi tous les textes que j’ai lus, les plus intéressants abordaient souvent le thème de la famille. En lisant ces trois pièces, j’ai compris qu’observer la famille états-unienne, ça voulait aussi dire observer les États-Unis, aller au coeur des choses." En effet, explorer la famille, c’est entrer dans la fibre même d’une nation. La cellule familiale, en constante redéfinition, est la première victime des bouleversements sociaux, politiques, économiques ou culturels. De cet espace primal, capable du plus grand des réconforts comme des plus terribles persécutions, on ne sort jamais tout à fait indemne. Ainsi, la famille, autrement dit l’idée même de filiation, est sérieusement mise en procès par les pièces retenues.

Luce Pelletier dirige Louise Cardinal, Pascale Montreuil et France Parent dans Anna Bella Eema, une pièce chorale de Lisa D’Amour. Trois femmes hautes en couleur s’y partagent une roulotte, pour le meilleur et pour le pire. Jean Gaudreau (du tandem de concepteurs sonores Larsen Lupin) signe ici sa première mise en scène. Il dirige Philippe Cousineau, Caroline Gendron, Isabelle Miquelon, Marie-Chantal Perron et Jean Petitclerc dans Ruines (allonge-moi, Justin Timberlake), une comédie grinçante de Sheila Callaghan. Dans cette pièce où une adolescente au bout du rouleau veut faire sauter maison et famille, les murs ont des oreilles, mais aussi un coeur.

Martin Faucher dirige Émilie Bibeau, Hélène Mercier, Patricia Nolin, Denis Roy et Monique Spaziani dans Une maison propre, une comédie fantaisiste de Sarah Ruhl sur les aléas de la vie amoureuse et la quête effrénée du bonheur… ou de la blague parfaite. En somme, le menu offre un véritable concentré de destins, des parcours aussi hasardeux que passionnants, et surtout pas si étrangers aux nôtres.

Pour proposer trois pièces complètes en alternance, il a fallu opter pour le plus grand dépouillement scénographique. Ainsi, toute la place est laissée à l’acteur. "C’était la contrainte, explique Pelletier. Analysez votre texte, dirigez vos acteurs et tripez sur autre chose que le décor! Il a fallu réfléchir davantage. C’est fou, mais ça a amené autre chose. Des fois, les contraintes t’amènent ailleurs, à un essentiel." Cet essentiel, ne serait-ce pas les personnages? "C’est effectivement avec les personnages que je suis tombée en amour, avec leurs histoires de fous." Il faut dire que les enfants, les parents, les soeurs et les amants de ces trois pièces sont particulièrement attachants. Si bien qu’on ne saurait trop vous inciter à aller à leur rencontre.

Du 6 au 23 février
À Espace Libre
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TROIS SIGNATURES

Lisa D’Amour (www.lisadamour.com) est une auteure, interprète, performeuse et ancienne reine de carnaval de La Nouvelle-Orléans. Ses pièces ont été inspirées par ses voyages, sa famille du Sud, les stars d’Hollywood et l’architecture. Elle vit actuellement à Brooklyn, New York. Sheila Callaghan (www.sheilacallaghan.com) a gagné en 2000 le Princess Grace Award pour les artistes émergents. Ses pièces ont été jouées aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Norvège et en République tchèque. Elle est actuellement la chanteuse du groupe électro-pop If I Told Napoleon (www.myspace.com/ifitoldnapoleon). Sarah Ruhl (www.newdramatists.org/sarah_ruhl.htm) est originaire de Chicago. Ses pièces vives et aventureuses juxtaposent les aspects de la vie de tous les jours à des thèmes mythiques comme l’amour et la guerre. Sa pièce The Clean House a gagné le prestigieux prix Susan Smith Blackburn en 2004 et a été finaliste en 2005 pour le Pulitzer.

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