Louis-Martin Charest présente Blanche, une nouvelle pièce de danse-théâtre bâtie comme une oeuvre cinématographique et imprégnée de gestuelle classique.

Même s’il n’a fondé la compagnie Liberamæ qu’en 2002, le chorégraphe Louis-Martin Charest n’est pas tombé de la dernière pluie. Formé en danse classique à Toronto, il a dansé pour de grandes compagnies et a conçu ses premières chorégraphies aux ateliers des Grands Ballets Canadiens de Montréal où il a passé cinq ans. Créateur d’une trentaine de pièces pour diverses compagnies dont Les Ballets Jazz de Montréal, Arts Umbrella et le Jeune Ballet du Québec, il reconnaît l’influence des maîtres de ballet contemporain Ohad Naharin, Jiri Kilian, Nacho Duato et Mats Ek, mais également de Pina Bausch, Wim Vandekeybus et Ushio Amagatsu (de la compagnie Sankai Juku). Passion de toujours tardivement assouvie, le cinéma imprègne également ses créations.

"Je crée mes pièces à partir de structures scénaristiques avec introduction, confrontation et dénouement, explique-t-il. Je cherche des pivots pour relancer l’histoire, je veille à ce que l’enchaînement des scènes soit fluide et qu’il y ait des contrastes qui rappellent les changements de plans." Parallèlement à ses oeuvres scéniques, le chorégraphe produit des films pour donner à la danse une plus grande portée. L’adaptation de Liberamæ, première création de la compagnie du même nom, est d’ailleurs programmée sur les ondes de Bravo et de ARTV, et un film tiré de Blanche est également prévu.

L’importance du jeu théâtral est une autre composante du travail de Charest. Le texte occupe d’ailleurs un quart de la nouvelle pièce. "Plutôt que de juxtaposer danse et théâtre, comme c’est souvent le cas, j’essaye de les rendre complémentaires, qu’ils soient le prolongement l’un de l’autre, affirme-t-il. Par exemple, le théâtre vient donner des précisions sur l’action lorsque la danse a évoqué des choses très atmosphériques. À l’inverse, si une scène commence par une mise en situation théâtrale, la danse intervient quand les mots ne suffisent plus à expliquer. On entre alors dans l’univers plus poétique ou éthéré du personnage."

Dans Blanche, les personnages sont six femmes de différentes époques luttant contre l’oppression masculine pour gagner le droit d’exprimer pleinement leur identité. La conception archaïque de l’hystérie et la dévalorisation de la femme par les scientifiques du 19e siècle fondent la trame du scénario, écrit avec l’auteure de théâtre Emmanuelle Jimenez et les conseils de la réalisatrice Marie-Christine Letourneux. Sur scène, le Quatuor de Montréal accompagne en direct six interprètes de talent: Hanako Hoshimi-Caines, Heather Telford, Julie Marcil, Lila-Mae Talbot, Marie-Ève Carrière et Soula Trougakos. La pièce est le premier volet d’un triptyque sur la réhabilitation du masculin et du féminin et sur leur intégration harmonieuse en chaque individu.

"Avant, je partais d’improvisations, puis je créais sur les danseurs un pas après l’autre, ce qui enlevait de la spontanéité, raconte Charest. Cette fois, j’ai bâti une gestuelle propre à chacune à partir d’improvisations et certaines improvisent même sur scène par moments, ce qui est une première. Mais j’ai une totale confiance dans leur habileté à incarner le rôle."

Jusqu’au 15 juin
Au Studio du Monument-National
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