Élodie Lombardo revient du Mexique avec Ganas de vivir (envie de vivre). Elle ouvre la saison de Danse-Cité avec une oeuvre festive qui démystifie la mort et ritualise le deuil.

Elles ont beau être jumelles et toutes deux danseuses et chorégraphes, Séverine et Élodie Lombardo, alias Les Soeurs Schmutt, ne créent pas du tout le même type d’oeuvres. En fusionnant danse, théâtre et musique, Élodie s’intéresse avant tout à l’aventure humaine. "Au-delà du thème de la pièce, le plus important, c’est la microsociété que je fais vivre sur scène, affirme-t-elle. Dans Ganas de vivir, on parle de notre rapport à la mort, mais ce qui apparaît, c’est qu’on n’est jamais seul grâce au groupe."

Dans cette pièce comme dans les précédentes, les artistes jouent leur propre rôle (excepté un, cette fois) et c’est à même leur vécu que le spectacle se construit. C’est d’ailleurs la même bande qu’on retrouve d’une création à l’autre: aux côtés de Séverine, se tiennent Frédéric Gagnon, Jean-François Légaré et Myriam Tremblay, qui sont aussi des amis dans la vie. Et c’est la rencontre avec la Mexicaine Georgina Navarro Núñez qui a donné naissance à cette nouvelle oeuvre.

Après son stage d’études au département de danse de l’UQAM, Georgina s’est débrouillée pour inviter Les Soeurs Schmutt au Mexique. "On a donné deux semaines de stages intensifs et on a présenté Blouskaille Olouèze en espagnol, se souvient Élodie. Ç’a vraiment été un coup de coeur pour le pays, la région, les gens et leur façon de prendre les choses de manière plus relaxe. Ça nous a vraiment fait du bien." De fil en aiguille, naquit le projet d’une coproduction avec la Compañia de Danza y Arte Escénico de Colima, dont Georgina est directrice. Ses compatriotes Susana Barrera di Pierro et Cristóbal Barreto Heredia furent intégrés au projet, suivis du comédien et musicien français Luc Altadill, ami du temps où Les Schmutt n’avaient pas encore traversé l’Atlantique vers le Québec.

"Je suis hyper-angoissée par la mort et la perte, même si je n’ai rien vécu de terrible en ce sens-là, confie Élodie. Le Mexique a été un prétexte pour en parler. Et même si la pièce n’est pas un exorcisme, elle m’a apaisée par rapport à ces questions-là." Fascinée par les frontières dont elle teste régulièrement l’élasticité, elle est particulièrement inspirée par la vision mexicaine qui n’établit pas de séparation entre la vie et la mort et qui vit très bien avec ses fantômes. "Il y a un côté très festif dans la tradition indigène de la fête des morts, explique-t-elle. Tu manges des crânes en sucre avec ton nom dessus, tu fais des épitaphes à tes amis… C’est une façon quasi théâtrale de nous moquer de notre condition de mortels et de souligner l’égalité des êtres face à la mort."

Conçue sous forme de tableaux, la pièce parle des différents visages que prennent la mort et l’épreuve du deuil pour chacun des interprètes. Les textes, en français, en espagnol ou en "fragnol", mettent en contexte certains éléments, traduisant l’aventure pas toujours évidente de la communication interculturelle. Quant à la musique, elle est aussi multiple que les personnalités en présence: enregistrée, jouée sur scène par les artistes ou manipulée en direct par le compositeur Guido Del Fabbro. De la couleur et de l’émotion en perspective.


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