Le comédien Geoffrey Gaquère accouche d’une nouvelle mise en scène, celle d’une pièce mythologique de Lise Vaillancourt, Les Exilés de la lumière.

Ce texte, Geoffrey Gaquère le connaît depuis longtemps. "La première fois que je l’ai lu, c’était en tant que comédien, il y a environ trois ans, pour une mise en lecture au Centre des auteurs dramatiques. Il m’a beaucoup touché car il est porteur d’espoir: aucun des personnages ne renonce jamais." Initialement prévue pour 20 acteurs, la pièce a été remaniée pour pouvoir être produite avec des moyens raisonnables. "Nous avons gardé les 13 personnages principaux, raconte Gaquère, sachant que certains comédiens interpréteront également des personnages secondaires."

Une telle profusion de personnages s’explique par la nature de la pièce de Lise Vaillancourt, fondatrice du Théâtre du Gant Rouge. Les Exilés de la lumière n’est en effet rien de moins qu’une cosmogonie – un ensemble de récits mythiques racontant l’origine de l’univers. Deux divinités rendues au terme de leur règne mettent au monde deux enfants, le Jour et la Nuit, qu’elles destinent à s’épouser pour assurer leur postérité. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu. "Lorsque la Nuit est née, explique Gaquère, elle s’est enfuie sur la terre. Les deux divinités ont donc envoyé des anges à sa recherche, mais à chaque fois, ceux-ci découvraient l’amour et en oubliaient leur mission. Quand la pièce commence, il ne reste plus que deux anges au ciel et les deux divinités sont descendues sur la terre en quête de la Nuit. Elles croiseront plusieurs personnages sur leur chemin: le Temps, l’Amour, l’Utopie, la Révolte de 1837, la Révolution tranquille…" Si la pièce comporte quelques clins d’oeil à l’histoire nord-américaine, elle n’est toutefois ni politique, ni didactique. "Nous racontons une histoire, insiste Gaquère. Il n’y a pas de message à proprement parler, si ce n’est que le rêve et la poésie sont nécessaires pour tracer une route au changement. La pièce comporte un bon équilibre entre la tragédie, l’humour et la poésie."

Monter une pièce avec 13 comédiens – Carl Béchard, Émilie Bibeau, Vincent Bolduc, Benoît Dagenais, Johanne Haberlin, Roger La Rue, Jean Maheux, Vincent-Guillaume Otis, Mathieu Gosselin, Brigitte Pogonat, Dominique Leduc, Markita Boies et Isabelle Roy – qui vont et viennent entre le ciel, la terre, sous la terre et dans le rêve, c’est un sacré défi. Pour cela, Gaquère a dû faire preuve d’imagination. "Avec Jean Bard, le scénographe, nous avons conçu un décor à plusieurs niveaux. Nous voulions que la grammaire du spectacle soit très claire dès le début, quitte à la déconstruire par la suite." Pas question toutefois pour le metteur en scène d’imposer une vision esthétique. "Je voulais respecter l’imaginaire du texte et offrir aux acteurs un terrain de jeu. Ce qui est mis en avant, c’est la parole de l’auteure; sa langue est magnifique."

Quand on lui demande ce qu’il souhaite que le public retienne du spectacle, Gaquère conclut simplement: "J’aimerais que les spectateurs quittent la salle énergisés, avec le plaisir de s’être fait raconter une belle histoire." Pour connaître ce plaisir-là, il faudra faire vite puisque seules neuf représentations sont prévues à ce jour.


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