Le vent dans les voiles et les deux pieds dans le présent, le 8e Festival du Jamais Lu s’articule autour de la question de l’actualité.

Cette année, le Festival du Jamais Lu se déroule dans trois lieux et sa programmation est divisée en quatre volets – lectures publiques, lectures scéniques, lectures jeune public et événements spéciaux. La dynamique directrice artistique et générale de l’événement, Marcelle Dubois, est fière du chemin parcouru depuis 2000. "Objectivement, je suis à même de réaliser la place significative que le Jamais Lu a prise dans le paysage culturel montréalais au fil des années." Il faut croire que le Conseil des arts et des lettres du Québec voit les choses de la même manière puisqu’il a offert cette année à l’organisme un premier appui au fonctionnement, c’est-à-dire une subvention sur quatre ans.

Trois générations d’auteurs prennent part à cette 8e édition. Il y a ceux qui ont fini leurs études avant que le Jamais Lu ne naisse: Marie-Christine Lê-Huu, Martin Faucher, Philippe Ducros et Geneviève Billette. Ceux qui ont fait leur entrée dans le milieu en même temps que le Festival: Fanny Britt, Anne-Marie Olivier, Marc-Antoine Cyr, Guillaume Girard et Alexandre Leroux. Et ceux que l’événement accueille cette année pour la première fois: David Paquet, Simon Boulerice, Anne-Marie Guilmaine, Étienne Lepage et Annick Lefebvre.

Marcelle Dubois et son équipe ont cherché à dépasser ce qu’ils maîtrisaient pour donner au Festival une nouvelle lancée pour les années à venir. "Cette cohabitation de générations témoigne d’une nouvelle vie pour le Festival. Après des années d’éclosion, alors qu’il était mené par l’enthousiasme de quelques individus, voici que le Jamais Lu est investi, ou plutôt réinvesti par trois générations d’auteurs. Ça fait chaud au coeur de voir l’étendue de la résonance que cette tribune libre provoque. Nous avons réussi le premier pari que nous nous étions fixé: marquer notre temps. Le deuxième défi, celui qu’on se lance maintenant: rester de ce temps, rester actuel, être de son époque. Pour y arriver, pour rester de son temps, être le plus actuel, le plus pertinent possible, il faut demeurer dans l’action, il faut oser, prendre l’espace, envahir la tribune."

Ça tombe bien parce que c’est exactement ce que font les auteurs, les comédiens et les metteurs en scène de la 8e édition du Festival du Jamais Lu. Pour tout savoir sur les nombreuses activités, ne manquez pas de vous rendre sur voir.ca pour lire la suite de cet article.

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LECTURES PUBLIQUES

Entre les murs de la salle O Patro Vys, six lectures publiques. Étienne Lepage, diplômé de l’École nationale en 2007, qui verra la saison prochaine sa pièce Rouge Gueule mise en scène par Claude Poissant sous la bannière du Théâtre PàP, profite du Jamais Lu pour dévoiler Le Geai bleu, une pièce sur "des gens honnêtes, sincères, remplis de bonne volonté, mais résolument à côté d’eux-mêmes". Catherine Vidal dirige sept comédiens dont Louise Bombardier et Patricia Nolin.

Martin Faucher, metteur en scène chevronné, est, semble-t-il, mort de peur à l’idée de faire entendre son premier texte, Le pire reste à venir: chemin. "J’ai réalisé il y a peu de temps que j’en étais probablement au mitan de ma vie, une période d’équilibre, ou alors le début du déséquilibre. Je veux essayer de nommer, maintenant, avec les moyens dont je dispose maintenant, de quoi je suis constitué, mon ADN culturel. Je vais essayer de parler du Québec de maintenant, du Québec qui m’habite, du Québec qui m’a habité, de la beauté, de la laideur. Ce n’est pas du théâtre, ce n’est pas de la poésie, ce n’est pas un éditorial, c’est un peu tout ça. C’est un chemin."

Annick Lefebvre, nouvelle venue, offre Ce samedi il pleuvait. "J’ai écrit cette pièce-là parce que, je dois l’avouer, j’ai déjà bu de la slush, porté du fluo et écouté les New Kids on the Block dans un sous-sol de la Rive-Sud en jouant aux Lego." Maude Gareau dirige quatre comédiens dont Julie McClemens et Richard Thériault.

Anne-Marie Guilmaine, qui codirige la compagnie multidisciplinaire Système Kangourou avec Claudine Robillard, dévoile Le Saccage de mes illusions, "patchwork d’observations sur une ville et une génération, avec un sérieux penchant pour les dérapages involontaires". "Ma pièce est actuelle parce que tout ce qui est écrit s’inspire de faits et de délires réels qui ont eu lieu dans ma ville durant la dernière année. Je vous jure!"

Guillaume Girard et Alexandre Leroux présentent Trois rois, j’ai un cheval dedans toi, "un texte inspiré de la démarche néo-futuriste décrivant la quête d’un jeune homme qui perd pied", "une recherche au carrefour du conte, de la poésie, du théâtre et de la performance, qui tente de garder la théâtralité et le divertissement au premier plan".

David Paquet, diplômé de l’École nationale en 2006, qui verra sa pièce jeune public 2 h 14 AM/FM mise en scène par Claude Poissant en janvier 2010 à la Maison Théâtre, dévoile au Jamais Lu une pièce pour adultes intitulée Le Brasier. On y discute "dragon en chocolat, canne de thon, négligences d’enfant, espoirs d’avenir et perversion sexuelle". "Je ne crois pas faire un théâtre du maintenant. Je crois que je fais un théâtre du tout le temps. En ce sens que j’espère que mon théâtre est plus actuel que d’actualité. Toutes mes histoires tournent autour de gens un peu névrosés ou sinon émotionnellement carencés, autour de leur quête du bonheur. Ce sont des gens qui espèrent que le futur sera plus grand que la blessure, qui essayent de faire du trauma un triomphe." Marie-Thérèse Fortin dirige quatre comédiens dont Sandrine Bisson et Isabelle Roy.

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LECTURES SCENIQUES

Toujours entre les murs de la salle O Patro Vys, trois lectures scéniques. Précision: tandis que les lectures publiques "reflètent fidèlement l’oeuvre de l’auteur", les lectures scéniques permettent à un metteur en scène de "livrer sa vision personnelle de l’oeuvre".

Auteur et journaliste, Mustapha Benfodil vit et travaille à Alger. Dans une résidence d’écriture, l’été dernier, Marcelle Dubois fait sa rencontre et décide de l’inviter à présenter Les Borgnes au public du Jamais Lu. La pièce s’intéresse au destin d’un homme qui fut "arrêté, torturé et soumis à toutes sortes de persécutions pour avoir enseigné à ses élèves que "le 5 juillet 1962, l’Algérie a quitté la France après 132 ans de colonisation"".

Benfodil s’amuse à réinventer les codes, la langue, la forme et le contenu de façon assez extraordinaire, explique Dubois. La pièce se situe entre la grande poésie, le pamphlet politique et le dadaïsme." Brigitte Haentjens dirige neuf comédiens dont James Hyndman, Olivier Morin et Paul Savoie. Ajoutons que, du 3 au 9 mai, Benfodil donnera un atelier d’écriture ouvert aux auteurs amateurs comme professionnels.

Marie-Christine Lê-Huu, l’auteure du poignant Jouliks, dévoile Le Cas Kriovna, l’histoire d’une femme dont la "beauté ravageuse a attisé le désir des hommes et suscité la jalousie des femmes". "Je pense que les choses dont on s’inspire, qui nous habitent maintenant, ne peuvent pas ne pas être actuelles, sinon on n’écrirait pas, on n’avancerait pas, on dormirait!" Le Français David Gauchard dirige quatre comédiens dont Vincent Leclerc et Denis Lavalou.

Fanny Britt, a qui l’on doit notamment Couche avec moi (c’est l’hiver) et Hôtel Pacifique, offre Chaque jour, une "pièce sur la violence née de l’ennui, sur la maternité et sur le rapport à l’art". Au lancement, par le truchement de la vidéo, l’auteure a lu ceci: "Parce que ça crie par en dedans. Parce que ça suinte du dehors. Parce que ça s’insinue sous les mots, entre la peau et les ongles, sur les tissus du coeur, dans le plomb de la tête. Parce que même engourdi, même débile, même quotidien, ça souffre, ça ronge, ça pulse, ça hurle à la lune, ça pleure, ça veut et ça meurt." Denis Bernard dirige Anne-Élisabeth Bossé et Vincent-Guillaume Otis dans cette pièce qui devrait, dans un avenir pas trop lointain, être produite par La Manufacture entre les murs de La Licorne.

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LECTURES JEUNE PUBLIC

Aux Écuries, deux lectures de textes destinés au jeune public. Simon Boulerice, auteur plein de promesses à qui l’on doit notamment Simon a toujours aimé danser et Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella?, donne Éric n’est pas beau, une histoire de fée et de crapaud, de beauté et de laideur destinée aux 8-10 ans. Frédéric Dubois dirige quatre comédiens dont Kathleen Fortin. Marc-Antoine Cyr, dont Je voudrais crever est à l’affiche des Écuries en ce moment même, dévoile Quand tu seras un homme, une pièce destinée aux 10-12 ans avec "des histoires, des rêves, des oiseaux qui passent, des chansons de mariachis, des coups de téléphone et quelques tendres guerres". Alexia Bürger dirige quatre comédiens dont Marie Charlebois et Benoît McGinnis.

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ÉVENEMENTS SPECIAUX

Au rayon des événements spéciaux, on trouve aussi de quoi se réjouir. Le 3 mai, c’est Territoires identitaires, une lecture publique suivie d’une discussion animée par Wajdi Mouawad autour de la question suivante: "Est-ce que nos territoires d’origine influencent notre écriture?" Au cours de cette soirée organisée en collaboration avec le Théâtre français du Centre national des Arts, on entendra la prose et les propos d’Emma Haché (Nouveau-Brunswick), Luc Moquin (Ontario) et Gilles Poulin-Denis (Saskatchewan).

Le 4 mai, dans la salle de répétition du TNM, Claude Poissant anime Confessions publiques, une soirée qui met en relation trois auteurs renommés et trois auteurs de la nouvelle génération en s’inspirant de l’émission Coup de foudre, diffusée à TQS dans les années 80. L’idée est de mettre en lumière, avec ludisme, "les motivations profondes des auteurs et leur actualité à travers les générations". Geneviève Billette, Michel Marc Bouchard, Philippe Ducros, Carole Fréchette, Anne-Marie Olivier et Larry Tremblay ont accepté de se prêter au jeu. Les organisateurs promettent du chant, de la musique, de l’amour, du rire et de l’émotion.

Le 6 mai, David Leblanc, étudiant en théâtre au Collège Lionel-Groulx, lauréat du concours organisé par le Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec, dévoile Insertion, une pièce qui pose la question suivante: "À force de fuir tout risque de malheur comme d’extase, à rire de nos propres rêves et à craindre l’irréversible, perd-on la soif d’aller au bout de soi-même?" "Mon texte ressemble beaucoup à notre époque par son rythme accéléré. Les rencontres, les dialogues, les actions, tout s’enchaîne un peu trop vite pour qu’on arrive à tout bien saisir, mais on ne peut pas ralentir, c’est comme ça, on subit, on voit, on prend ce qu’on peut." Serge Mandeville dirige six comédiens dont Marie-Ève Bertrand et Brigitte Lafleur.

Ajoutons en terminant que la soirée de clôture du 9 mai sera animée par François Bernier et Monia Chokri. Au menu: des sketchs et de la musique. Beaucoup de musique.

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