Avec The Age I’m in, Kate Champion livre un sympathique portrait de la société australienne dans un mélange de multimédia et de danse-théâtre où la parole est génératrice de mouvement.

La représentation n’a pas encore commencé que la bande-son livre déjà le brouhaha d’une foule rassemblée. Ce public que la chorégraphe australienne Kate Champion, de la compagnie Force Majeure, a voulu mettre en scène. Voix mêlées figurant les quelque 80 personnes de toutes générations qu’elle a interviewées en amont de la création. Tout au long du spectacle, leurs commentaires sur la vie, l’amour, la mort, la religion et autres grands sujets serviront de prétexte au mouvement. Souvent avec humour, parfois avec gravité.

Le décor (une table de salle à manger, deux fauteuils de salon et deux grands paravents) suggère les intérieurs de ces Australiens moyens. Et les 10 interprètes leur ressemblent: la cadette a 15 ans, l’aîné en a 80. Entre les deux, des hommes et des femmes de tous âges, une future maman, un tatoué avec un handicap moteur… Quand ils ne jouent pas ou ne dansent pas, ils sont sur des bancs de côté, spectateurs de cette oeuvre qui brosse un portrait du public.

Si cette diversité de corps est l’une des originalités de The Age I’m in, l’usage du lip-synch et de cinq écrans portatifs en constitue la principale force. Diffusés en voix off, les extraits d’entrevues sont en effet repris en lip-synch par un ou plusieurs interprètes à la fois, générant la plupart du temps une étonnante danse sur la musique des mots et des intonations. Par exemple, le duo d’un homme et d’une femme sur les divagations d’un garçonnet fait partie des temps forts du spectacle, de même que la manipulation d’un interprète par deux autres sur le discours d’un vieil homme se plaignant du manque de respect des jeunes générations. Ou encore, cette femme qui se démultiplie en trio, réagissant ainsi à ses propres paroles dans une séquence de mimiques théâtrales.

Parallèlement à ces coups de génie, la danse illustre trop souvent platement le discours, et la gestuelle, élaborée par des interprètes souvent peu familiarisés avec la danse, est d’une simplicité qui plafonne rapidement et fait poindre l’ennui. Heureusement, l’élément technologique vient épicer la création de savoureux instants comme l’évocation nostalgique d’un passé qui n’est plus pour une vieille femme, de l’effet de substances psychotropes, ou la mise à nu pudique du corps de certaines femmes. Une oeuvre rafraîchissante et sans prétention pour ceux qui maîtrisent bien la langue de Shakespeare.

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Le corps du verbe Critique par Voir - . Cote: 3.5

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