Le Théâtre Motus invite les spectateurs de 3 à 8 ans à se laisser envoûter par Baobab, l’histoire d’un garçon africain au destin plus grand que nature.

Il s’appelle Amondo, et il est né dans un oeuf qu’un jour le baobab du village a laissé tomber. Mais à vrai dire, l’histoire d’Amondo commence à une époque lointaine, quand le baobab et la terre se sont unis. Le Soleil était jaloux de leur progéniture, jusqu’à perdre son coeur et à refuser d’aller se coucher, provoquant ainsi une sécheresse qui ne s’est depuis jamais arrêtée. Chargé sans le savoir d’une mission de réconciliation, Amondo va rétablir l’harmonie, dans un parcours initiatique que nous raconte le Griot (Widemir Normil) et ses acolytes acteurs et musiciens (Nathalie Cora, Aboulaye Koné ainsi que Philippe Racine ou Sharon James).

L’auteure et metteure en scène Hélène Ducharme, fascinée par l’Afrique, tisse ici une histoire de son cru en s’inspirant de différents contes du Sénégal et du Mali. Le résultat est charmant, jamais moralisateur, et laisse une grande place à des figures phares de l’imaginaire africain, avec ses sorciers et ses animaux parlants.

En général, tout cela est fort évocateur et fait appel à l’intelligence de l’enfant, invité à résoudre en pensée les énigmes auxquelles est confronté Amondo. Mais le tissage apparaît un peu forcé par moments. À coups d’apparitions de personnages plus ou moins utiles à la progression de l’action et de liens un peu ténus entre les éléments, le conte s’embrouille légèrement. Mais rien de majeur, et l’ensemble conserve toujours une dimension mythique et grandiose.

Sur scène, la musique en direct, les marionnettes (parfois intégrées aux instruments de musique africains telle la kora), les masques, le théâtre d’ombres et le conte forment un ensemble envoûtant, chaleureux et inventif. Quand les espaces de projections sont créés par des chutes de grains de riz et de couscous, on s’oublie dans l’émerveillement. Les ficelles ne sont jamais cachées et les marionnettes ont ce petit quelque chose d’artisanal qui rend l’expérience profondément théâtrale. À vrai dire, c’est quasi cérémoniel, mais d’une cérémonie conviviale, jamais empesée ni conventionnelle.

À la sortie, les chansons et percussions africaines ne quitteront pas vos oreilles. L’expérience peut d’ailleurs être prolongée au moyen d’un disque-souvenir et d’un superbe livre à lire et à jouer publié aux éditions de La Bagnole, en vente pour l’instant à la Maison Théâtre, et sur les tablettes des librairies dès le 14 janvier.

Plus grand que nature Critique par Voir - . Cote: 3

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