Danièle Desnoyers s’écarte de la multidisciplinarité pour retourner à ses premières amours dans Dévorer le ciel, une pièce pour six danseurs où le mouvement est roi. Une présentation Danse Danse.

La chorégraphe Danièle Desnoyers vient tout juste de fêter le 20e anniversaire de sa compagnie, Le Carré des Lombes, et la voilà qui revient à la quête première de l’interprète qu’elle fut: la densité émotionnelle qui émane du mouvement. Au cours de la dernière décennie, elle a concentré sa recherche chorégraphique sur la dramaturgie du son.

En effet, depuis Discordantia, créée en 1997, elle structurait ses oeuvres à partir de la rencontre entre la danse et l’art audio. La dissonance à laquelle elle nous avait habitués a commencé à s’estomper dans Là où je vis, présenté en 2008 au Festival TransAmériques. La recherche du beau qu’elle y avait amorcée se poursuit dans la pièce Dévorer le ciel.

"Quand Danse Danse m’a donné carte blanche pour un grand plateau, j’ai tout de suite eu l’instinct d’une oeuvre de danse qui traiterait de l’avidité du corps dans l’espace et dans la rencontre avec l’autre, raconte-t-elle. Il y a l’idée d’un dialogue entre espaces intérieur et extérieur. Je pars de la géographie intime des danseurs pour établir la carte d’un ciel en mouvement. En reliant des points relevés dans chacun de leurs parcours, on obtient une constellation physique et émotive qui évoque la quête d’absolu, de sens et de beauté."

On retrouve dans cette pièce trois des interprètes de sa précédente création, Alan Lake, Pierre-Marc Ouellette et Catherine Viau, auxquels s’ajoutent Emmanuelle Beaudoin-Bourassa et Karina Champoux, qui ont dansé pour Dave St-Pierre, et Bernard Martin, qui a mis fin à huit ans de collaboration avec Édouard Lock. L’énergie explosive de ces jeunes artistes a stimulé un besoin d’expansion déjà présent chez la chorégraphe.

"Le mouvement a une dimension explosive, mais il exige aussi beaucoup de finesse et de dextérité physique, précise-t-elle. Car l’expression doit être endiguée dans une forme précise mais furtive. Sinon, c’est de l’expression corporelle. En écho à l’allégorie du ciel, j’utilise des formes spiralées; la dimension circulaire est omniprésente dans le vocabulaire et dans les duos. Les mouvements en constellations donnent une énergie particulière à la pièce."

Jusqu’à présent influencé par des collaborateurs artistiques, compositeurs ou artistes visuels, le mouvement n’existe plus que par lui-même et pour lui-même dans cette nouvelle pièce. D’abord créée dans le silence, elle sera accompagnée d’une bande son composée d’oeuvres des répertoires classique et contemporain reliées par le concepteur sonore Michel-Antoine Castonguay.

"J’ai choisi de courtes oeuvres pour piano qui me laissent un espace pour pouvoir parler à travers la musique, indique Desnoyers. C’est ce qui a vraiment endigué ma recherche: une musique beaucoup plus discrète et plus tonale qu’à l’habitude. Je pense que ce que j’allais chercher dans cette musique qui arrache l’oreille, c’est le corps qui va le traduire cette fois. C’est beaucoup plus impliquant pour moi comme chorégraphe sur ce que j’ai à dire avec la danse."

Et nous avons d’autant plus hâte d’entendre ce nouveau discours qu’il s’annonce à la fois mélancolique, ludique, exubérant et sensuel.


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