Pour clore le Cycle états-unien de l’Opsis, la metteure en scène et directrice artistique Luce Pelletier a fait appel à trois auteurs-compositeurs-interprètes et cinq auteurs dramatiques.

Jamais facile pour un Québécois de jeter un coup d’oeil sur le pays voisin, faisant face ainsi à sa propre américanité. C’est pourtant à cette lourde tâche que se sont échinés les huit auteurs réunis par Luce Pelletier pour la création du spectacle Les États-Unis vus par… Ils sont de générations différentes, certains composent des musiques et des paroles de chansons, d’autres, des dialogues de théâtre. Spontanément, la plupart d’entre eux ont imaginé des personnages québécois en mal d’américanité, qu’ils ont fait parler dans une langue très québécoise mais aussi très chargée.

"Ce qui est intéressant, dit la metteure en scène, c’est que cette pièce-là m’amène indirectement à faire le bilan du Cycle états-unien. En fait, elle me ramène beaucoup au premier spectacle du Cycle, Under construction, qui était aussi fait de plusieurs courts textes, et le constat qui en ressortait était qu’on est bien plus américains qu’on ne veut le croire. Toutes les références d’Under construction résonnaient très fortement pour le public québécois. Je crois que le même phénomène va se produire cette fois-ci."

Si François Archambault et Pierre-Yves Lemieux ont préféré donner leurs mots à des Américains, qu’ils soient des superhéros en mission contre le terrorisme ou de simples citoyens en témoignage, certains auteurs interrogent notre propre société plus fortement que les autres. "Les deux auteurs qui ont abordé ça le plus franchement sont les deux plus jeunes: Émilie Proulx, qui a composé une chanson, et Catherine Léger. Toutes deux posent la question du rapport qu’entretient leur génération avec les États-Unis. Catherine observe même ça à la lumière de l’idée de l’indépendance du Québec. Une sorte de constat d’inertie de la société québécoise, où elle démontre que la résistance à la culture américaine n’existe plus."

Les autres, comme Jasmine Dubé et Michel Marc Bouchard, ainsi que les chanteurs Martin Léon et Richard Séguin, proposent d’autres visions, réfléchissant notamment au rêve américain. "On voit bien que même après le 11 septembre, après Bush, après l’élection d’Obama, le rêve américain persiste. Mais qu’est-il devenu? C’est la question que plusieurs auteurs posent en filigrane. Depuis Obama, on a tendance à croire que les États-Unis vont redevenir le lieu de tous les possibles. Est-ce bien la réalité?"

Voilà qui fait bifurquer la conversation vers l’actualité politique américaine. Obama, catalyseur de tous les espoirs, est-il vraiment le sauveur que nous attendons? "Il y a une forte opposition à Barack Obama à l’intérieur même des États-Unis, raconte Pelletier. Dans certains États plus conservateurs, on est loin du vent de changement que laisse présager Barack. Le texte de Pierre-Yves Lemieux nous fait d’ailleurs visiter ces régions troubles de l’Amérique, via de courts témoignages."

À la manière du zapping télévisuel, la pièce, où s’intercalent des chansons, propose un petit voyage, en somme, dans ce que l’imaginaire états-unien a de plus saisissant. "Je m’efface derrière les textes, dit encore Pelletier. Ce sera un show d’auteurs."

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