Parmi la multitude de spectacles au menu de l’automne 2010, nous en avons choisi huit qui suscitent chez nous les plus grandes attentes.

L’Opéra de quat’sous

Le théâtre musical de Brecht et Weill est rarement monté chez nous. Trop rarement. C’est dire à quel point nous sommes choyés cette saison alors que L’Opéra de quat’sous est programmé au TNM et au Trident. À Montréal, c’est Robert Bellefeuille qui s’attaque aux aventures de Polly Peachum et Mac-the-Knife. On dit que le texte français de René-Daniel Dubois restitue la saveur de l’original. Pierre Benoît signe les arrangements. La distribution, 21 comédiens, Serge Postigo et Émilie Bibeau en tête, fait saliver. À Québec, c’est Martin Genest qui relève le défi avec 14 comédiens, l’Orchestre d’Hommes-Orchestres et une tribu de marionnettes. Ça promet. Pas d’autre choix que de voir les deux spectacles.

Au Théâtre du Nouveau Monde, du 28 septembre au 23 octobre.

Au Grand Théâtre de Québec, du 19 avril au 14 mai.

Le Fusil de chasse

Après un détour par le cirque et l’opéra, le réalisateur François Girard (32 films brefs sur Glenn Gould, Le Violon rouge et Soie) est enfin de retour au théâtre. Celui qui nous a donné Novecento, de Baricco, au Quat’Sous et Le Procès, de Kafka, au TNM, il porte cette fois à la scène un roman épistolaire du Japonais Yasushi Inoué. Avec Le Fusil de chasse, on dit que l’écrivain décédé en 1991 a réussi avec une rare finesse à faire de ce qui aurait pu être une banale histoire d’adultère l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature contemporaine. Serge Lamothe adapte l’oeuvre à laquelle Marie Brassard et Rodrigue Proteau vont donner vie.

À l’Usine C, du 1er au 16 octobre, et au Théâtre français du CNA (Ottawa), du 23 au 27 novembre.

Jackie

Les spectacles de Denis Marleau ne sont jamais banals. Pas plus que les romans et les pièces de l’Autrichienne Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature en 2004. Ajoutez à l’équation le destin hors normes de Jackie Kennedy et vous obtiendrez Jackie, un "drame de princesse" auquel on a particulièrement hâte d’assister. D’autant que ce n’est pas tous les jours que le metteur en scène attitré de la compagnie Ubu travaille avec Sylvie Léonard. Pour vous titiller, un extrait du solo: "Cependant à travers nous, les femmes, parlent toujours, quoi que nous fassions, autre chose, qui malheureusement parle plus fort que tout, et cette chose est la mort. C’est que nous manquons si souvent la vie. Certes, la vie parle à travers nous. Mais la mort parle plus fort."

À l’Espace Go, du 5 au 30 octobre.

Chante avec moi

Par les temps qui courent, au Québec, il est bien peu de dramaturges qui adoptent une posture aussi critique. Olivier Choinière est vigilant, caustique sans être jamais cynique. Ses spectacles sont sombres, cruels et pourtant vivifiants, salvateurs. Cet automne, l’homme s’attaque une fois de plus à l’envahissement du spectaculaire dans nos vies, plus précisément à notre fascination souvent maladive pour la chanson. Probablement pour épouser la démesure des comédies musicales à grand déploiement, 40 comédiens seront de la partie. Le directeur artistique de L’Activité espère que l’aventure sera grisante pour les artistes et libératrice pour le public. On n’en doute pas un instant.

À Espace Libre, du 26 octobre au 6 novembre.

La Cerisaie

Pour Yves Desgagnés, le théâtre de Tchekhov est quelque chose comme un point d’ancrage, une source, un pivot. Il y revient tout naturellement depuis des années. Après Ivanov, Les Trois Soeurs, Oncle Vania et La Mouette, le metteur en scène s’attaque à La Cerisaie, dans une nouvelle traduction d’Elizabeth Bourget. Si Tchekhov excelle à cristalliser le passage d’une ère à une autre, la chute d’une classe sociale et la montée d’une autre, les mille et un deuils que cela implique, la dépossession, le vertige, Desgagnés est quant à lui tout désigné pour traduire le paradoxe tchékhovien, cette désolation pleine de soubresauts, cet humour acide. Parions que Michel Dumont, Maude Guérin et Catherine Trudeau vont nous arracher des larmes.

Chez Duceppe, du 27 octobre au 4 décembre.

Yellow Moon

Pendant la reconstruction de La Licorne, La Manufacture dissémine ses spectacles aux quatre vents. Il s’agit principalement de reprises: À présent, Après la fin et Le Pillowman. Mais on trouve aussi deux nouvelles productions, dont l’une figure au menu de l’automne. Sylvain Bélanger dirige Stéphane Demers, Sylvie De Morais, Benoît Drouin-Germain et Monique Spaziani dans Yellow Moon, La Ballade de Leila et Lee, une pièce de l’Écossais David Greig traduite par Maryse Warda. On dit qu’avec une quête initiatique qui n’est pas sans évoquer Bonnie et Clyde, l’auteur "pose un regard attendri sur les jeunes dans notre société, la place qu’ils cherchent, et surtout, sur leur quête d’identité".

À l’Espace Go, du 5 au 27 novembre.

La Nuit juste avant les forêts

En 1999, dans une ancienne maison de chambres située au-dessus du Lion d’Or, Brigitte Haentjens avait monté La Nuit juste avant les forêts, le soliloque de Bernard-Marie Koltès. La performance de James Hyndman en avait remué plus d’un. Si bien que le spectacle avait été repris en 2000 et en 2002. Cet automne, la directrice de la compagnie Sibyllines remet ça, cette fois avec Sébastien Ricard. Le comédien, avec qui la metteure en scène collabore pour la quatrième fois, a tout ce qu’il faut pour défendre cette partition vertigineuse, une seule phrase de 60 pages, le poignant plaidoyer d’un exclu.

Dans un lieu situé au 661, rue Rose-de-Lima, à Montréal, du 16 novembre au 15 décembre. Les billets seront en vente dès le 6 septembre à la billetterie du Quat’Sous: 514 845-7277.

The Silicone Diaries

Éclectisme. Audace. Avant-garde. Voilà qui caractérise toujours les choix de Jack Udashkin, directeur artistique du Théâtre La Chapelle. Dans une même saison, Marie Chouinard et Brigitte Haentjens côtoient Éric Robidoux, Système Kangourou et la compagnie Mobile Home. Quel bonheur! Juste avant Noël, La Chapelle nous propose de rencontrer Nina Arsenault, une transsexuelle ontarienne qui a fait de son corps une expérimentation esthétique et artistique. Son solo, The Silicone Diaries, est décrit comme "une exploration franche et féroce des contradictions issues de la quête de beauté". On dit que les aventures d’Arsenault dans le monde de la chirurgie plastique ont des résonances intimes, sociales et même spirituelles. On se réjouit de la voir enfin se produire sur une scène montréalaise.

Au Théâtre La Chapelle, du 14 au 18 décembre.

Dans la mire /

Septembre /

Vassa / Alexandre Marine / Th. du Rideau Vert
Norway.today / Philippe Cyr / Groupe de la Veillée/ Th. Prospero
L’Étranger / Moni Grégo / Cie Théâtrale de la Mer / Th. Denise-Pelletier

Octobre /

En attendant Le Songe… / Irina Brook / Usine C

Novembre /

Concerto pour clavecin et chainsaw / Éric Robidoux / Th. La Chapelle
Exécuteur 14 / Peter Batakliev / Th. Décalage / Usine C
Premier Amour / Jean-Marie Papapietro / Th. de Fortune / Th. Prospero
Le Mobile / Carole Nadeau / Pont Bridge / Espace Libre
Le Dieu du carnage / Lorraine Pintal / TNM
Amuleto / Catherine Vidal / Th. de Quat’Sous
Cendres /Jérémie Niel / Pétrus / Th. La Chapelle
La Robe de Gulnara / Jean-Sébastien Ouellette / Théâtre I.N.K. / Espace Go
Naissances / Collectif / NTE / Espace Libre

Décembre /

Jaz / Kristian Frédric / Lézards qui bougent / Les Deux Mondes / Usine C

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