La Tohu accueille ces jours-ci un individu irrésistiblement drôle, immensément attachant, doté d’un imaginaire prodigieux. Cet homme, qu’on dirait lancé à la poursuite de son double, fait surgir sous nos yeux écarquillés un monde merveilleux. Raoul est un conquérant, un aventurier, un chevalier de l’autre monde. On ne peut, en le voyant mener sa quête dérisoire et tragique, aussi vaine que somptueuse, s’empêcher de penser à Don Quichotte et ses moulins à vent. L’homme est courageux sans être insensible, valeureux tout en cultivant l’autodérision, capable de fermeté devant les créatures les plus improbables. Il n’y a pas à dire, le Suisse James Thierrée tient de son grand-père, un certain Charlie Chaplin. Danseur, mime, acrobate et comédien, l’homme de 36 ans joue de son corps comme un maître. Dans ce spectacle sans mots créé en 2009, la quatrième production de la Compagnie du Hanneton, que dirige Thierrée depuis 1998, il y a de quoi peupler les rêves de bien des assoiffés de beauté. Sur scène, une architecture post-apocalyptique de tuyaux de métal se déconstruit avec fracas, de grandes toiles s’agitent comme celles d’un navire, des animaux immenses et de toutes sortes s’avancent, méduse, poisson, pachyderme, langouste et ptérodactyle: un bestiaire somptueux et fascinant. Parions que cette première visite marque le début d’une belle et longue histoire d’amour entre James Thierrée et le Québec. On ne saurait trop vous inciter à vous rendre à ce premier rendez-vous! Jusqu’au 31 octobre.

Brève scène 2010-10-28 Critique par - 2010-10-28
Cote: 4


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