À l’invitation des Grands Ballets Canadiens, le Ballet national de Cuba vient livrer une Giselle dans la pure tradition romantique. Entrevue avec la mythique Alicia Alonso et la danseuse étoile Viengsay Valdés.

À 90 ans, la danseuse-chorégraphe Alicia Alonso se tient encore à la proue du navire qu’elle a bâti en 1948 pour doter son pays d’une culture du ballet. En 1959, la révolution cubaine lui donnait les moyens de ses ambitions: devenue Ballet national de Cuba (BNC), sa compagnie est une référence internationale et l’école qu’elle a fondée à La Havane est une pépinière de talents.

"Elle a été l’idole de nombreuses générations de danseuses, elle a été notre guide et nous a transmis son sens de l’interprétation et des versions de ballets où le niveau technique est très élevé", commente la danseuse étoile Viengsay Valdés qui, sur le conseil de la légendaire Alonso, tient son âge secret. Il faut dire que cette ballerine vénérée du public états-unien a dansé jusqu’à 70 ans passés.

"Giselle est mon rôle fétiche et c’est sans doute celui que j’ai dansé le plus, confie-t-elle. Ça a été mon premier rôle de danseuse étoile. Personne ne voulait se risquer à remplacer au pied levé Alicia Markova au Metropolitan Opera House, et moi j’ai dit oui alors que je n’étais que première soliste." Un an et demi plus tôt, elle avait profité d’un long alitement dû à une opération des yeux pour répéter inlassablement dans sa tête les moindres pas et entrées de ce ballet adoré. "À toute chose, malheur est bon, reconnaît la vieille dame. J’ai appris alors à danser en pensée et c’est encore un outil magnifique pour créer des chorégraphies dans ma tête."

Des oeuvres, elle en a créé de toutes pièces. Elle a aussi mis un point d’honneur à monter de grands classiques dans le respect des styles et codes liés à chaque époque. Dans la plupart des cas, comme dans celui du Giselle original de Jean Coralli et Jules Perrot, elle a apporté des changements pour faciliter la compréhension de l’argument par le public. Et toujours, elle s’est efforcée de donner vie à ses personnages en les faisant mûrir avec elle et en dansant avec l’état du jour.

"Chaque ballerine a sa personnalité et conçoit le personnage comme elle le sent, précise Valdés. Nous suivons les patrons d’Alicia, qui nous donne beaucoup de conseils et de détails sur le scénario, mais nous devons trouver notre propre chemin vers le personnage." Celui de Giselle est complexe et requiert un haut niveau technique et dramatique. Classée parmi les 25 plus grandes ballerines de ce monde par Ballet Magazine, Valdés en offre une interprétation des plus intenses.

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