Avec Wulustek, la compagnie Ondinnok offre un lucide état des lieux de la réalité amérindienne, un spectacle qui mérite d’être vu.

Wulustek est une histoire de quête identitaire sur fond de revendication territoriale. Une fois par an depuis cinq ans, les membres de la famille Miktouch, de la nation inventée des Malameks, se réunissent pour revendiquer un territoire ancestral à une entreprise forestière qui ne l’entend pas de cette oreille.

Si la pièce vaut le détour, c’est pour la lucidité, le franc-parler et l’autocritique dont fait preuve l’auteur Dave Jenniss. Lui-même d’origine malécite, il déjoue nos attentes en s’éloignant résolument du pamphlet politique et de l’apitoiement pour s’attaquer aux clichés et aborder avec franchise la perte de la culture et des valeurs traditionnelles, l’ambiguïté du sentiment d’appartenance et la dérive capitaliste de certains chefs.

Le jeu des comédiens est inégal, mais la mise en scène de Peter Batakliev met bien en évidence l’autodérision présente dans le texte. Le simulacre de cérémonie réalisé par une Québécoise qui a "suivi des cours" est particulièrement déstabilisant car il nous jette au visage l’appauvrissement culturel déjà consommé, et on se sent à la fois tenté de rire et consterné.

La clôture de fer dressée sur le devant de la scène, créant un sentiment de malaise, nous permet toutefois de garder présente à l’esprit la tragédie qui parcourt l’histoire amérindienne. Car si la complaisance est à proscrire, elle est d’ailleurs absente de ce spectacle, il reste que la préservation de la mémoire d’un peuple est un enjeu qui mérite mieux que notre indifférence.

Examen de conscience Critique par Voir - . Cote: 3

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