Le Jamais Lu célèbre ces jours-ci son 10e anniversaire. On en parle avec la passionnante et passionnée directrice du Festival, Marcelle Dubois.

Le Festival du Jamais Lu est né il y a dix ans pour faire entendre les textes des jeunes auteurs dramatiques, les pièces qui ne trouvaient aucune tribune, celles qu’on refusait de lire dans les théâtres de la métropole, aussi bien à basse qu’à haute voix, des prises de parole auxquelles, pour mille et une raisons, on faisait la sourde oreille. Au cours de la dernière décennie, si la situation s’est améliorée, il reste que le Jamais Lu continue de jouer un rôle crucial.

"En dix ans, les directions artistiques se sont significativement ouvertes, estime Marcelle Dubois, à la tête de l’événement depuis le premier jour. Par conséquent, notre vocation a changé. Au début, le Jamais Lu était plus une vitrine. Aujourd’hui, il s’agit d’un événement en soi, j’irais même jusqu’à dire que c’est un festival de littérature théâtrale. Si les pièces sont produites, tant mieux, c’est un beau dommage collatéral, mais ce n’est pas notre fonction. Le plus beau, c’est que de voir les choses de la sorte nous a rendus plus libres dans notre façon de programmer."

Ici et maintenant

Ainsi, en marge des lectures plus traditionnelles, naissent des cérémonies singulières, souvent hautes en couleur, ancrées dans l’ici et maintenant. C’est tout à fait dans cet esprit que la soirée d’ouverture sera orchestrée cette année par Martin Faucher. Dix auteurs parmi lesquels Olivier Choinière, Sébastien David, Dominick Parenteau-Lebeuf et Marilyn Perreault ont répondu à une question: "Avec votre langue, qu’avez-vous envie de célébrer, de fouiller, de dénoncer, ici à Montréal, ici au Québec, ici au Canada, ici dans le monde?"

Il faut reconnaître que le travail du dramaturge n’est pas des plus spontanés. On écrit pour être monté dans deux ou trois ans. On espère que notre texte sera universel, indémodable, qu’il traversera le temps. La soirée du 29 avril – Jusqu’où te mènera ta langue, tu suite! – propose exactement le contraire. En pleine campagne électorale, mais aussi dans la foulée de ce qu’on appelle d’ores et déjà le printemps arabe, les auteurs vont prendre position sur l’actualité, se faire entendre au coeur de la Cité, rompre avec le confort et l’indifférence. Vous avez dit réjouissant?

Piliers et nouveaux venus

Les huit autres jours du Festival réunissent des auteurs chéris, comme Mathieu Gosselin et Francis Monty, mais aussi des nouveaux venus, comme Julie-Anne Ranger-Beauregard, fraîchement diplômée de l’École nationale, et Catherine Levasseur-Therrien, qui s’approprie la figure de Lolita. Puis il y a cet improbable opéra rock concocté par Navet Confit, Olivier Morin et Guillaume Tremblay autour de l’affaire Clotaire Rapaille!

"C’est quand même extraordinaire comme idée, lance Dubois. Ça a l’air fou comme ça, mais il y a une question existentielle qui sous-tend leur projet. Ça met en relief toute notre quête identitaire, notre attente du sauveur, notre besoin de se faire dire qui on est, de surcroît par un Français. C’est une vraie belle métaphore!"

Terminons en signalant que l’équipe de la revue Liberté, admirablement dirigée par Pierre Lefebvre, a eu l’excellente idée de se pencher dans son numéro 291 "sur ce que la naissance, l’évolution et l’impact du Jamais Lu nous disent sur l’écriture dramatique au Québec". À lire!

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