Serge Postigo s’immerge dans l’univers du Petit Roy, théâtre musical construit autour des chansons de Jean-Pierre Ferland. Un voyage au-delà des lourdes grilles de la prison Sing Sing.

Malgré le marathon d’entrevues qui précède la première du Petit Roy, dont il signe la mise en scène et interprète le rôle-titre, Serge Postigo parle encore avec fougue de cette "grande étape de [sa] vie professionnelle". Un enthousiasme communicatif, il faut l’avouer.

Devant l’imposant décor de prison et ses échafaudages, on est tout de suite impressionné. Pourtant, celui qui a monté l’année dernière un Molière entièrement éclairé à la chandelle ne trouve pas que ce grand déploiement (écran vidéo, effets spéciaux…) impose un travail si éloigné du dépouillement technologique de son Avare: "Ça part du même endroit, du sentiment de ce que je veux qu’on ressente dans la salle. Avec Molière, c’était la chandelle qui me le donnait. Là, j’avais besoin de cette scénographie pour porter l’émotion à l’endroit où il faut qu’elle soit."

Cette émotion se déploie à travers les souvenirs de J.P. Roy, dit "le petit Roy". Le spectacle nous le livre à sa sortie de prison, après vingt ans pour un meurtre passionnel. "On est en 1978, à l’extérieur de la prison Sing Sing. Un type attend qu’on vienne le chercher. Et pendant qu’il attend, il repart dans sa tête et revoit les vingt et une dernières années… J’ai teinté tout le spectacle du souvenir qui s’étiole. C’est une valeur résiduelle, un arrière-goût, quelque chose d’inconscient qui reste."

L’esprit des chansons

Orchestrées par Michel Cusson, les chansons – une quarantaine, des plus grandes aux moins connues – s’imbriquent les unes dans les autres, se répondent pour donner vie à cette histoire écrite par Benoit L’Herbier et Robert Marien. Elle est portée par les voix de 14 interprètes de talent. Pour Postigo, qui n’a connu l’oeuvre de Ferland que dans la vingtaine – il a grandi en Europe -, l’esprit des chansons reste intact: "Je le tiens de la bouche du maître: ce qui reste de Ferland, c’est l’essence de Ferland."

Postigo est aussi fier de son équipe de concepteurs et d’interprètes. "Le premier talent d’un metteur en scène, c’est de savoir former son équipe de concepteurs et d’acteurs. Là, j’ai fait fort. Et je m’en vante avant la première!"

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