Depuis plusieurs années, Sébastien Dorval souhaite monter Notes de cuisine. La pièce ouvre la saison de Premier Acte, dans un restaurant. Rencontre avec l’instigateur du projet et ses complices… autour d’une table.

Lorsque Sébastien Dorval, comédien, demande à Frédéric Dubois de mettre en scène Notes de cuisine, il ignore que ce dernier travaille justement à Fallait rester chez vous, têtes de noeud, du même auteur, présenté jusqu’à samedi. Résultat? Coup sur coup, deux textes de l’auteur d’origine argentine Rodrigo García joués à Québec. Hasard? À tout le moins, rencontre marquante avec un écrivain au propos actuel. On retrouve d’ailleurs, dans ce deuxième spectacle, son côté critique: "Ça reste García, mais ça va être deux trucs totalement différents", affirme le comédien. À travers monologues, recettes, tableaux divers dont le point commun est la nourriture, García pose un regard aiguisé sur notre société gâtée, repue.

"On s’interroge, explique la comédienne Marianne Marceau, sur la société de consommation, l’économie. Qu’est-ce qu’est devenue maintenant la nourriture, par rapport au besoin primaire qui est celui de manger? Avec la gastronomie, l’importance qu’on lui donne, comment on traite les aliments? Est-ce qu’on pense à l’endroit d’où ils viennent, aux endroits où c’est la famine? Ça fait réfléchir… Et ça n’empêche pas qu’il y ait dans ça beaucoup de ludisme, de l’absurde." "Le propos est assez fort, poursuit Frédéric Dubois. On présente le texte dans un style cabaret. Il n’y a pas de fil conducteur: bien sûr, il y a des liens, des idées qui reviennent, mais c’est comme une espèce de mosaïque. García, d’ailleurs, laisse beaucoup de liberté. Il explique que chacun doit s’approprier ce texte-là à sa façon, dans le monde dans lequel il vit, avec ses références."

Dès la phase d’écriture, Rodrigo García, également metteur en scène, suggère un lien concret avec la nourriture. "Ma première idée, explique Sébastien Dorval, c’était que les gens assistent à un repas entre les comédiens. On s’est ensuite dit que ça pourrait être intéressant que les spectateurs mangent, eux aussi. Mais c’est compliqué de faire ça dans une salle de théâtre. À cause du titre, j’ai pensé au restaurant La Cuisine. C’est un lieu marginal, et le décor rappelle les cuisines des années 1950-1960: le début de l’Amérique de consommation, le moment de l’insouciance, où on se disait qu’on pouvait jeter nos affaires n’importe où… Et eux, ce qu’ils font, c’est de la bouffe de maman. Alors pendant qu’on parle de tout ça, les gens sont en train de manger, dans un lieu commercial, et les comédiens sont avec les spectateurs. Donc, ça marche! On a été voir les propriétaires du resto, ils ont tout de suite dit oui. La particularité, c’est qu’on jouera du dimanche au mardi, les soirs où c’est le moins achalandé."

Notes de cuisine propose donc un spectacle-repas: théâtre et restaurant, avec des tables, des aliments, des serveurs, un bar, un DJ, la proximité acteurs-spectateurs. Et tous les imprévus que cela suppose. Si cette part d’incertitude peut ajouter une dose de stress, ce contact semble surtout stimulant. Pour les comédiens, comme pour les spectateurs. Anne-Marie Côté et Jean-Michel Girouard complètent la distribution.

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