Le chorégraphe Paul-André Fortier et le compositeur Malcolm Goldstein nouent un dialogue sensible entre corps et violon pour apprivoiser l’idée de la mort dans Vertiges.

En 2006, à l’approche de la soixantaine, Paul-André Fortier se donnait le défi de danser en extérieur pendant 30 minutes, 30 jours de suite, à la même heure, au même endroit, quel que soit le climat. Six ans plus tard, il vient tout juste de clore l’aventure de son Solo 30×30 à Paris, la quinzième ville à l’accueillir. Il refuse désormais les invitations. Son corps, dit-il, ne veut plus de cette épreuve. Il a 64 ans.

"J’ai invité Malcolm Goldstein, qui a 76 ans, à travailler sur le thème de la perte et des sentiments que cela peut engendrer, explique le chorégraphe. Car on ne peut pas ignorer que nos capacités se réduisent, que notre horizon se rapproche et ça donne le vertige de penser qu’il y en a beaucoup plus derrière nous que devant nous."

Un large panneau étalé en fond de scène suggère cet horizon de notre finitude. Les ombres qui s’y reflètent évoquent quant à elles un au-delà dont les deux artistes apprivoisent lentement l’idée, entre légèreté, angoisse et nostalgie. "J’avais aussi le désir de mettre en scène deux hommes mûrs, ce que la danse offre peu souvent. Je pense qu’il y a une poésie lisible et palpable dans notre rencontre et qu’elle rejoint les gens dans leur quête personnelle."

Déjà présenté à Ottawa et Vancouver, ce duo qui carbure à la passion et à l’émotion s’inscrit dans la lignée de Cabane, créé en 2008 avec l’artiste multidisciplinaire Rober Racine. Il est le second volet d’une trilogie que Fortier devrait achever en 2014 aux côtés d’une danseuse dont il préfère taire le nom.

"Dans les trois cas, je travaille avec des gens pour qui j’ai une admiration énorme, confie-t-il. M’enfermer dans une salle de répétition avec eux pendant des mois est une façon de les approcher dans un rapport très intime et d’apprendre. Et comme je ne veux pas les décevoir artistiquement, ça me donne un challenge supplémentaire." Quoi de mieux pour ne pas s’encroûter et vieillir en beauté?

De Goldstein, compositeur et improvisateur émérite qui a beaucoup oeuvré en danse, s’illustrant notamment dans des collaborations avec les postmodernes newyorkais et Merce Cunningham, Fortier souligne le génie musical, la qualité de présence et l’humilité. Réunis dans un jardin de lumière conçu par John Munro, ils semblent nous convier à une rencontre d’une grande humanité.

Du 14 au 16 novembre
À l’Agora de la danse

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