Pour l’année qui vient, je souhaite qu’un producteur de théâtre s’intéresse enfin à mon adaptation du film Apocalypse Now pour deux acteurs; aussi, je souhaite qu’on en vienne à un véritable couplage entre l’État et le théâtre; que chaque étudiant québécois soit exposé à au moins cinq pièces de théâtre par année scolaire, et ce, du primaire au cégep: le théâtre a une vertu pédagogique, certes, mais aussi libératrice; oui, le théâtre est fondamentalement discussion, il enseigne que l’opposition, structurée, est un exutoire indispensable; il est également un antidote certain à l’overdose numérique et replace l’être humain en face de ses semblables, plutôt que face à un écran. Les enfants qui ne connaîtront pas la médiation des corps et de la parole incarnés dans des êtres humains de chair et d’os seront orphelins d’une dimension essentielle de l’être-au-monde: le sentiment de leur propre mortalité, qu’aucun univers virtuel ne peut véritablement transmettre. Alors qu’un comédien qui bafouille, trébuche ou échappe un verre d’eau sur sa braguette le démontre avec l’infinie subtilité des gestes véritables.

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