Le Théâtre de l’Île amorce 2013 avec la comédie de situation V comme canard. Mise en scène par la très active Magali Lemèle, la pièce a été montée avec une énergie qui reflète la cadence de son texte.

Si la commande de mettre en scène V comme canard lui a été transmise en janvier 2012, Magali Lemèle n’a pu convoquer ses comédiens en salle de répétition qu’au mois de décembre, à son retour d’un stage intensif au Banff Centre, en Alberta. Interrompues par le congé des Fêtes, les répétitions ont suivi un tempo rapide qui ne semble pas avoir atteint le moral des troupes. Interviewée à moins d’une semaine de la première, Lemèle affichait la bonne humeur un brin moqueuse qui la distingue.

Voir: En mai dernier, vous vous êtes penchée, dans nos pages, sur La petite poule d’eau, qui concluait la saison 2012-2013 du Théâtre de l’Île. Près d’une vingtaine de citoyens-acteurs se partageaient la scène dans une fresque familiale particulièrement ambitieuse. Avec V comme canard, une production professionnelle, le registre est complètement différent. Comment avez-vous vécu cette transition plutôt radicale?

Magali Lemèle: «Pour La petite poule d’eau, l’horaire des répétitions s’étendait sur six mois. J’ai donc eu le temps de mijoter plus longuement les idées que j’avais envie de matérialiser. Compte tenu de mon automne chargé, il s’est avéré très utile d’hériter, pour V comme canard, d’une distribution chevronnée. Malgré les contraintes, nous avons eu, jusqu’ici, énormément de plaisir en salle de répétition. J’ajouterais que cette pièce a été tout aussi formatrice que les précédentes.»

Les comédiens qui donneront vie aux personnages de V comme canard (Dave Jenniss, Richard Léger, Anie Richer et Maxine Turcotte) sont des figures connues du milieu théâtral de la région. De Boeing Boeing à Feu la mère de madame et Un bain de ménage, en passant par Gino… le dernier morceau d’amour, plusieurs productions ont pu compter sur leur participation au cours des dernières années. Qu’est-ce qui vous a poussée à les réunir pour la présente aventure?

«Je dirais, tout simplement, que je me suis entourée de gens que j’aime. C’est vrai! On s’adorait avant de prendre une pause pour les Fêtes et, franchement, on s’adore encore! La pièce se concentre sur une famille. Elle comporte deux parents, leur fils, ainsi que la conjointe de ce dernier. C’était essentiel que le public puisse ressentir une complicité entre les comédiens. De plus, pour être bien huilée, la dynamique d’une comédie de situation repose sur l’absence de gêne, la répartie, et la générosité des interprètes. Les quatre comédiens remplissent ce mandat avec brio.»

Qu’est-ce qui se cache derrière le titre farfelu de cette pièce?

«Ah! Je ne peux pas tout dévoiler! Je dirai, cependant, qu’il s’agit d’une réflexion sur les jeux de perception qui encadrent nos conceptions de la vérité et du mensonge. Dans le premier acte, un homme, récemment retraité, tente par tous les moyens de convaincre sa femme, occupée à jongler avec comités et chorales, de passer plus de temps avec lui. Dans le deuxième acte, les rôles sont en quelque sorte inversés. L’auteur, Pierre-Yves Lemieux, s’est amusé avec ces deux perspectives pour créer des situations assez extrêmes!»

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