En plein cœur de la sixième édition du Festival de théâtre de rue de Lachine, le codirecteur artistique Rémi-Pierre Paquin mesure le chemin parcouru et s’inquiète du plafonnement de cette discipline artistique dans la Belle Province.

Depuis 15 ans, les artistes québécois s’adonnant au théâtre de rue se sont multipliés. «L’ennui, dit Rémi-Pierre Paquin, c’est que la diffusion ne répond pas à cette effervescence créative. Juste pour rire n’en programme presque plus, et le marché des régions s’est réduit comme peau de chagrin.»

Avec son comparse Philippe Gauthier, il tient le fort. Leur festival est l’un des seuls événements québécois à se consacrer au genre, avec le mini-festival La rue Kitétonne, dans Rosemont, et le volet des arts de la rue du Festival d’été de Québec. C’est minime, si l’on se compare à l’Europe, et particulièrement au festival La Plage des Six Pompes (en Suisse) ou aux incontournables festivals d’Aurillac et de Chalon, en France.

«Pour nous, dit-il, Chalon est une grande inspiration, parce que son identité est mieux définie qu’Aurillac, dont la programmation est un foutoir. On se différencie toutefois de Chalon dans le rapport très privilégié qu’on a avec les gens du quartier, mais aussi par le travail qu’on fait avec les artistes pour les inciter à adapter leurs spectacles dans des lieux auxquels ils n’auraient pas eux-mêmes pensé.»

Intégrer le théâtre dans le tissu urbain, au cœur de la vie de communauté, c’est la priorité de Paquin, qui insistera là-dessus à plusieurs reprises. «On est enracinés, proches du monde, précise-t-il, mais on demeure alertes par rapport à l’ailleurs et à l’avant-garde; on surveille les artistes aux démarches les plus pointues.»

Il se plaît à observer le public «pas du tout homogène» du festival et à dénicher de nouveaux lieux pour ses artistes. Mais le festival pourrait agir sur de nombreux fronts s’il n’était pas condamné à la pauvreté. «D’un point de vue esthétique, le théâtre de rue a beaucoup évolué au Québec récemment. Mais il faudrait développer une expertise en théâtre événementiel et pouvoir travailler à des projets d’envergure. On est en retard sur le reste du monde.»

En manque de reconnaissance, le milieu des arts de la rue crie de plus en plus fort son désarroi. «Il faudrait bien que nous soit accordée l’attention méritée, dit Paquin, parce qu’on joue un rôle important auprès d’un public de non-initiés au théâtre.» Voilà qui est dit.

Le festival de théâtre de rue de Lachine se tient du 15 au 17 août. theatrederue.com

 

À lire aussi : Rémi-Pierre Paquin commente cinq spectacles à voir au festival

 

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