11 novembre 2012 22h51 · Simon Arès
Dans le dernier billet :
(Aussi, pour calmer ses démons, Melbourne a l’excellente idée de lire en page huit l’histoire pourtant vraie de ces deux frères partis pêcher la truite un jour de brume. Ils n’ont jamais trouvé de truite, ni de lac. Ils ont dû prendre la route à droite au lieu d’à gauche. Le plus gros des deux ne s’en est pas sorti.)
Pentium
Entrée 1
De retour à Melbourne, trente minutes sont passées déjà quand sa mère cogne à la porte, demandant s’il y a lieu de rejoindre le médecin d’urgence. Comme ramené de force à l’odorante réalité des toilettes, Melbourne tousse une sorte de «non» proche du meuglement bovin, puis sort humer l’air pur.
Dans la maison flotte le fumet d’un plat dont seule une mère a le secret; le moyen sûr de ravigoter quiconque après tant d’aventures. Or avant d’aller zieuter ce qui se trame en cuisine, il convient de mettre une tenue moins souillée, le respect d’un fils pour sa mère passe avant tout par là.
Melbourne enfile donc des habits neufs et, ce faisant, tire de sa poche l’enveloppe sur laquelle est scotché Glenn Gould; geste impulsif, désastreux, qui a pour effet de précipiter l’inévitable révélation de ce qui jusqu’alors lui avait échappé : le nom de son père au centre de l’enveloppe.
À suivre.








