L’Action terroriste socialement acceptable vise dans le mille avec la thématique derrière la deuxième édition de Fin novembre, son nouvel événement caritatif et culturel qui se tient au parc Émilie-Gamelin: quel est l’ADN de la place publique?

Pour Annie Roy, cofondatrice de l’ATSA, le génome du fameux quadrilatère est double. "Elle a un ADN assurément à gauche: à la fois humanitaire et contestataire."

Bien avant que Roy, son partenaire Pierre Allard et leurs collaborateurs n’investissent la place avec État d’urgence et Fin novembre, leurs happenings culturels et socialement responsables, Émilie Gamelin fondait – en 1844 – le premier chapitre des Soeurs de la Providence devant ce qui allait devenir "son" parc, rue Sainte-Catherine. "C’était une femme courageuse, mais aussi une entrepreneure. Une soeur de formation qui pouvait aussi contrecarrer l’Église en rencontrant des patriotes en catimini pour leur donner des nouvelles de leurs femmes et enfants. Selon moi, elle aurait porté le carré rouge!" ajoute-t-elle, sourire aux lèvres.

"Une place belle et triste"

C’est aussi par ces mots qu’Annie Roy qualifie le parc Émilie-Gamelin. Belle, car – depuis toujours – les étudiants, punks et autres indignés s’y rassemblent spontanément pour contester. Triste, car – selon la cofondatrice de l’ATSA – le tissu social s’effiloche alors que le portrait de l’itinérance, lui, tient davantage du panorama.

"Ce n’est plus une problématique strictement montréalaise, explique-t-elle. L’écho d’organismes avec lesquels nous sommes en contact rapporte qu’on retrouve de plus en plus d’itinérants en région, alors qu’à Montréal, on constate que des baby-boomers – des gens qui ont vécu dans un certain luxe – se retrouvent aussi à la rue du jour au lendemain!"

Un constat qui touche Roy, bien sûr, mais qui la laisse aussi perplexe. "Je suis partagée, lance-t-elle. D’un côté, je veux que le gouvernement s’engage autant, sinon plus – et la promesse d’une politique sur l’itinérance faite par le gouvernement actuel augure bien -, mais la responsabilité revient aussi à chacun d’entre nous afin d’éviter que nos proches tombent sans filet."

Dehors novembre

Version "allégée" d’État d’urgence, coulé en 2010 par les coupures du gouvernement Harper (on se rappellera que le ministre Moore avait pris à partie le groupe en Chambre, lui reprochant l’emploi du terme "terroriste"), Fin novembre a été créé l’année dernière en partie grâce à l’appui des partenaires, collaborateurs et bénévoles gravitant autour de l’ATSA. "Après la dernière édition d’État d’urgence, on nous demandait ce qui allait se passer, ce qu’on allait organiser, etc. Bien qu’on se doutait qu’on ne pourrait pas revenir avec un événement aussi gros, on se disait qu’on ne pouvait pas lâcher, confie Roy. On s’est donc attelé à un événement toujours axé sur la convivialité et l’entraide concrète, mais qui serait recentré sur une création de l’ATSA."

Comme certaines installations et activités l’indiquent, le fameux Printemps érable a grandement inspiré la deuxième édition de Fin novembre. "Enfin, on s’est décloisonné! Enfin, nous sommes sortis dehors!" s’exclame Roy en revenant sur la crise étudiante. "Ça aura aussi permis aux familles de parler d’autre chose que du hockey. On ne pouvait plus demeurer indifférent au "politique", ce fameux sujet tabou. Il fallait choisir un camp et ça a mené à plusieurs grandes discussions autour des tables à manger partout dans la province. Comme la place publique, ça nous a permis de nous connecter les uns aux autres", conclut-elle.

Parmi les événements de Fin novembre, on retrouve la Soirée rouge, une conférence-fleuve réunissant plusieurs acteurs du Printemps érable (Gabriel Nadeau-Dubois, Dominic Champagne et Geneviève Rochette, notamment).

Du 16 au 25 novembre
À la place Émilie-Gamelin
www.atsa.qc.ca

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