25 décembre 2012 23h48 · Stéphanie Alcaraz Robinson
« Tellement décevant »
C’est ce que je me suis dit lorsque j’ai terminé le troisième bouquin de la série d’E. L. James « Fifty Shades of Grey ». (Cinquante nuances de Grey en français, dont le premier tome figure depuis quelques semaines en numéro un sur les listes de ventes de Renaud Bray et Archambault)
Bon, déjà au quart du premier livre, je n’étais pas impressionnée. L’écriture est modeste, les répétitions — de mots, d’expressions et de phrases — sont constantes et franchement, je n’ai pas trouvé cela original. D’accord. On ne parle pas souvent de sadomasochisme et des relations« maître et esclave ». L’idée fondamentale est intéressante. Mais l’histoire en soi n’est pas géniale.
J’ai tout de même persévéré. Un, pour l’espoir d’y trouver une certaine satisfaction littéraire. Deux, parce que je voulais comprendre ce qui avait fait que ce livre un succès phénoménal.
Je suis demeurée sur mon appétit en ce qui concerne l’espoir. Ma réponse à la deuxième question demeure ce qui a été ma première impression: c’est un sujet tabou. La relation entre le maître, un millionnaire puissant et beau bonhomme du nom de Grey et sa nouvelle esclave, une jeune femme impressionnable, naïve et adorant la littérature se nommant Anastasia Steele, sort de l’ordinaire. Par contre, même si la relation racontée dans le livre sort de l’ordinaire comparativement aux couples « normaux», les mots utilisés par l’auteure ne sont pas toujours bien choisis, et comme je l’ai déjà mentionné, les répétitions sont lassantes.
Mais à part les scènes de cul qui diffère des histoires américaines à l’eau de rose, je trouve que ce livre n’est pas tellement loin des fameux Harlequins qui étaient si populaires dans les années 80. J’imagine qu’on est devenu blasé du sempiternel « homme rencontre femme, homme tombe amoureux de la femme et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps ». J’ai été moi-même nourrie à la pelletée des histoires de Walt Disney, où l’amour conquiert tout. Franchement, les contes de fées, ça fait longtemps que je n’y crois plus.
Est-ce un reflet de notre génération? L’amour n’est plus suffisant pour nous faire rêver… Le sexe, devenu un outil marketing solide, fait vendre plus qu’il ne fait jouir?
Je ne révélerai pas le punch pour ceux qui lisent la série. Mais faut se le dire: cette romantico-porno ne diffère pas beaucoup des contes de
fées de Walt Disney… Ce qui me remet mon paradoxe en pleine face. On lit ce livre pour faire changement, mais finalement, ça ne change pas tellement… Le public cible est sûrement le même: les femmes en recherche d’érotisme, de piquant, ou simplement de rêvasseries.
Pour ceux qui sont en couple, on peut tout de même dénicher certains trucs qui réussiront du piquant dans la couchette. Ça ne me surprend d’ailleurs pas que les ventes dans les boutiques de sexe aient augmenté suite à la parution de ce livre.
Maintenant que l’on annonce un film tiré du livre, je me demande sincèrement comment ils pourront ne pas faire dans la porno. Mais bon, on verra bien.
De mon côté, je n’aurai aucun problème à passer à autre chose. Je reste tout de même déçue: avec un tel sujet, on aurait pu écrire mieux.
Mais alors… qui suis-je pour critiquer?









Je suis assez d’accord, je mets en lien ma critique du livre écrite cet été pour mon blog
Quand je parlais de critiques qui avait fait mieux que moi, vous en êtes l’incarnation! Je l’ai adoré. Merci!
Je trouve que tu es toi pour critiquer, ce qui est amplement suffisant d’après moi. Une critique réfléchie qui va au-delà de la littérature en tant que telle. Qui soulève les quatrième de couverture et n’y voit pas que des mots enlignés qui ont eu du succès. Qui se positionne face à un livre.
Merci Venise!
Stéphanie, je te trouve courageuse d’avoir passé à travers ce livre imbuvable… Mais n’est-ce pas là le sacrifice du critique?
À plus
Les 3 tomes de la série en anglais… plus jamais!!!