Chu pas raciste

25 septembre 2007 17h01 · Steve Proulx

Vous savez quoi, je ne suis PLUS CAPABLE d'entendre des gens d'un peu partout prendre le crachoir et commencer leur phrase par: "Je suis pas raciste, mais…"

Ça fait tellement longtemps…

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  • 26 septembre 2007 · 10h36 Annie Beaulieu

    Moi, c’est les phrases du genre : « Je suis pas raciste, j’ai un ami noir et il m’a apporté des prunes la semaine dernière. » (Ça c’est ce que le docteur Mailloux avait dit à Tout le monde en parle lors de sa fameuse présence à l’émission) ou encore : « Je suis pas sexiste, j’aime ma femme pis mes filles. » Je ne sais pas encore trop pourquoi je déteste autant ces phrases-là.

    Je n’ai pas d’explication vraiment claire, mais selon moi, il est possible pour quelqu’un de raciste d’apprécier une personne malgré le fait qu’elle soit noire. Alors le fait que son ami soit noir ne prouve pas qu’il n’est pas raciste. (Je ne dis pas ici que le docteur Mailloux est nécessairement raciste, je dis seulement que je déteste la formulation de sa défense.)

    Selon moi, une personne qui n’est pas raciste n’a pas besoin de se justifier verbalement parce que ses gestes le prouvent d’eux-mêmes.

  • 26 septembre 2007 · 11h19 Jean-Serge Baribeau

    Je suis d’accord avec le court billet de Steve Proulx, lequel est bien épaulé par les images qui accompagnent ce billet. J’ai aussi apprécié le commentaire d’Annie Beaulieu. Elle a, me semble-t-il, totalement raison.

    Mais je crois qu’il faut distinguer deux situations.

    La première de ces situations: celle dans laquelle une personne se dit non sexiste et non raciste, tout en se préparant à tenir un discours profondément raciste et éminemment sexiste. Cela vaut en ce qui concerne les attitudes vis-à-vis des assistés sociaux, des gays et lesbiennes, des pauvres et de toute une impressionnante brochette de groupes sociaux.

    La deuxième de ces situations: celle dans laquelle une personne propose une analyse nuancée et étoffée concernant les divers groupes visés, raciaux, ethniques, «sexuels», ou autres. Ce que je veux signifier, c’est que je pense qu’une personne qui n’est pas homophobe peut analyser, même sévèrement, les comportements de certains représentants de la communauté homosexuelle. Par exemple, je pose la question suivante: est-ce de l’homophobie que de ne pas accepter d’emblée le mariage entre conjoints du même sexe? Est-ce de l’homophobie que de s’interroger sur la pertinence de l’adoption d’enfants par des homosexuels? Si c’est là de l’homophobie, alors de nombreux gays sont homophobes. Car de nombreux gays, peut-être majoritaires, sont opposés au mariage et à l’adoption.

    Et une personne qui n’est pas misogyne peut-elle, malgré tout, s’interroger sur certaines attitudes de certaines féministes.

    En fait, si le racisme, le sexisme et l’homophobie m’ennuient et me peinent, j’ai aussi beaucoup de difficulté à accepter le politiquement correct, la «correctitude» politique.

    Mais n’empêche: l’interlocutrice de Mongrain véhicule un racisme total, pour ne pas dire totalitaire!

    JSB (qui déteste le politiquement correct)

  • 28 septembre 2007 · 02h27 Renaud Séguin

    Bien des gens aiment à déclarer qu’il détestent la langue de bois ou le « politiquement correct ». Cependant, je trouve toujours ironique que plusieurs de ces mêmes personnes déchirent leur chemise et crient au mépris lorsque l’on ose déclarer une opinion qui leur déplaît dans des termes qui sortent justement du politiquement correct. Pour prendre un exemple connu, plein de gens ont crié au mépris alors que Gérard Bouchard déclarait que ceux et celle qui ne s’informaient que par TVA et TQS avaient une vision faussée des débats sur les relations inter-ethniques. Pourtant, je suis sûr que plusieurs de ces gens répètent à coeur de jour qu’ils sont contre le « politiquement correct ». Je suis prêt
    à dire que la rectitude politique de l’un, c’est le simple respect selon l’autre. Bien des gens sont tout à fait d’accord avec l’idée que ce ne sont pas toutes les opinions qui sont valables mais elles d’insurgent quand on leur déclare que leur opinion ne l’est pas. Lorsque l’on déclare à Monsieur Y que Monsieur x est un incompétent, nous sommes rafraichissants et nous nions la langue de bois. Dites plutôt à Monsieur Y qu’il est lui-même un incapable et vous lui manquerez de respect. En somme, tout le monde est contre le politiquement correct tant que ce dernier ne le protège pas directement.

  • 29 septembre 2007 · 10h24 Jean-Serge Baribeau

    Monsieur Renaud Séguin a raison dans une large mesure. Il n’est pas facile de tracer une ligne claire et non ambiguë entre le politiquement correct et le respect des autres. En matière humaine et sociologique, trancher de manière trop draconienne peut rapetisser la pensée.

    Mais il n’en demeure pas moins que la «correctitude» politique (le politiquement correct) exite bel et bien. Le PC, c’est le respect démesuré et exagéré de certains groupes «opprimés» et, indirectement, c’est la haine, parfois un peu dissimulée, de ceux qui font partie des diverses majorités. Le politiquement correct, c’est une tentative maladroite faite dans le but de contrer certains préjugés grossiers et intolérables, préjugés concernant les femmes, les homosexuels, les immigrés, les «étrangers», les démunis et les «mal-pris». Le PC, c’est une réponse maladroite et un peu niaise qui inverse les amours et les haines plutôt que de proposer une autre approche, plus nuancée et plus analytique. On peut fort bien valoriser les gays et lesbiennes sans que cela conduise nécessirement à la haine des «straights». Le féminisme n’est pas obligé, de par sa nature profonde, de véhiculer la haine des mâles.

    Je sais que je m’exprime d’une manière qui est loin d’être limpide et claire. Mais je maintiens que le politiquement correct existe et qu’il est basé sur un ensemble d’attitudes toxiques et méprisantes (de manière camouflée).

    L’important, c’est de développer des esprits libres, indépendants et analytiques!!!

    JSB

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  • Steve Proulx
    Je suis auteur, chroniqueur et journaliste indépendant depuis 2000. Depuis 2004, je signe la chronique « Médias » dans l’hebdomadaire Voir. J'ai publié quatre ouvrages: -Boycott en 2003 (Les Intouchables) -Les saisons du parc Belmont en 2005 (Libre Expression) -L’opération Passe-Partout en 2007 (Trécarré). -S'amuser au masculin en 2008 (Les Intouchables) -La série de romans Le Cratère Cet automne, je fais aussi chroniqueur-reporter à l'émission La vie en vert (à Télé-Québec, les mercredis 19h).

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