Bon souverainiste, bad separatist

4 décembre 2008 10h07 · Steve Proulx

Les experts ont noté hier que le seul mot qui était différent dans la version anglaise du discours à la nation était « souverainiste », traduit par « separatist ».

Pourtant, le terme « Sovereigntist » existe dans la langue de Shakespeare.

On l’utilise pour parler du désir du Québec d’être souverain par rapport au Canada, ou de la France de l’Union européenne.

Alors qu’en anglais, le terme « separatist » possède un sens péjoratif. On peut dire « white separatist » (ou ségrégationniste) : un tenant de la séparation sociale des races.

Bref, que Harper ait décidé de parler de « souverainistes » en français et de « séparatistes » en anglais n’a absolument rien d’anodin. C’est un double discours… d’un mot!

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  • 4 décembre 2008 · 10h52 Jean-Claude Bourbonnais

    A aucun moment dans son discours Stephen Harper n’a comparé Duceppe à Hitler
    Donc Harper 1, les « séparatistes » 0
    Et la game est même pas encore commencée…

  • 4 décembre 2008 · 11h34 Olivier Légaré

    Sur la même lancée: avec la reconnaissance de la nation québécoise, serait-il plus juste de parler de discours «aux» nations?

    Sinon, suis-je le seul à avoir remarqué que le discours de Stéphane Dion était diffusé sur toutes les chaînes généralistes francophones (à l’exception de Télé-Québec), mais sur aucune chaîne anglophone? Est-ce que c’était la même chose pour le discours à la/aux (premières) nation(s)?

  • 4 décembre 2008 · 12h14 Émanuel Champagne

    Stephen Haper manque autant de vocabulaire que de crédibilité, hélàs.

    La Gouverneure Générale devrait le plus rapidement possible le démettre de ses fonctions, puisqu’il ne peut de toute évidence apporter aucun indice permettant de croire qu’il serait prêt à travailler avec adversaires pour régler la, oups LES crises.

  • 4 décembre 2008 · 12h53 Steve Boudrias

    Si ça continue comme ça, Stephen Harper, à force de multiplier les dialogues divergents envers toutes les nations du Canada va finir par terminer sa carrière politique en s’adressant aux Nations Unies…

    Le message de Stéphane Dion prouve hors de tout doute possible qu’il s’agit là du politicien le moins bien entouré et, surtout, le moins bien soutenu par le parti de Wilfrid Laurier, Lester B. Pearson et Trudeau.

    Une vraie honte ! Pas le message brouillon… le Parti Libéral du Canada au grand complet.

    Et dire que j’ai milité pour ces gens-là en plein scandale des commandites… enfin, juste assez pour ne plus jamais avoir le goût de VOIR le fonctionnement interne de cette bande de bouffons même pas comiques !

    Anyway, c’est normal… c’est la vie qui va et l’histoire qui revient.

    Lorsque Jean Charest, Stéphane Dion et Jack Layton devienne l’espace d’une année des nationalistes Québécois (en oubliant les vices cachés du fédéralisme enculatif et la ratatouillle du progrès lénifiant), on ne peut pas être surpris de ce genre de résultat désastreux…

    dans
    la
    plus
    merveilleuse
    démocratie
    possible
    au monde…

    Christmas, help me please !

    Send US an angel or something !

  • 4 décembre 2008 · 12h57 Jean-Pierre Dubé

    M. Légaré : « Sur la même lancée: avec la reconnaissance de la nation québécoise, serait-il plus juste de parler de discours «aux» nations?  »

    En effet. Le CAnada n’est-il pas « multinational » depuis Trudeau ? Coup donc, c’est quoi déjà le Canada ?!?

    Hmm… ça sent la crise constitutionnelle… perpétuelle. Que les psys qui ont mis le Québec sur le divan fassent la même chose avec le Canada…

  • 4 décembre 2008 · 13h15 Steve Boudrias

    @ monsieur Dubé

    La plus belle insulte qu’on a jamais fait au Québec et au Québécois, c’est justement de faire croire à la population que sa déroute, son indécision et sa recherche « lente et patiente » vers le rappatriement démocratique de la terre de leurs ancêtres (parlant aussi bien français de France qu’un anglais écossais ou irlandais) était le signe d’une honteuse et inexplicable ambivalence.

    Un peu comme lorsqu’on essaie de faire croire à la victime d’un crime de lèse-majesté que, finalement, cette « victime » l’avait bien chercher sa correction publique, son redressement politique et sa punition expéditive dans un prison à ciel ouvert qui s’appelle l’Australie, par exemple…

    Mais raconte-t-on encore l’histoire de ces hommes ayant évité la pendaison (non par grâce ou tolérance mensongère) mais parce qu’ils portaient en eux le germe insubmersible d’une liberté navigante ne souffrrant aucune limite imposée

    par l’Église catholique ;
    par l’État britannique ;
    par la peur d’être un citoyen de seconde zone sur la terre que lui-même et son père et son père avant lui avait bien pris soin, comme de leur langue et de leurs lois bien françaises, de cultiver comme on cultive un champ : en y laissant rien au hasard tout en respectant les seules lois incontournables et respectables en ce monde : celle de la Nature elle-même (dans son hostilité uniquement apparente) et celle de la Nature humaine (dans toute son imperfection temporaire et changeante).

  • 4 décembre 2008 · 17h00 Jean-Claude Bourbonnais

    En 1967, Jacques Parizeau vit la lumière! Parti en train vers l’ouest canadien en mission économique pour le Québec, Monsieur s’aperçut en descendant du train à Vancouver qu’un abime culturel et économique faisaient de lui un parfait étranger dans un pays qui n’était plus le sien. On connaît la suite.
    Parizeau vient de se prononcer en faveur de la coalition anti-Harper. Parfait.Il serait tout de même intéressant que Parizeau refasse le même voyage, juste pour voir si la donne n’a pas changé depuis quarante ans, à savoir que c’est maintenant l’Ouest qui est un pays totalement incompatible avec le Canada. Dieu sait alors quelle lumière s’allumerait dans le cerveau de ce grand serviteur de l’État! Peut-être le reverrions-nous revenir de façon tout à fait inattendue en politique, tiens, comme ministre des Finances dans un futur gouvernement Harper. Le billet de train de monsieur Parizeau vers Vancouver serait bien sûr pour un aller seulement!

  • 4 décembre 2008 · 17h52 anonymous

    Pingback depuis La linguistique, un sujet d???actualit??? « La langue sale et ses travers

  • 5 décembre 2008 · 13h30 Steve Boudrias

    @ Jean-Claude Bourbonnais

    Monsieur, je respecte en tous points votre point de vue concernant Jacques Parizeau sauf que je crois qu’il apercevrait un autre type de lumière aujourd’hui s’il refesait un autre voyage en train dans l’Ouest canadien.

    Sauf que ça ne le convaincrait toujours pas de la non-pertinence de son option souverainiste.

    Toutefois, permettez-moi de vous rappeler ceci : si Gilles Duceppe avait appuyé Stephen Harper, cela aurait été complètement dans le sens contraire de la logique du dernier scrutin puisque le Bloc s’est présenté comme étant un obstacle à la majorité des Conservateurs.

    Ainsi, en appuyant les Conservateurs (peu importe la façon et en allant chercher quoique ce soit pour le Québec en jouant le jeu de la fédération dysfonctionnelle), le Bloc aurait justement défait son mandat.

    Ce qui aurait été bien plus révoltant que la coallition actuelle avec deux autres chefs originaires du Québec : Jack Layton et Stéphane Dion.

  • 5 décembre 2008 · 22h37 Jean-Pierre Dubé

    @ Bourbonnais

    Quand M. Parizeau appuie la coalition, c’est de la stratégie politique, que ça.

    Le Bloc Québécois s’alliait aux Conservateurs pour défaire les Libéraux. Maintenant, les Bloquistes s’allient aux Libéraux pour défaire les Conservateurs. De la politique as usual…

    Le Dion est un agent double anyway… voilà pourquoi le Duceppe n’a pas peur de lui !

    « Je suis un nationaliste québécois.  » – Stéphane Dion… qui pourrait très bien être aussi indépendantiste québécois… malgré ses beaux discours sur l’unité du Canada !

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Steve Proulx
Je suis auteur, chroniqueur et journaliste indépendant depuis 2000. Depuis 2004, je signe la chronique « Médias » dans l’hebdomadaire Voir. J'ai publié quatre ouvrages: -Boycott en 2003 (Les Intouchables) -Les saisons du parc Belmont en 2005 (Libre Expression) -L’opération Passe-Partout en 2007 (Trécarré). -S'amuser au masculin en 2008 (Les Intouchables) -La série de romans Le Cratère Cet automne, je fais aussi chroniqueur-reporter à l'émission La vie en vert (à Télé-Québec, les mercredis 19h).

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