31 octobre 2012 12h30 · Usine C

Crédit photo : Simon Couturier
Grand singe est la première des trois pièces de Nicolas Cantin présentée dans le cadre de Trois romances. Cette pièce pour deux personnes est notre porte d’entrée dans l’œuvre de Nicolas. D’abord créée en 2009 et présentée à Tangente, Grand singe réunit sur scène Anne Thériault et Stéphane Gladyszewski. Qui sont ces deux interprètes ?
Anne, c’est un mélange de cinéma et de danse. Après les études en cinéma, s’ajoute les études en danse à l’UQAM d’abord, puis à LADMMI. Et puis, elle danse pour des chorégraphes reconnu-es; Marie Béland, Danièle Desnoyers, Emmanuel Jouthe, Benoît Lachambre, Jean-Sébastien Lourdais, Dave St-Pierre et Lynda Gaudreau. Parallèlement à son rôle d’interprète, elle s’engage dans la création :
2008 – Derrière le rideau, il fait peut-être nuit avec le compositeur Martin Messier
2009 – La physique qui témoigne de son approche chorégraphique singulière
Anne trouve un espace de création fertile au sein du collectif de La 2e porte à gauche et Le P .I.Q.U.A.N.T. Elle crée aussi POP, une autre œuvre sous le signe de la collaboration avec cinq complices : Frédérick Gravel, Dana Michel, Simon-Xavier Lefebvre, Louis Bouvier et Dave St-Pierre présentée dans le cadre de Montréal en lumière 2011. 2011, c’est aussi l’année d’une petite escapade du côté de la musique pop, elle signe la chorégraphie du vidéoclip Gumshoe de Misteur Valaire.
Stéphane, l’interprète multidisciplinaire. Des études en photos qui le mènent ensuite aux arts plastiques (UQAM), puis aux arts interdisciplinaires (Concordia). La danse vient plus tard et l’initiation passe par le contact improvisation. Une part de hasard et de défi le pousse vers une audition chez Daniel Léveillé Nouvelle Danse en 2004. Il sera de la trilogie Amour, acide et noix, La pudeur des icebergs et Crépuscule des océans. Il y aura aussi son travail auprès de la chorégraphe Hinda Essadiqui et de la compagnie Mia Maure Danse.
La multidisciplinarité de son approche s’affirme dans ses projets personnels :
2002 – Ov, une installation optique pour le Projet Provo
2003 – In Side, une performance intégrant l’image vidéo
2005 – Aura, une œuvre qui intègre vidéo, corps, mouvement matière et son présentée à Tangente et au FTA
2008 – Corps noir, un œuvre qui continue d’explorer le corps en intégrant les technologies, à la fois performance, danse et théâtre
2012 – Tête-â-Tête, créée au Festival Temps d’Image en avril, une performance pour un unique spectateur qui conjugue corps, image et technologie
Entretien express avec nos deux interprètes
Rencontré-es lors des répétitions, Anne et Stéphane se sont prêté-es au jeu d’un « questions –réponses » sur le coin de la table.
Qu’est-ce que le terme romance évoque pour vous ?
Anne – Une histoire, une histoire fantastique. Fantastique au sens où cette histoire n’est pas concrète. Une histoire fantastique, c’est une histoire qui n’est pas nécessairement réelle. Une romance ça peut être de l’ordre de l’irréel, ça peut avoir lieu uniquement dans notre tête.
Stéphane – C’est plus qu’un flirt. Il y a un attachement qui se crée. Une intimité profonde, une intimité en dessous de la peau.
Quel point commun y a-t-il entre vous et un singe ?
Anne – Le premier geste. Le geste naïf, celui qui n’est pas social. Le premier abord.
Stéphane – Le poil ! Une certaine innocence dans le regard. Les yeux du singe. Il est innocent le singe.
Anne – Un certain humour aussi. Le singe est rieur.
Que diriez-vous de Nicolas Cantin (qu’il ne dirait probablement pas lui même) ?
Stéphane – Il ne parle pas beaucoup à ses interprètes.
Anne – Un gentleman.
Stéphane - Il nous approche avec une certaine pudeur… Il est cachotier … Drôle aussi. C’est un ami.
Anne – C’est un clown.
Un clown triste ou un clown joyeux ?
Anne – Dans le mot clown on retrouve déjà tout le joyeux, mais il y a un côté de tristesse aussi qui est présent. Dans Grand singe, il y a de la clownerie, mais de la tristesse également … Non, Nicolas, c’est juste un clown point.
Stéphane – Oui, tout est là.
Fin.















