26 février 2013 12h17 · Usine C
2012; année des grandes manifestations étudiantes, année de mobilisation populaire contre l’exploitation des gaz de schiste et des plates-formes pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent, année où les casseroles sont sorties des cuisines pour faire retentir la colère de plusieurs.
En 2012, on aura parlé de droit de grève et de manifestation, de désobéissance civile, d’environnement, de corruption, d’accès à l’éducation. On aura aussi réfléchi à la société qu’on souhaite et on n’aura pas réussi à s’entendre, mais on aura éveillé quelque chose comme une conscience politique chez plusieurs d’entre nous.
En 2012, on aura aussi souligné l’anniversaire d’un philosophe décédé à l’âge de 45 ans, Henry David Thoreau. Environnementaliste avant l’heure, antiesclavagiste, père du concept de désobéissance civile; 150 ans après sa mort, ses préoccupations sont toujours aussi actuelles et sa voix toujours aussi pertinente. Pas étonnant que Denis Lavalou ait choisi de faire revivre sur scène Henry David Thoreau dans une toute nouvelle création du Théâtre Complice.
Une rencontre riche entre l’auteur, metteur en scène et comédien et le philosophe disparu : qui est le Thoreau de Denis Lavalou?
« Il y a longtemps que nous nous fréquentons, mais depuis plus de deux ans maintenant, j’ai l’impression de m’être fait un véritable ami – disparu il y a cent cinquante ans et pourtant plus présent, actuel et pertinent que jamais. Je partage ses rêves, ses promenades — ou plutôt ses expéditions — ses coups de gueule et ses émerveillements. Il peut tout faire, tout dire, tout écrire, tout penser, il obtient toujours mon approbation, il me contamine, même si, par moments, je le trouve un peu pointilleux dans ses descriptions si extraordinairement précises, et aussi excessif et parfois de mauvaise foi. On ne peut pas être totalement de “mauvaise foi” quand on croit, comme lui, en la nature qui a façonné les êtres humains et qui aura gain de cause, quoi que l’on fasse, sur sa créature et ses malversations. Ainsi, la sagesse de Thoreau sait vivre au présent et dépasser les contingences et les chagrins. Elle se renouvèle à chaque aurore. Elle n’est ni facile ni complaisante et se résume en trois mots : liberté, justice et conscience pour tous et pour chacun. Elle nous pousse à la réflexion et à la prise de position. Elle nous rend intelligent – ou plutôt nous rend à notre intelligence et avec elle – et avec lui – je continue d’espérer que nous sommes et demeurerons capables d’élever nos vies par un effort conscient. » — Denis Lavalou
« Nos amis sont de la même famille que nous, appartiennent à la même espèce;
Il y a très peu de gens de notre espèce sur la terre. » — H.D. Thoreau

















voir un marriage de l’art et le sentiment profond de la vie de Thoreau c’est de partager la richesse au fond. plus que jamais pertinent sur la realite au Quebec. j’ai hate de le voir!
Que je me fie à la description de l’oeuvre, à la biographie du philosophe, au court mais attrayant extrait et sans oublier à la présence de Marcel Pomerlo, comédien que j’apprécie particulièrement, « il faut que j’y sois ».
L’histoire se poursuit et se répète, il n’en reste qu’à nous à écouter les sages d’aujourd’hui ou d’antan et qui sait d’en tenir compte.
Les propos de Lavalou sont tout aussi inspirants que ceux de Thoreau, il y a plus d’un siècle. Je souhaite aller au rendez-vous de cette rencontre…
Les jeunes, les étudiants, les carrés rouges ont l’impression d’avoir perdu leur cause. Je réponds non. On avance toujours! On a réfléchit. Certains se sont mobilisés et d’autres ont bouché leurs oreilles, mais tous ont prit position et c’est l’ensemble qui avance. On ne peut obtenir un changement radical en si peu de temps, mais plusieurs en ont rêvé. Rien n’est vraiment terminé. La cause la plus noble à adhérer est bien celle de la liberté d’expression ou de prise de conscience, mais la liberté!