Shafia, Turcotte, même délire.

27 janvier 2012 15h55 · Véronique Robert

Aphorismes du vendredi

Quand un jury condamne, il est compétent, prend la bonne décision et l’institution même du jury est saluée ;

Quand un jury acquitte, ou déclare non criminellement responsable,

il était composé d’imbéciles et de gens inaptes à assumer la fonction qui, de toute manière, devrait disparaître.

Quand un juge condamne, ou impose une lourde peine, il fait bien son travail;

Si le même juge acquitte ou se montre clément sur sentence, c’est un mollusque.

Non mais vous rendez-vous compte de ce que vous dites?

 

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 2

  • 28 janvier 2012 · 06h14 jocelyne robert

    Et pourquoi ce même délire…?
    Il est faux de dire qu’il n’y a « absolument rien en commun » entre les histoires Shafia et Turcotte. En droit, peut-être qu’il n’y a aucun point commun.

    Mais plus largement, il y a au moins deux dénominateurs communs qui viennent exacerber et soulever l’indignation et la vindicte populaires:

    1. Les deux sont accusés du meurtre de leurs propres enfants
    2. Les deux ont, dans leur histoire, à des degrés différents, l’idée de l’honneur masculin (mâle ou patriarcal) bafoué.

    Cela ne justifie certes pas le délire. Mais cela peut aider à l’expliquer.. Le délire, on ne le souhaite à personne. Mais c’est humain.Soyons cléments l’égard des personnes délirantes. ;-)

  • 30 janvier 2012 · 11h22 Jocelyn Girard

    Merci à vous deux de nous faire partager vos discussions familiales! ;) Je trouve intéressant le point de vue que vous apportez, Jocelyne. Cependant, pour Turcotte, la vengeance s’est exercée sur des tiers, car ce ne sont pas les enfants qui « ont apporté le déshonneur » à Turcotte, mais plutôt son ex. Ce désir de vengeance est devenu une obsession si forte qu’il en a « perdu la tête », envisageant même de priver son ex de ce qu’elle avait de plus cher ET en se privant lui-même de ce qui pouvait lui apporter encore du bonheur. Dans un cas, on élimine des êtres innocents pour faire mal à l’autre qui est toujours vivante. Dans l’autre, on élimine des êtres innocents qu’on identifie au mal et dont seule la mort peut arrêter l’infamie. En ce qui me concerne, comme père de cinq enfants, je ne peux pas me résoudre à croire en toute sincérité que cet homme-là, Turcotte, n’était pas complètement hors de lui, devenu « inhumain », pour commettre un tel crime sur ses propres enfants qui n’avaient été en rien à l’origine du déferlement de sa haine. Il faut être dissocié psychiquement. Par contre, pour les Shafia, après le reportage de Michèle Ouimet (voir mon billet http://wp.me/p13VAY-mL ), je comprends mieux (sans jamais y consentir) la place de cette forme culturelle maladive d’honneur qui fait qu’on en arrive à vouloir punir jusqu’à la mort ceux qui la produisent.

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  • Véronique Robert
    Avocate de la défense, droit criminel. Un peu de carcéral. Pas du tout de pénal.

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