Acquitter un homme sans le croire

23 mars 2012 17h16 · Véronique Robert

Bernard Rambo Gauthier a été acquitté des accusations portées contre lui alors même que le juge a dit ne pas croire sa version des faits.

 

Photo: le Devoir

Et voilà que c’est reparti :  Maudite justice, les juges sont mous et tutti quanti.

On avait tous déjà compris, me semblait-il, que c’est la poursuite qui doit faire la preuve hors de tout doute raisonnable de la culpabilité de l’accusé, et non à l’accusé de convaincre le juge de son innocence.

Cette règle est sacrée parce qu’elle est nécessaire dans un État de droit, un État juridiquement sain.

Cette règle implique que, face à deux versions contradictoires, le juge doit faire le raisonnement suivant :

Si je crois l’accusé, je l’acquitte.

Si je ne le crois pas, je me demande si la poursuite a prouvé sa culpabilité hors de tout doute raisonnable et si elle ne l’a pas fait, je l’acquitte aussi.

Si je ne crois pas l’accusé, et que la Poursuite a fait la preuve hors de tout doute raisonnable de sa culpabilité, je le condamne.

C’est l’arrêt R. c. W.D de la Cour suprême du Canada.

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  • Véronique Robert
    Avocate de la défense, droit criminel. Un peu de carcéral. Pas du tout de pénal.

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