Le verdissement comestible: voilà le crédo d’Ismaël Hautecoeur, chargé de projet de Jardins sur les toits chez Alternatives. Mais justement, […]

Le verdissement comestible: voilà le crédo d’Ismaël Hautecoeur, chargé de projet de Jardins sur les toits chez Alternatives. Mais justement, il n’y a pas que sur les toitures que l’on peut cultiver son lopin. Et d’ailleurs, rares sont les duplex centenaires qui peuvent supporter un tel poids. "On encourage les gens à pratiquer l’agriculture urbaine sur leurs balcons aussi", explique Ismaël. Pour ce faire, Alternatives propose un modèle de bac de culture élaboré à partir de plastique recyclé, de pots de yogourt et autres matériaux simples qui, savamment amalgamés, deviennent une terreau fertile pour du jardinage à la fois écologique et économique. "Mais il ne faut pas penser qu’avec un ou deux bacs on va pouvoir se nourrir pour l’été", prévient l’architecte paysagiste et philosophe. "Le but, c’est vraiment d’initier les gens au jardinage, de développer chez eux le goût pour ce hobby. Et puis, la tomate que l’on cultive soi-même est tellement meilleure que celle qu’on achète à l’épicerie."

BACS CRÉATIFS, BACS PRODUCTIFS

Cela fait cinq ans que monsieur Hautecoeur et ses compatriotes imaginent un système de culture compact et portatif et qui permette une relative autonomie point de vue arrosage. C’est que l’organisme ne s’occupe pas que du verdissement de la métropole, mais aussi de développer des techniques qui puissent aider des communautés ailleurs dans le monde à cultiver malgré des contraintes d’espace, d’eau et de contamination des sols. Résultat? Les modèles de bacs proposés cette année constituent la énième génération de contenants encore plus performants. Selon Ismaël, on peut y loger facilement deux plants de tomates et des fines herbes.

Toute l’ingéniosité de ces constructions, dont on nous donne la recette sur le site Internet de l’organisme, repose sur le double-fond qui permet à l’eau de s’accumuler. "On a aussi perfectionné le système d’arrosage, qui se fait à travers un tuyau qui envoie l’eau directement dans le double-fond. Les plantes puisent ainsi l’eau par les racines, comme dans la nature. Ça a pour résultat de ne pas drainer tous les nutriments de la terre au fond du récipient." Pas fou! Et pour l’engrais? "Avec du bon compost, les plants seront très heureux." Pour ça, on se magne à l’Éco-quartier le plus près et on prévoit tout de même un peu de temps pour les explications, parce qu’il ne suffit pas pour composter de jeter tout ce qui est putrescible dans un trou au fond du jardin. Il y a quelques étapes toutes simples à respecter. Qui plus est, on arrivera à réduire nos déchets du tiers ou même de moitié.

VERDISSEMENT CONTAGIEUX

"Généralement, les gens commencent avec un ou deux bacs et l’année d’après, ils augmentent leur production", répond Ismaël lorsqu’on l’interroge sur le taux de satisfaction des agriculteurs "hors terre" en herbe et qui suivent ses judicieux conseils. "Tous les ans, nous organisons des concours. Les gens nous font parvenir des photos de leurs balcons, de leurs cours et de leurs toits. Certains arrivent à des résultats impressionnants", ajoute-t-il en nous montrant un escalier… entièrement vert! "C’est un modèle qu’on a élaboré. J’ai donné les grandes lignes de la recette sur notre site, et une personne l’a fait. Ce n’est pas évident. Il faut être très bricoleur."

Ceci dit, ça donne envie de se mettre à l’ouvrage et même de convaincre le voisinage de prendre part à notre délire. On s’imagine déjà mémérant de bon matin, une tasse de café dans une main, l’arrosoir dans l’autre, tout ça pour remettre de la vie sur nos chers balcons. D’autant plus que nos affreux sacs à ordures vont dégonfler avec notre nouvelle production de compost.

Jardins sur les toits
www.rooftopgardens.ca/fr/internationale

Éco-quartier
www.ville.montreal.qc.ca

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