Les stations de ski sont présentement envahies d’adeptes des sports de glisse. Certains s’y rendent pour la poudreuse, d’autres pour les rampes et les sauts, et d’autres pour l’après-ski plus que le sport en lui-même. En 2011, quels sont les profils de skieurs sur les pentes?

Le skieur épicurien

"Les stations de ski n’essaient plus de plaire absolument à tous les types de skieurs. Elles trouvent leur niche et misent sur leurs forces pour séduire le profil de skieur qui leur correspond", explique Luc Durand de BBR intelligence marketing, spécialiste de la question.

Le profil de skieur qui représente la plus grande part du marché, c’est manifestement l’épicurien. Au moins le quart des skieurs font partie de cette catégorie: pour eux, skier, c’est un événement social. L’épicurien n’est pas un skieur expérimenté, il ne recherche ni la qualité irréprochable des pistes, ni le prix le plus bas. Ce qui lui importe, c’est que la station soit trendy, qu’elle organise des événements et qu’on puisse y faire des rencontres. Certaines stations travaillent très fort pour plaire à cette clientèle, comme le Mont Saint-Sauveur où l’on organise des soirées de visionnement des matchs de hockey, des soirées de filles ou des jam nights avec DJ. Sur le site Internet, on remarque une section spas et restaurants où l’on suggère des adresses environnantes.

Les compagnies d’équipements sont elles aussi bien conscientes des différentes tendances en termes de clients. "Chez Nordica, on entame chaque saison en identifiant les profils de skieurs, pour ensuite concevoir des produits spécifiques à chacun", mentionne Jayson Pickford, directeur des ventes de la compagnie. Selon lui, c’est l’Amérique du Nord qui dicte les tendances en matière de ski. Les Européens sont plus classiques que les Canadiens ou les Américains qui exigent toujours des équipements plus spécialisés. Pour combler l’épicurien, c’est toutefois relativement simple. C’est le genre de personne qui va changer d’équipement quelques fois dans sa vie, mais pas chaque saison. Il veut tout de même un produit tendance. Le fabricant Nordica propose un ski facile à manoeuvrer avec une plateforme élargie. Certaines fabricants vont même jusqu’à créer des bottes plus confortables pour cette clientèle qui traîne à l’après-ski pendant quelques heures!

Hors-piste: l’aventurier

Bien que moins présent que l’épicurien, l’aventurier représente tout de même une bonne part des skieurs québécois. Ce dernier ne vit que pour le ski, il est toujours en quête des meilleures conditions possibles. "C’est simple, il surveille les conditions météo et suit littéralement les tempêtes de neige", raconte Luc Durand. Pour les stations, il constitue tout un défi puisqu’il est rarement fidèle, toujours à la recherche de poudreuse. Au Québec, des montagnes comme Le Massif ou le Mont Sutton vont se plier aux exigences de ce client expérimenté. Par exemple, Le Massif a plus que doublé sa superficie de hors-piste cette année. "Avant, le hors-piste n’était pas permis. Maintenant, il y a de plus en plus d’adeptes et les stations tentent de répondre à la demande", mentionne Luc Durand. Pour l’aventurier, Nordica conçoit des skis avec lesquels on peut se permettre de marcher au sommet avant de trouver la poudreuse et le dénivelé désiré pour ensuite dévaler la pente.

L’extrême ou le trend-setter

Le skieur extrême suit la tendance à la trace, souvent même il la dicte. C’est un véritable trend-setter. Chaque saison, il change d’équipement et se dote de nouveaux vêtements. Une grande partie des skieurs âgés de moins de 30 ans occupent cette catégorie. Plusieurs athlètes de la scène du freeski influencent la tendance, comme Phil Casabon (commandité par Orage) ou Alexis Godbout qui représentent la province dans les compétitions mondiales. On les aperçoit souvent dans le parc à neige, où ils pratiquent leurs figures sans relâche. C’est le genre de skieur à se munir de gadgets comme les petites caméras qu’on accroche à son casque ou ses lunettes pour filmer ses prouesses et mettre son vidéo en ligne. Jean-Francis Durocher connaît bien ce type de skieur, c’est tout à fait le genre de personne qui assiste au Festival de films de freeski (IF3), dont il est l’un des fondateurs. Selon lui, on n’accorde pas assez d’importance aux athlètes de cette scène, qui sont pourtant de grandes inspirations pour les jeunes. "Il est temps que l’éducation se fasse à ce niveau-là. Il faut arrêter de penser que le ski de compétition n’est que de la descente ou des épreuves olympiques. La culture du sport extrême est vraiment plus importante qu’on ne le croit au Québec", conclut-il.

Adresses /

Mont Saint-Sauveur: 350, rue Saint-Denis, Saint-Sauveur, 450 227-4671, www.mssi.ca

Le Massif: 1350, rue Principale, Petite-Rivière-Saint-François, 418 632-5876, www.lemassif.com

Mont Sutton: 671, rue Maple, Sutton, 450 538-2545, www.montsutton.com

Festival de films de freeski IF3: www.if3.ca
www.nordica.com
www.orage.com

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