La canicule a des effets pervers sur l’appétit. Quoi faire? Rien, justement. Prenez une table sur une terrasse, mangez une salade ou une pizza avec un verre de rouge, profitez-en pour rêver un peu et cessez immédiatement de chialer qu’il fait trop chaud. Ça ne durera pas. La chaleur, bien sûr. Quant au chialage, sait-on jamais? Voici des suggestions de farniente au pays des stressés, là où la bouffe est bonne, où le cadre est agréable, soigné, et où la clientèle ne fait pas de frime.

Le Petit Alep, 191, rue Jean-Talon Est, tél.: (514) 270-9361 $
Ah! ces jeunes femmes adorables qui font le bonheur des amateurs de gastronomie libanaise depuis quatre ans, à petits prix et dans une ambiance de bistrot étudiant. La carte (et le sourire, ne le cachons pas) de ces Québécoises d’ascendance syrienne a séduit toute la ville. Et leur cuisine a fait un tabac. Quand il fait chaud, rien ne coule aussi facilement dans le gosier que les hummous, les baba ghanouj, les muhammara et les salades fattoush, colorées, pleines de saveurs. Et la terrasse très cosy fait oublier tous les soucis.

La Tarantella, 184, rue Jean-Talon Est, tél.: (514) 278-3067 $
On s’assoit sur cette terrasse pour les paninis et les caffè. Et, bien sûr, pour le spectacle de la foule qui se presse, panier rempli de tomates fraîches au bras, d’un étal à l’autre. Devant la place du Marché Jean-Talon, qui voit défiler tout ce que notre ville a de beau et de bon. Le midi, on sert une petite table d’hôte sympa et pas chère; le soir, on propose des choses plus élégantes, mais dans le cadre tout aussi apaisant de ce mignon bistro, alors là, très italien.

Pizzeria Napoletana, 189, rue Dante, tél.: (514) 276-8226 $
Cette pizzeria serait le bonheur parfait. Déjà la terrasse est invitante, protégée des éléments (quand il y en a), proprette et charmante sans être guindée, et la clientèle ravie de se trouver là, à l’angle de deux rues du quartier italien. Seuls bémols: les serveurs qui refusent de sourire et les salades servies sans huile d’olive extra vierge. Mais la pizza est vachement bonne.

Restaurant Méditerranéen, 3857, rue Saint-Denis, tél.: (514) 843-9454 $
On vient dans ce petit tunisien vraiment pour le couscous, préparé depuis des lustres par les mêmes proprios. Et aussi pour la vue privilégiée _ et pour une fois bon marché _ sur la faune de la rue Saint-Denis, composée d’Américains et de Français en vacances par les temps qui courent. Pas de chance, cependant, vous serez entre Québécois, l’ambiance un peu bohème n’attirant pas trop les Yanks. Autrement, il fait bon flâner en grignotant ses merguez et en sirotant son gros rouge qui tache. Un bistro qui a de l’esprit et qui perdure, c’est déjà quelque chose.

Khyber Pass, 506, avenue Duluth, tél.: (514) 849-1775 $$
Si les terrasses existent, c’est pour voir et se faire voir? Faux! En tout cas, dans le sympathique jardin de Faruk, planté de gros arbres qu’on a cru bon laisser indemnes, on ne voit ni la foule ni la faune branchée, mais le blanc des yeux de celui (ou de celle) qui est assis en face de nous. Tout en dégustant de remarquables hors-d’ouvre afghans dont on pourrait aisément se faire un repas tellement ils sont savoureux. Ou mieux, si vous avez une faim de nomade, optez pour les grillades, de quoi vous soutenir pour une longue traversée du désert.

Le Nagra, 335, boulevard de Maisonneuve Est, tél.: (514) 842-9582 $$
J’aime beaucoup ce jardin urbain coincé entre deux palissades de béton, une rue et un mur de verre. Comme ça, sous l’ombrelle, on passe vite par-dessus la modernité du décor, surtout quand s’amènent la bonne cuisine du patron, bien franchouillarde, bien terroir, bien goûteuse, un bon petit pinard, et la jolie patronne au sourire ravageur et à l’esprit très Madame La Fayette. Ah! ces Françaises!

Et juste pour la bibine…
Le Pub Sainte Élisabeth, rue Sainte-Élisabeth (au nord de Sainte-Catherine, entre Saint-Laurent et Saint-Denis)
Autrefois rendez-vous des gais branchés et refuge contre la chaleur étouffante des boîtes, ce jardin fantastique emmuré dans son écrin végétal de vignes vierges vieillit un peu mal – la moquette s’use -, mais continue de survivre tant bien que mal à la transformation en bar straight. Qu’importe, il a tout autant à offrir qu’avant, cruising et musique techno en moins: de la bière, de la sangria, mais rien de rien à se mettre sous la dent. Contentez-vous donc de venir vous y réfugier pour discuter et faire renaître le véritable esprit des terrasses et des cafés, celui où l’on peut en toute aisance discuter sans devoir crier à tue-tête dans les oreilles et à la face de ses compagnons.

1, Place Ville-Marie, 44e étage
Ici, c’est le pied. S’il n’y avait qu’une terrasse où s’installer pour frimer, pour impressionner ses amis d’outre-frontière, pour célébrer une bonne affaire, une bonne nouvelle ou une bonne b…, ce serait sans contredit celle-ci. La plus belle terrasse en ville, c’est celle où l’on n’a rien à rajouter; la vue de Montréal à ses pied – surtout la nuit – et la magie suffisent. Dommage qu’on n’y offre rien à bouffer, ce serait bien trop parfait. Mais le miracle, c’est que vous pouvez rester à bavarder en toute légalité jusqu’à trois heures du matin!

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