Nouvel arrivant dans le quartier Petite-Bourgogne: le Burgundy Lion, un resto-lounge inspiré des pubs traditionnels anglais, mais avec une touche bien québécoise. Fusion inusitée mais réussie.

La Grande-Bretagne n’étant pas particulièrement réputée pour sa gastronomie, c’est un peu à reculons que nous nous sommes pointés au Burgundy Lion, une nouvelle enseigne de la Petite-Bourgogne, ce quartier émergent adjacent au marché Atwater. Surprise! Nous y avons trouvé une version dépoussiérée, rajeunie et actualisée du pub anglais traditionnel. Oh, il y a bien cette austérité apportée par le mobilier de bois et les clichés prévisibles sur les murs, de Sherlock Holmes à la reine d’Angleterre en passant par le cricket. Mais il y a aussi ce magnifique bar et sa surface vitrifiée, ce DJ qui occupe un coin de la mezzanine, et une intime cour intérieure transformée en mignonne terrasse, éléments contemporains qui nous rappellent que nous sommes bel et bien au Québec. Rafraîchissant.

À TABLE!

Le menu est à l’avenant de la déco: on y retrouve des classiques de la cuisine britannique – Bangers & Mash, Scotch egg, Yorkshire pudding, etc. – mais réinterprétés à la québécoise, par le jeune chef Jean-François Leduc. Comme nous y sommes allés à six, nous avons pu partager plusieurs entrées. Le verdict a été unanime: c’est la soupe froide aux pois verts et menthe qui a remporté la palme. Fraîche et épaisse, elle déployait le goût franc de petits pois verts et de feuilles de menthe, un mariage très estival. La texture, un peu grumeleuse, ne laissait aucun doute sur l’authenticité des produits utilisés. Le second prix a été attribué aux accras de morue, qui sont servis avec une sauce tartare onctueuse et légèrement relevée qui venait fouetter le goût fin du poisson frais. La poutine à l’anglaise a plu mais sans plus. Verdict: pas assez de fromage bleu et une sauce trop liquide qui détrempe rapidement les frites, d’avance pas très fermes.

LE CRI DE LA MOUETTE

Wooiiiinnn! Le cri strident d’un oiseau qu’on égorge (ou d’une mouette enrhumée) sort de la cuisine. Des regards inquiets s’échangent à la table… La serveuse nous rassure en rigolant: c’est le son du sifflet-gazou dont le chef se sert pour annoncer les plats.

Le cri de la "mouette" a donc précédé l’arrivée sur notre table d’un Fish & chips, d’un steak frites, d’un Fisherman’s pie et d’un Shepherd’s pie. Ces deux derniers sont servis dans une petite soupière individuelle, sous une forme qui rappelle un petit pâté chinois: un rang de protéines (viande ou poisson), un rang de patate. Ils sont accompagnés par une salade qui, au premier coup d’oeil, donne l’impression d’avoir été faite la veille, donc d’avoir trempé trop longtemps dans la vinaigrette. Au goût, par contre, pas de doute: elle est bien fraîche et les goûts sont distincts. Dans le cas du Fisherman’s pie, le poisson se présente en trio: saumon, aiglefin et morue. C’est frais et savoureux. Rien à redire. Le Shepherd’s, quant à lui, est fait d’agneau haché. La mixture est onctueuse et agréable au goût. La purée de pomme de terre, par contre, est un peu fade.

La palme a été attribuée de façon unanime au Fish & chips. De généreux morceaux moelleux de morue fraîche sont enveloppés d’une panure légère et croquante et pas grasse du tout. Tout simplement impeccables, ils sont servis avec des frites et deux petits gobelets de condiments: purée de pois verts et sauce tartare maison.

On arrose le tout d’une bière en fût choisie parmi une petite carte qui compte quelques anglaises, irlandaises, écossaises et québécoises.

PETITES DOUCEURS

Sur la courte carte des desserts, notre attention a été attirée par le Sticky Toffee pudding et le Trifle aux framboises. Diamétralement opposés, ces deux desserts réjouissent. Robuste, le premier évoque un gâteau Reine-Élizabeth en forme de muffin nappé d’un sirop épais, ultra-sucré et granuleux. Délicat, le dernier se présente dans un verre au travers duquel on peut apercevoir des étages: purée de framboise, petit gâteau vanille, crème anglaise et crème fouettée. Quand les étages se mélangent, on a droit à des mioums de satisfaction. Les deux sont arrivés ex aequo au palmarès.

EMBALLANT /

Le Fish & chips. Je vous mets au défi d’en trouver un meilleur en ville!

DÉCEVANT /

Le steak frites, dont la viande n’est pas arrivée selon la cuisson demandée. Désolée de faire ressurgir l’ancestrale rivalité franco-britannique mais… même s’il s’agit d’une entrecôte de boeuf Angus, celle-ci n’arrive pas à la cheville de celles que l’on retrouve dans la plupart des bons bistros français de la métropole.

COMBIEN? /

Comptez une quarantaine de dollars par personne pour une entrée, un plat, un dessert et une bière.

QUAND? /

Tous les jours, midi et soir. Comme il s’agit d’un pub, la soirée peut s’étirer jusqu’à deux heures du mat’ durant les week-ends.

OÙ? /

Pub Burgundy Lion
2496, rue Notre-Dame Ouest
Tél.: 514 934-0888
Info: www.burgundylion.com

Un air d'Angleterre Critique par - 2008-08-14
Cote: 3

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