Le petit resto de la Place des Arts s’est refait une beauté. Le Seingalt offre aux spectateurs pressés une "restauration rapide" de qualité, dans un quartier qui en a bien besoin.

Aviez-vous remarqué qu’il y avait un tout petit bistro caché dans un racoin de la Place des Arts, à côté du Théâtre Maisonneuve? Je parie que non. Ou peut-être l’aviez-vous aperçu du coin de l’oeil, pendant que vous attendiez en file qu’on déchire votre billet de spectacle. Eh bien ce petit restaurant s’appelait le Seingalt, comme dans "Chevalier de Seingalt", le pseudonyme de Casanova.

Depuis deux mois, le Seingalt est sorti de l’ombre. Déménagé à droite du magasin Archambault, il est maintenant bien visible derrière de grandes vitrines sur lesquelles sont inscrites des citations de Casanova. L’espace s’ouvre sur d’immaculées banquettes de cuir écru qui font face à des chaises de bois moulé marron. Entre les deux, des petites tables de bois carrées recouvertes d’un papier blanc accueillent de la vaisselle gravée à l’effigie du restaurant, un masque vénitien rouge. L’arrière-scène est occupée par un bar qui fait face à des casiers lumineux rouges et blancs. L’ensemble, sobre, design et chic, est du plus bel effet.

À TABLE!

J’ai donné rendez-vous à ma copine Julie pour 18 h 30. À 20 h, Martin Matte nous attend sur la scène de la Salle Wilfrid-Pelletier. Zut! J’ai oublié de réserver. Par chance, je suis en avance et un serveur pimpant me trouve une table, à grands coups de clins d’oeil complices. Tiens, Michel Tremblay vient de prendre place à une table voisine. Yvon Deschamps à une autre. Un conseil: il est plus prudent de réserver, car la salle se remplit rapidement.

18 h 30 Un autre serveur sympathique se pointe. Je commande une bouteille de San Pellegrino en attendant Julie.

18 h 40 La voilà qui arrive, s’excusant de son retard: le quartier est sens dessus dessous, il n’y a presque pas de stationnement. Je lui sers un verre d’eau minérale et nous plongeons illico dans le menu.

18 h 50 Notre serveur vient prendre la commande.

18 h 55 Les entrées sont servies: des médaillons de Chèvre des neiges, duo de pesto et jeunes pousses de roquette, et un gâteau de crabe "Seingalt", aïoli d’Espelette. Nous restons un peu perplexes devant la "nudité" de nos assiettes. Dans celle de Julie, deux petits croûtons de pain baguette sont recouverts chacun d’une mince tranche de fromage de chèvre fondu dont la circonférence dépasse à peine celle d’un 25 cents. À côté, il y a un petit dôme de feuilles de roquette un peu défraîchies. Dans mon assiette, ce n’est guère plus meublé. Mon "gâteau" de crabe a la circonférence d’une pièce de deux dollars. Une salade de feuilles mixtes laisse à peine deviner la présence d’une vinaigrette. Nous sommes interpellées par le manque de générosité et… un peu inquiètes pour la suite.

19 h 05 On vient desservir.

19 h 20 Les plats principaux sont servis. Julie a choisi la paillarde de veau de lait sauce au gorgonzola. Ce sont en fait deux escalopes accompagnées d’une purée de pommes de terre. La viande est un brin trop cuite et la purée, bien que soyeuse, manque de beurre. Les légumes d’accompagnement sont représentés par une poignée de haricots fins, un tronçon de carotte, un bouquet de chou-fleur et de brocoli cuits vapeur et une tranche de fenouil grillé. J’ai pour ma part choisi les crevettes géantes grillées au cari. Au nombre de trois, elles sont goûteuses et reposent sur un lit de salsa froide où percent quelques morceaux de pamplemousse frais. Mes légumes d’accompagnement sont identiques à ceux de Julie. Généreux mais inégaux, les plats principaux nous font oublier la déception causée par les entrées. Nous sommes fin prêtes à passer aux desserts.

19 h 40 Le serveur vient ramasser les assiettes et prendre notre commande.

PETITES DOUCEURS

19 h 45 Les desserts et les cafés sont servis. Julie a choisi le fondant au chocolat et moi, le flan au sirop d’érable. Son fondant n’est pas vraiment fondant, mais il est réalisé avec du chocolat de qualité. Moelleux, mon flan est fait selon les règles de l’art. Le café n’est pas le meilleur que nous ayons goûté, mais il tient la route.

19 h 55 L’addition réglée, nous sortons de table pour nous précipiter vers notre salle de spectacle, laissant derrière nous un restaurant vide.

EMBALLANT /

Le service est d’une efficacité redoutable. En plus d’être rapides, les serveurs sont drôles et agréables. La carte des vins, à dominante française, est intéressante. Un groupe de 10 personnes peut réserver une petite salle fermée par des rideaux de velours rouges, pour un effet théâtral assuré.

DÉCEVANT /

Dans un si bel écrin, on s’attend à ce que la cuisine soit d’un intérêt égal au décor. Ce n’est pas le cas. Quoique corrects, les plats proposés sont de qualité inégale. Il faudrait que la qualité soit haussée d’un cran pour nous faire accepter sans arrière-goût les prix demandés.

COMBIEN? /

Pour une entrée, un plat, un dessert et un café, comptez environ 70 $ pour deux avant taxes, vin et service.

QUAND? /

Midi et soir du lundi au vendredi. Samedi, le soir seulement. Fermé le dimanche. Repas avant et après spectacle (late night à 22 h).

OÙ? /

Seingalt
175, rue Sainte-Catherine Ouest
À l’intérieur de la Place des Arts
514 849-2119

Pour d’autres critiques, consultez le site www.guiderestos.com

À la table de Casanova Critique par Voir - . Cote: 3

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