Tout un héritage: les locaux de La Montée de lait, un restaurant qui aura marqué son époque au coeur du Plateau, avant de déménager au centre-ville. À sa place, un certain Monsieur B.

Monsieur B., donc. B comme… bistro. Le restaurant est toujours aussi petit. Une quarantaine de places, le tout décoré sobrement avec de très belles photos du quartier. Un jeu sur les angles des rues de Grand-Pré et Gilford, qui rompent allègrement avec les monotones quadrilatères habituels de la ville. Les locaux du petit bistro, donc, sont libres depuis que La Montée de lait a déménagé au centre-ville. Monsieur B., aussi propriétaire des restaurants O’Thym et Les Infidèles, en a pris possession. Avec un modus: une cuisine contemporaine mais détendue, pour laquelle on apporte son vin. Nous nous attendions donc à une certaine satisfaction, vu les précédents. Mais visiblement, il y a encore un petit effort à faire du côté de la cuisine.

AU MENU

Toujours amusant de tomber sur des clients oenologues. À la table voisine, quatre personnes et autant de bouteilles. Rien de mieux qu’un bon restaurant "apportez votre vin" pour découvrir quelques divins flacons! Ils sont là pour déguster. Nous aussi, armés d’un excellent côtes-du-Rhône (mais un peu passe-partout, car on ne sait trop ce que l’on va manger), nous sommes prêts à affronter la carte de ce Monsieur B. Carte courte et efficace, faut-il le dire, qui se décline en cinq entrées, sept plats et cinq desserts. Pourtant, l’hésitation nous guette. On retrouve ici tous les ingrédients d’une cuisine moderne, appétissante. Une soupe, d’abord, navet et courge. Réconfortante quoiqu’un peu banale. Les entrées: du lapin, des crevettes, un gâteau de crabe, des pétoncles, voilà de quoi séduire. Le lapin est servi en tian, une recette d’origine provençale qui n’a rien à voir avec ce qui nous a été servi. En fait, Monsieur B. prépare des morceaux effilochés de lapin avec des pommes de terre dans une sauce à la crème montée au fromage Kénogami. Pas mal, mais on reste loin de la recette originale, à base de légumes. De plus, nous sommes tombés sur des os et du gras. C’est aussi un peu terne, pas assez relevé. Bref, ennuyeux. Le gâteau de crabe est toujours attirant. Ici, la croûte relève d’une huile de friture un peu vieillotte et la préparation est trop salée. Même présenté joliment, dans une assiette brossée à coups de pinceau de mayonnaise, l’ensemble n’est pas tout à fait au point.

Le tartare de boeuf, vous commencez à savoir que j’aime ça, a dû faire demi-tour. Beaucoup trop salé. Il est revenu mais il manquait toujours de moutarde, piqué par une pointe très acide. Les frites étaient assez bonnes, malgré la saveur surannée de l’huile.

Risotto de jarret d’agneau? Mérou poêlé aux champignons, gourganes et rattes? Les choix sont intéressants, mais il y avait ce soir-là un plat du jour, un cassoulet en quelque sorte décomposé. D’un côté, dans un plat sortant du four, des haricots et leur cohorte de porc salé, et de l’autre, une cuisse de canard confite. Dommage: la cuisse était, encore une fois, trop salée, et les haricots blancs, carrément séchés par un trop long séjour dans le four. La chapelure, abondante, était imbibée des jus. Visiblement, notre chef ne goûte pas ce qui sort de sa cuisine, un défaut pas si rare…

AU DESSERT /

Des verrines, c’est la mode. La première, un pot de crème choco-noisette très riche, un peu écoeurante à la longue, pas complètement emballante mais correcte. Beaucoup plus séduisant: le gâteau au fromage aux fruits rouges, que nous avons avalé en quelques coups de cuillère. Un bel effort.

EMBALLANT /

Sympa de retrouver l’ambiance de La Montée de lait, mais il manque la qualité de la table. Les lieux sont restés sensiblement les mêmes, rehaussés par les splendides photos dont je vous ai parlé au début de cette chronique. Heureusement, malgré la qualité un peu déficiente, on passe un bon moment, à un prix tout à fait raisonnable, dans la mesure où l’on apporte son vin.

DÉCEVANT /

Bien des imprécisions dans cette cuisine. Un peu de sérieux, chers amis. Il faut absolument que le chef vérifie la qualité des plats qui sortent de la cuisine.

COMBIEN? /

Une trentaine de dollars par personne, ce n’est pas abusif. Profitez-en pour apporter un bon cru.

QUAND? /

Tous les soirs de 17h30 à 23h.

OÙ? /

Monsieur B.
371, rue Villeneuve Est, angle Drolet
Réservations: 514 845-6066

Pour d’autres critiques, consultez le site www.guiderestos.com

B. comme bistro Critique par - 2009-01-29
Cote: 2

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