Vous rêvez de homard, de joues de morue et de pot en pot aux fruits de mer? Pas besoin d’aller revirer aux Îles-de-la-Madeleine: il y en a ici, aux Îles en ville, pas plus loin qu’à Verdun. Grâce à la famille Painchaud de Havre-Aubert qui, chaque jour, fait monter les Îles à nous.

Je n’ai jamais mis les pieds aux Îles-de-la-Madeleine. Mais à en croire une copine globe-trotter, une soirée passée aux Îles en ville vous transporte littéralement au coeur du pays aux falaises rouges. "C’est pareil", m’a-t-elle dit.

Dès le seuil franchi, on y découvre des personnages grandeur nature, bons vivants et descendants d’Acadiens à l’accent chantant: Ginette la tenancière, solide comme un roc; Jeannot le dompteur d’acrobates; Andrée la Madelinote d’adoption; Maurice l’aubergiste. Il y a aussi mononc’ Martin, l’artiste de la famille. Tous des Painchaud, sauf Andrée, née Garcia.

Pour les férus de généalogie: Ginette, Jeannot et Andrée sont proprios du resto. Ginette et Jeannot sont frère et soeur. Maurice, c’est leur papa; il donne un coup de main. Martin, c’est le frère de Maurice, donc l’oncle de Ginette et de Jeannot. Petite anecdote: Jeannot est le fondateur du Cirque Éloize. Comme il voyage partout dans le monde et qu’il a d’autres acrobates à fouetter, il est l’associé silencieux. Bon, toutes ces histoires creusent l’appétit. Si on passait à table?

À TABLE!

Qui dit îles dit pêche. Les Îles en ville est donc l’endroit rêvé pour découvrir les spécialités madelinotes de poissons, de fruits de mer et de loup marin. Et ce n’est pas ce qui manque! À commencer par les entrées. Nous avons le choix: buccins ou couteaux de mer? Les deuxièmes sont en rupture de stock. "Le bateau arrive demain", nous dit Ginette, après avoir consulté Andrée aux cuisines. Allons-y donc pour les buccins, qui nous sont totalement inconnus. En fait, il s’agit d’une sorte de mollusque parent du bigorneau, bestiole marine que nous avons mangée en Gaspésie, mais dont nous avons gardé le souvenir pas trop agréable de petits bouts caoutchouteux et vinaigrés. Les buccins servis aux Îles en ville sont au contraire tendres et pas du tout vinaigrés. Le secret: ils sont cuits doucement dans leur eau.

Pour les plats, mon invité se faisait une fête de déguster des joues de morue. En souvenir de son enfance gaspésienne quand son père en faisait cuire le dimanche, comme un mets de choix. Malheureusement, la pêche à la morue est terminée. Il choisit plutôt un pâté au saumon sauce béchamel aux oeufs. Tiens! C’est ce qu’on mangeait chez nous le vendredi au Saguenay, dans les années 60. Nostalgie, quand tu nous tiens… Celui des Îles est tout petit. La croûte, feuilletée, a le goût du fait maison. Il est coiffé de tranches d’oeuf cuit et d’une louche de béchamel, maison elle aussi. Le pâté est entouré de divers compagnons: riz pilaf, sauce tartare, betteraves marinées, chutney de pickles sucré et salade mesclun.

Vous aurez deviné que nous sommes à mille lieues de la haute gastronomie. Les Îles en ville ne nourrissent aucune prétention de ce côté-là. "Vous mangez ici ce que vous mangeriez si vous veniez à la maison", clame haut et fort Ginette.

Par curiosité, je choisis le pot en pot (prononcer pote en pote), un mélange de fruits de mer cuits à l’étouffée sous une couche de pâte feuilletée. On y reconnaît des petits pétoncles, des morceaux de homard, des crevettes, des mini-cubes de pomme de terre. Le tout baigne dans un jus clair qui aurait eu intérêt à être un brin plus salé. Cette spécialité locale est accompagnée d’une salade mesclun que l’on touille avec une vinaigrette aux framboises du Vieux Couvent, autre produit du terroir madelinot.

Pendant ce temps, l’oncle Martin empoigne sa guitare et entonne une chanson, aussitôt reprise à l’unisson par quelques clientes et amies. C’est alors que la maxime du resto prend tout son sens: le bonheur existe.

PETITES DOUCEURS

Ce n’est pas pour les desserts qu’on se déplace aux Îles en ville. On n’a le choix qu’entre un ou deux gâteaux commerciaux ultra-sucrés et une salade de fruits. Pas de quoi disserter.

EMBALLANT /

L’ambiance familiale et régionale. Les produits du terroir des Îles, que l’on peut emporter chez soi, comme la confiture de petites fraises et le hareng boucané mariné. Il y a aussi les bières de la microbrasserie À l’abri de la tempête dont la brune Corne de brume à 9 % d’alcool!

Le homard des Îles arrivera dans quelques semaines. On pourra le déguster sur la terrasse nouvellement ouverte.

DÉCEVANT /

Les desserts, seuls plats qui ne soient pas faits sur place.

COMBIEN? /

Pour la table d’hôte du soir, comptez une quarantaine de dollars pour deux personnes. À la carte, ajoutez un billet de vingt. Idéal pour les budgets en récession.

QUAND? /

Du mardi au dimanche, de 11 h à 22 h. Et plus tard si le party est pogné…

OÙ? /

Les Îles en ville
5335, rue Wellington, Verdun
514 544-0854

Ginette, Jeannot et mononc' Martin Critique par Voir - . Cote: 2

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