Au Bocata, on mise sur la convivialité et le partage: les grands plats se déclinent en petites portions et la France cohabite avec l’Espagne. Différent et charmant.

Depuis décembre dernier, le Barroco a un frérot: le Bocata. Bar à vin et restaurant, ce petit dernier démontre une forte personnalité. D’abord par sa déco, un bric-à-brac calculé où s’empilent livres anciens et candélabres. Et suspendus au plafond, des chaudrons de cuivre côtoient des jambons! Les murs de pierre grise et les poutres plusieurs fois centenaires, les tables de bois sans nappe et les sièges rouges capitonnés en cuir ponctuent cet intérieur rustique et chaleureux.

Aux fourneaux, on retrouve le chef Benjamin Léonard, originaire du Limousin, en France, et qui a roulé sa bosse dans le Jura et en Corse. Au Bocata, il concocte une cuisine paysanne, aux bases traditionnelles françaises mais aux forts accents espagnols, qui met en scène des produits fermiers d’ici et d’ailleurs. Pour nous inciter à partager le butin, il propose des plats travaillés en portions un peu plus grosses qu’une entrée, selon les saisons et l’inspiration du moment.

À table!

Le menu est bourré de belles trouvailles. À commencer par le jambon pata negra iberico, fleuron de la gastronomie hispanique. Cette charcuterie au goût unique, vieillie sur place durant plusieurs mois, provient de porcs au pelage noir nourris essentiellement aux glands. Quelques tranches fines et fondantes sont servies avec du pain grillé que l’on frotte d’une tomate fraîche, comme le font si bien les Espagnols. C’est tout simple, mais exquis. Quoique peu abondant.

Une autre entrée consiste en un assortiment de tomates issues des premières récoltes des Fermes Lufa, un projet d’agriculture urbaine installé sur le toit d’un édifice montréalais. Les fruits sont on ne peut plus frais et savoureux. Clin d’oeil à la gastronomie moléculaire: un petit amoncellement de farine de tapioca les accompagne. Cette fine poudre fond littéralement dans la bouche en libérant de l’huile d’olive. Surprenant!

Après les entrées, on passe à des plats plus costauds comme la côte de veau qui vient avec sa garniture grand-mère. La version de Benjamin Léonard consiste en de gros cubes de croûtons et de lardons imbibés d’un fond de veau dense. Elle est accompagnée d’une salade de haricots verts des Fermes Lufa, que ponctuent des morceaux de champignons et des amandes effilés. Une proposition réconfortante qui peut se partager à deux, trois ou quatre.

Le saumon bio Rossini est un autre grand petit plat qui représente bien le style du chef. Découpé en un cercle parfait, il est surmonté d’une tranche de foie gras marinée au sirop d’érable et repose sur un lit d’épinards et un fond de veau aromatisé au vin de Madère et à la pâte de truffes. Intéressant, cette façon d’apprêter un poisson comme une viande!

Petites douceurs

Disons qu’on ne va pas au Bocata pour les desserts. Les deux seules options – le millefeuille de sablés aux amandes et le pain perdu à la brioche au chocolat -, bien que réalisés maison avec amour, ne constituent pas le moment le plus fort du repas.

À noter: nous sommes passés au Bocata un soir où un menu spécial Grand Prix était offert. Nous avons vérifié avec les propriétaires, les plats décrits seront encore au menu par la suite.

Emballant /
Le soin apporté aux détails pour créer une ambiance vraiment particulière qui nous donne l’impression d’avoir été catapultés dans la bibliothèque d’un vieux château ou dans un repaire de pirates; bref, en dehors du monde. Pour nous faire découvrir des vins, le Bocata organise des soirées thématiques avec des vignerons.

Décevant /
Cette cuisine traditionnelle, quoique bien exécutée, est un peu lourde pour la saison estivale.

Combien? /
Environ 100$ pour deux, pour six petits plats à partager, avant vin, taxes et service. Comme nous sommes dans un bar à vin, chaque plat peut s’accompagner d’un verre différent dont le prix à l’unité varie entre 4$ et 46$.

Quand? /
Du mardi au dimanche, le soir seulement.

Où? /
Bocata
310, rue Saint-Paul Ouest, Montréal
514 507-8727, www.bocata.ca

L'auberge espagnole Critique par - 2011-07-14
Cote: 3

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