Le Yuzu resto + club a beau avoir changé d’enveloppe, nouveaux décor et menu à l’appui, il n’a rien perdu de son essence. On s’y régale toujours d’une cuisine d’inspiration japonaise pimentée à l’audace, où le produit est roi.

C’était soir de disette au Yuzu. Plus de petits pains maison pour la guedille au crabe épicé (servie en surf & turf avec short ribs de boeuf en panure panko), ni pour les mini-burgers au boeuf de Kobe. Si vous aviez vu l’air déconfit de David… Il fantasmait sur ces deux plats depuis la fin de la journée, après avoir examiné le nouveau menu du Yuzu sur Internet. Voilà qu’on anéantissait ses espoirs. Pire, la serveuse a omis de nous annoncer cette désolante pénurie en nous remettant les menus, étirant l’expectative.

Bon. Ce n’est pas comme si la carte, désormais plus bistronomique que gastronomique, ne contenait pas d’autres alléchantes promesses: général Tao aux ris de veau, saumon à l’unilatérale laqué au wasabi… Revirement inattendu: même si nous avons toujours trouvé que les plats du Yuzu surpassent de loin ses sushis, David s’empare du crayon pour choisir quelques roulés.

Nous nous mettons d’abord en appétit avec, pour lui, les fameuses huîtres Morimoto, et pour moi, le tataki Nouvo. Coquilles gracieusement déposées sur un lit de gros sel de Maldon, mollusques juteux dont le goût fait des étincelles en s’unissant à celui de l’oursin et du foie gras poêlé: quel délice que cette création du chef, Vincent Morin! Et quel ravissement pour les yeux! Mon escolier noir (butterfish), lui, a été bien saisi et libère un léger goût de charbon, mais la saveur du poisson disparaît parfois derrière l’huile shiso, la laque soya-gingembre et la sauce au wasabi. Des écorces de kumquat complètent admirablement ce plat estival dominé par l’orangé, le vert et le blanc.

La serveuse m’annonce qu’elle vient de vendre la dernière bouteille du vin que j’avais commandé. Décidément. Je me tourne donc vers un Sebastiani (cabernet-sauvignon californien), tandis que David boira un riesling allemand Shiny River lorsqu’il aura éclusé sa Sapporo. Je quitte un moment la terrasse pour zyeuter le nouveau décor, où prédominent des teintes de gris et de rouge. Le point de mire: le mur "alvéolé" derrière l’imposant bar, dont la texture est rehaussée par de savants éclairages. C’est épuré et lounge à la fois, zen mais très chaleureux. Peut-être à cause du bois qui laisse voir sa touche un peu partout. Magnifique.

Les makis de David trouvent grâce à ses yeux, surtout celui au tartare de pétoncles épicé, ananas grillé, tempura et massago, ainsi que le Périgord, de loin le plus original, au foie gras poêlé, oeuf mollet et pomme verte. Quant à l’anguille grillée, elle s’acoquine joliment avec le sucré de la sauce teriyaki. L’affamé se régale aussi de crabe à carapace molle en tempura, d’une tendreté rare (et appréciée!), servi avec sauce ponzu-jalapeño.

Mes aiguillettes de magret de canard au sansho (un poivre du Japon), irréprochablement saignantes, trônent au centre d’une imposante assiette comprenant une divine sauce teriyaki balsamique, de la chair de cuisse de canard confite, un oeuf mollet au soya, des légumes grillés, sans oublier le hit du plat: un hallucinant mélange de pacanes, de lardons de peau de canard et de tranches de mini-maïs, le tout grillé, ce qui intensifie le contraste sucré-salé.

Devinez quoi? Il ne restait plus de gâteau au fromage ni d’umami caramel… Mais ne râlons pas, car mes trois sushis desserts m’ont consolée, surtout celui au chocolat blanc avec pâte de fruits acidulée (au yuzu) et crème citron vanille. Et à propos de la tarte tatin aux poires asiatiques sur pain de Gênes aux pistaches et yuzu, un seul mot: impeccable!

Emballant /
Le raffinement dans tout: mariages de saveurs, présentation des plats, décor.

Décevant /
Les ruptures de stock.

Combien? /
Pour trois services, pour deux personnes, 100$ le soir, 35$ le midi (excluant boissons, taxes et pourboire).

Quand? /
Ouvert tous les soirs et le midi du lundi au vendredi.

Où? /
Yuzu resto + club
438, rue du Parvis
418 521-7253
www.yuzu.ca

Un souper presque parfait Critique par Voir - . Cote: 4

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