Les Canailles d’HoMa, un nouveau lieu de perdition? Pas du tout, plutôt un chouette bistro à l’allure décontractée et à la cuisine allumée!

À voir la salle se remplir furieusement un simple mercredi soir, force est de constater que nos Canailles ont su répondre à une demande. Ce coin du quartier Hochelaga-Maisonneuve, autour de la place Valois, est en ébullition. Nouveaux condos, boutiques gourmandes, brasserie chic: le restaurateur Marc-André Paradis a flairé la bonne affaire. Après avoir ouvert sur le Plateau les restaurants Monsieur B, O’Thym, Les Héritiers et L’Emporte-pièce, le voilà venu dans HoMa attirer une faune plutôt éclectique. Mais surtout celle qui aime pouvoir apporter une bonne bouteille de vin et ne payer que pour des plats accessibles et populaires. La grande salle, avec ses tables et chaises de bois, est décorée avec sobriété. La cuisine, ouverte, est bordée par un comptoir convivial. Le service est à l’avenant: informé et informel. Le menu propose un mélange de plats français (tartare, foie gras), méditerranéens (salade de pieuvre, grillades de caille et chorizo) ou bien de chez nous (burger, fish’n'chips). Rien de très original, donc, mais ça marche.

Au menu

On commence par un petit plaisir: le parfait de foie gras. Crémeux, savoureux, il s’étale avec volupté sur de gros morceaux de pain grillés, presque noircis par le gril au gaz. La vivacité d’une confiture d’oignons au porto, classique, et de zestes d’orange confits répond bien à la douceur du parfait. La "triade croustillante de la mer" est une mignonne suite d’acras de morue (exquis), de boules de gâteau de crabe (plus fades) et de deux crevettes tout juste grillées. Les sauces: une banale crème sure et une pétillante mais pas trop relevée sauce romanesco, mélange de poivrons rouges, de paprika et de piment. Sympa.

Le "fish’n'fresh" nous a tapé dans l’oeil. Toujours intéressant de voir comment un chef se débat avec une panure. La morue est bien enveloppée dans une panure à la bière légère et croustillante. Réussi. La sauce de yogourt au yuzu, un citron japonais à la mode, est cependant trop aqueuse et liquide pour tenir sur un morceau de poisson. Dommage. Autre gros défaut du plat: la salade de roquette, ramollie par sa vinaigrette, que ne rattrapent pas les petits suprêmes de pamplemousse et les deux morceaux d’avocat grossièrement coupés. Oups! À la demande, on vous offrira des frites, très bonnes, pour rattraper tout ça.

Le "surf’n'turf", lui, est drôlement intéressant: un beau filet de porc rosé, en croûte d’épices, baignant dans une bisque au brandy, surmonté de deux crevettes géantes et d’une julienne de poireaux et carottes. Les cuissons sont justes, la bisque est intense et même si le mariage surprend, il séduit. Bon coup!

Douceurs

Riche: le gâteau au fromage décomposé en verrine avec son crumble au chocolat et sa confiture de fraises. Frais: le nougat glacé aux pistaches et ses écorces d’agrumes. À consommer sans modération.

Emballant /
Jolie présentation des plats. Service étonnamment bien informé des recettes et techniques du chef. Nous sommes épatés.

Décevant /
Des impairs dans les préparations des assiettes, qui sont d’ailleurs servies trop vite. Les saveurs, pas assez poussées. Et une entrée d’os à moelle à 12$? C’est peut-être très bon, mais à ce prix-là, je décroche.

Combien? /
En soirée, comptez une bonne quarantaine de dollars par personne, sans taxes ni service. N’oubliez pas d’apporter votre vin.

Quand? /
Tous les jours, de 17h à 22h30. Midis et brunchs à venir vers la mi-septembre.

Où? /
Les Canailles
3854, rue Ontario Est, Montréal
514 526-8186, www.lescanailles.ca

Ripaille chez les fripouilles Critique par Voir - . Cote: 2

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