Sans tambour ni trompette, la coqueluche des foodies ouvre son deuxième resto, Le Bremner. Attention, Chuck Hughes a encore frappé. Juste.

Le numéro civique est indispensable pour dégoter le nouvel antre du très tatoué et grand amateur de mayonnaise Chuck Hughes. Au 361 de la rue Saint-Paul Est, aucune enseigne… sauf? Une inscription fixée sur la porte: « Alex Bremner Ltd. Montreal ». Une plaque noire que les propriétaires ont retrouvée dans le local, lors des rénovations. C’est ce qui leur a inspiré le nom du resto. Discret, Le Bremner, installé dans ce demi-sous-sol. Et pourtant, un mercredi soir, Le Bremner va se remplir rapidement. Quelques blogueurs (surtout des blogueuses!) en ont déjà fait leur repaire préféré du moment. La salle, sombre, offre un décor typique du Vieux-Montréal, de poutres et de pierres. Les vieux chandeliers, dépareillés, tamisent joliment l’atmosphère. Le bar et la salle sont séparés par une fenêtre sortie tout droit d’une brocante. Au fond de la salle, un escalier débouche sur une petite terrasse enclavée et un bar à huîtres. L’ambiance pourrait bien rappeler celle de bars de jazz d’un autre temps. Le service, jeune, courtois et sympathique, propose rapidement d’ouvrir le repas avec un cocktail. Pas de liste, mais du sur-mesure: dites quel est votre alcool et votre style préférés, le barman s’occupe du reste. Au menu? Ici, rien de gargantuesque ni de plantureux comme au Garde-Manger. Plutôt une carte de tapas, de format moyen, à partager. En toute convivialité.

Au menu /

Êtes-vous chaud ou froid? Poisson ou viande? La carte est clairement divisée: « Menu froid » (tartare de pétoncles, terrine de fruits de mer), « De la terrasse » (huîtres, palourdes crues, demi-homard), « De la salamandre » (sardines, bar, moules)… les poissons et fruits de mer dominent. Sauf dans la section « De la cuisinière » (jarret de porc, boulettes d’agneau), plus carnivore. Et pour les végés, on a préparé un coin de pains fromagés et de légumes préparés.

Nous commandons donc un cinq services de ces assiettes qui, effectivement, ne nous laisseront pas sur notre faim. Un bar rayé, d’abord, servi cru, façon carpaccio. Très adroit, le chef y ajoute une touche d’huile de pistache, de pistaches concassées et de menthe ciselée. Très fraîche, hautement aromatique, l’assiette se vide malheureusement en quelques coups de fourchette. Délicieux. Arrivent alors les sardines. Concoctées de manière très classique, servies dans la poêle en fonte brûlante, ce sont trois sardines grillées rehaussées de citron, de tomates et de pomme de terre. Il ne manque qu’un peu de chorizo pour se croire au Portugal! Les amateurs de ce petit poisson très écolo en apprécieront la fraîcheur et la saveur, brutes. Côté viande, voilà les boulettes d’agneau. Un plat très réconfort dont la viande est justement mêlée à de beaux morceaux de chorizo, dans une sauce tomate et oignons. Simple et efficace!

Côté légumes: bof. Le rapini avec anchois et oeuf haché est renvoyé illico en cuisine, beaucoup trop salé. En retour, nous tentons les asperges avec oeuf poché et tomate. L’aspect de l’assiette est plutôt fouillis et les saveurs, peu intéressantes. Tant pis pour les légumes, ce sera pour une autre fois…

Douceurs

Frustrés par cette finale décevante, nous nous rattrapons avec cet excellent shortcake aux fraises revu en verrine et, surtout, ces trois délicieux beignets à la gelée, aux saveurs de chocolat, fraise et citron. Un régal.

Emballant /
Un menu éclectique, faisant la part belle aux poissons et fruits de mer de qualité. Une ambiance allumée mais retenue par une musique en sourdine relaxante et discrète. Carte des vins courte, mais mettant en valeur des bouteilles intéressantes d’importation privée.

Décevant /
Les légumes négligés: rapini et anchois immangeables, asperges sans grand intérêt, c’est le gros bémol de cette soirée.

Combien? /
Comptez une cinquantaine de dollars par personne pour bien profiter du menu, sans vin, taxes ni service.

Quand? /
Du lundi au samedi, de 18h à 23h.

Où? /
Le Bremner
361, rue Saint-Paul Est, Montréal
514 544-0446

La Hughes attitude Critique par - 2011-09-15
Cote: 3

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