Elles s’appellent Aurélia Filion, Danielle Dupont, Élyse Lambert et Véronique Rivest. Rencontre avec des femmes passionnées par le vin.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les métiers du vin au Québec. Que ce soit dans la vigne avec Carole Desrochers, du vignoble des Négondos, à la cave avec Élyse Lambert, meilleur sommelier des Amériques en 2009, ou à l’importation avec Aurélia Filion, cofondatrice de l’agence oenopole, c’est devenu une évidence: elles gagnent petit à petit de la place dans cet univers encore masculin. Et ce n’est que le début. À l’École hôtelière de la capitale, à Québec, sur un total de 23 inscriptions au programme de sommellerie de l’automne 2011, elles sont huit, et à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, sur 123 élèves inscrits à divers programmes en sommellerie, 52 sont des femmes.

Élyse Lambert est une des sommelières les plus connues au Québec, entre autres parce qu’elle a gagné de nombreux concours en Amérique du Nord, devenant la chouchoute des médias. Avec sa comparse Véronique Rivest, elle fait partie des 4 femmes à s’être placées parmi les 12 meilleurs lors du Concours du meilleur sommelier du monde 2010, au Chili. C’est au cours de ses études en gestion hôtelière à l’ITHQ qu’elle a commencé à s’intéresser au vin. Elle s’est ensuite spécialisée en sommellerie à l’École hôtelière des Laurentides. "Après mon cours, j’ai fait mon bout de chemin. J’avais encore plein de choses à apprendre, et les concours sont une excellente façon de se garder à jour, de plonger dans les livres", raconte-t-elle.

Univers masculin?

"Nous faisons notre place petit à petit, avec passion, détermination et humilité", note Élyse Lambert, pour qui le métier de la sommellerie n’est pas une question de sexe, mais de talent. Danielle Dupont, sommelière au restaurant Le Baccara, a été nommée troisième meilleur sommelier du Québec en mai 2011, concours qu’elle a préparé à la dernière minute, revenant à peine de son congé de maternité. "Aujourd’hui, les gars se rendent compte que nous pouvons leur chauffer les fesses! affirme-t-elle. Les femmes dégustent bien. Et les clients québécois aiment autant se faire conseiller par des femmes que par des hommes." Peu importe que l’on soit un homme ou une femme dans les métiers du vin, pensent Élyse Lambert et Danielle Dupont, ce qui compte, c’est la personne qui conseille le client.

Une passion à partager

C’est en faisant les vendanges dans le Sauternais pour se payer un voyage en France qu’Aurélia Filion a découvert le vin. "Je n’ai pas de formation, j’ai appris avec des mentors, précise celle qui est aussi l’auteure du blogue Bu sur le Web (www.busurleweb.com). Quand nous avons lancé oenopole, j’ai visité 250 vignerons, une belle façon d’apprendre." La jeune femme se dit "agente des vignerons", comme le sont les agents d’artistes. Son métier est fait de voyages, de rencontres et de relations, mais une fois de retour, elle doit vendre ces vins. "Je veux changer le monde une bouteille à la fois", lance-t-elle.

Chose certaine, ces jeunes femmes sont poussées par la curiosité, la découverte, l’envie d’apprendre, de partager et de profiter des bonnes choses de la vie. D’ailleurs, plusieurs sommelières n’excluent pas de participer à de prochains concours, dont celui du meilleur sommelier du monde qui aura lieu en 2013 au Japon. Mais avant cela, le chemin peut être long, comme l’indique Danielle Dupont: "Il faut gagner le Concours du meilleur sommelier du Québec pour être admissible au chapitre canadien, et ensuite au mondial… À voir!"

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