Avec le Web 2.0, les notions d’open source et d’open data, basées sur le partage du code et des données, sont apparues. Dans le même esprit, le Communion offre… l’open resto.

Communion: "union dans une même foi", nous apprend le dictionnaire. Au Communion, petit établissement ouvert en juin dernier dans le Vieux-Montréal, ce terme riche de sens – qu’il a adopté comme nom – se décline en notions de partage, d’échange et d’ouverture aux autres. De quelle façon? Le soir, les plats principaux doivent se partager à deux pendant que le chef Alexandre Arpin ouvre sa cuisine à des chefs invités. Autre exemple: chaque mois, la carte des vins est confiée à un importateur privé différent; si on a aimé un vin, on peut en faire l’acquisition dans la section boutique et le déguster avec ceux qu’on aime.

Ce partage extrême se déroule dans un décor néo-rétro, mariage réussi entre l’âge vénérable des vieilles pierres grises et des poutres de bois du bâtiment et la prime jeunesse d’une céramique vert bouteille, d’un lambris de bois aqua et de luminaires aux lignes épurées. La communion se fait donc sans chichi, mais avec un certain chic, sur des tables en verre, avec des assiettes élégantes et une coutellerie de qualité.

Au menu

Avant d’attaquer les négociations pour le choix d’un plat principal, il est intéressant de démarrer doucement la communion par un assortiment d’amuse-bouche. Un choix de quatre petits plats de deux portions chacun peut remplacer équitablement deux entrées. Voyons voir: les brochettes de pieuvre, pas caoutchouteuses pour deux sous, ont juste ce qu’il faut de piquant pour présenter un bel équilibre de saveurs. Le tartare de saumon, façonné en deux quenelles, est délectable grâce à sa pointe subtile d’émulsion d’orange. Le tartare de canard, aromatisé quant à lui par un soupçon d’huile de truffe, est goûteux à souhait. Il n’y a que les brochettes d’onglet de veau mariné au jalapeño qui déçoivent, car la présence du piment mexicain ne se fait pas du tout sentir.

Le terrain étant préparé, passons maintenant aux négociations sérieuses pour le plat principal. Le choix se porte sur l’entrecôte de boeuf de Mont-Laurier, une généreuse pièce de 400 grammes qui se pointe à la table dans une poêle de fonte très chaude. Accompagnée de pommes de terre rattes et de champignons sauvages, la viande est tendre et savoureuse. Son passage de la cuisine à la table lui aura cependant fait perdre quelques précieux degrés. Et la présence d’une sauce ou d’un jus de cuisson aurait sans aucun doute permis une meilleure communion entre les ingrédients.

Douceurs

Le premier chef invité du restaurant est un pâtissier. Et non des moindres. Nicolas Sénépart est fraîchement débarqué de la célébrissime et française Maison Troisgros (trois étoiles Michelin). Son petit financier surmonté de fruits acidulés (pamplemousse, pomme verte, framboise) qu’un coulis au miel, coriandre et gingembre vient équilibrer est exquis. Et que dire de sa meringue en forme de petits champignons dont le chapeau contient de la crème glacée à la framboise et que l’on trempe dans une onctueuse sauce chaude de chocolat noir? Totalement séduisante.

Emballant /
On apprécie la qualité des produits et l’effort mis dans les présentations, sans prétention. On aime les chefs invités et les vins d’importation privée qu’on peut se procurer dans la section boutique à prix raisonnables.

Décevant /
La communion s’étend jusque dans les toilettes, mixtes, que dames et messieurs doivent partager. Des petites maladresses remarquées ici et là dans les plats (température de la viande, absence de sauce, assaisonnement déficient) pourraient, si elles étaient corrigées, faire passer ce restaurant dans la cour des grands. Le potentiel est là.

Combien? /
Le midi, la table d’hôte à 15$ (entrée et plat) est une aubaine. Le soir, comptez environ 90$ pour deux avant taxes, vin et service.

Quand? /
Le midi, du lundi au vendredi, et le soir, du mardi au dimanche. Brunch samedi et dimanche.

Où? /
Communion
135, rue de la Commune Ouest, Montréal
514 937-6555
www.restaurantcommunion.wordpress.com

Cultiver le partage Critique par - 2011-12-01
Cote: 3

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