Derrière ce nom essentiellement connu des professionnels du monde du vin et des spiritueux, se cachent cinq agences de vin à travers le Canada, des ventes au détail annuelles de 146 millions de dollars, 20 ans de travail et, surtout, un homme, Daniel Richard. Rencontre avec un épicurien visionnaire.

Rien ne prédestinait vraiment Daniel Richard au commerce du vin. Il n’a pas étudié dans cette branche ni été élevé dans des vignes. Toutefois, cet entrepreneur-né, qui a successivement été agriculteur, apiculteur, travailleur humanitaire et directeur du marketing des Grands Ballets canadiens, a plus d’une corde à son arc. Et c’est cette soif de relever des défis qui l’a poussé professionnellement dans le monde du vin. Ainsi que quelques heureux hasards sur son chemin, qu’il raconte avec beaucoup d’humour: «J’étais tombé amoureux d’une Suissesse lors d’un voyage en Europe à l’âge de 20 ans, et comme elle allait faire les vendanges à côté du lac Léman, je l’avais suivie pour me faire quelques sous. Cela m’a permis de découvrir un monde que j’ignorais totalement. Puis j’ai fait un voyage dans le Bordelais et me suis acheté ma première caisse de vin à mon retour ici.» Du Château La Dominique, pour être plus précis, un grand cru qui lui a coûté toute sa paye.

Mais ça y est, Daniel Richard avait la piqûre du vin. Après un retour aux études et l’obtention d’un MBA, il a fondé en 1991 la société Francs-Vins avec deux associés. «L’intérêt pour le vin en était à ses tout premiers débuts à cette époque-là, raconte-t-il. Il existait une seule autre agence de vins haut de gamme au Québec – on en compte plusieurs centaines aujourd’hui – , à peine deux sommeliers à Montréal, et les vignerons n’avaient aucune connaissance du marketing.» L’entrepreneur a donc mangé son pain sec et prêché dans le désert pendant plusieurs années, mais il a profité du manque de concurrence pour attirer les produits les plus intéressants dans son catalogue.

Le vin: un art de vivre

Peu à peu, comme un bon vin, la situation s’est décantée. L’intérêt des restaurateurs, puis de la SAQ, en tant qu’acheteurs principaux s’est accru, si bien que Daniel Richard a fondé une seconde société en 1998, Univins, puis le holding Vini Quatro en 2007. L’entreprise a connu depuis 15 ans un fort développement, surfant sur une croissance moyenne de 10% par an de la SAQ, y compris lors de la crise de 2008. Tendance dans les années 1990, le vin est à présent entré dans les mœurs. Et les Québécois ont littéralement été conquis par certains produits du catalogue de Daniel Richard, comme le Liano, un vin produit en Émilie-Romagne par Umberto Cesari et qui s’est écoulé à plus de trois millions de bouteilles en l’espace de 10 ans, devenant du même coup le vin de plus de 20$ le plus vendu de toute l’histoire de la SAQ. «Le vin fait maintenant partie de notre art de vivre. On ne l’achète plus seulement pour fêter, mais à 80% pour accompagner un repas.» Et pour vous, M. Richard, que représente-t-il? «Je fais le plus beau métier du monde. Grâce au vin, je rencontre des gens passionnants, découvre des cultures, retourne à la terre. C’est très inspirant.»

Vini Quatro
vini-quatro.ca
*Stands de l’agence UNIVINS à La Grande Dégustation

États-Unis : Valley of the Moon & Kenwood Vineyards B20
France : Antonin Rodet B22, Brunel Père & Fils A17, Joseph Mellot A21, Maison Léon Beyer B18
Italie : Poggio Antico A19, Umberto Cesari B16
Portugal : Dos Vinhos Messias A13, Quinta Do Noval B12
Belgique : Brasserie Silly A23

 

 

 

 

Partagez cette page

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Infolettres