La Taverna est fermée, vive Le Mezzé! Ce nouveau repaire d’amateurs de vraie cuisine grecque ne dérougit pas, et pour cause…   

Vous dire ma tristesse quand j’ai appris que La Taverna avait mis la clé dans la porte. Et ma joie, immense, quand j’ai su que le frère du proprio ouvrait un digne successeur à ce bijou de resto.

Dès l’entrée du Mezzé, on constate un environnement plus léché, moderne, sans qu’il renie pour autant sa grecquitude. Murs blancs au lambris d’un cyan vibrant, photos d’édens helléniques et pubs vintage du pays: on sent presque la brise méditerranéenne dans nos cheveux.

Le menu nous ramène dans les méandres de délicieux souvenirs aux noms exotiques. Soulagement: la moussaka et le baklava de La Taverna figurent parmi les grillades, les fruits de mer de première qualité vendus au poids et les nombreux mezzés, dont on ferait un festin principal malgré leur vocation de hors-d’œuvre.

Justement, nous choisissons le pikilia, vaste sélection de mezzés froids. On trempe de moelleuses pointes de pita grillé dans le tarama (une mousse de caviar de cabillaud bien salée), dans un tzatziki tout en fraîcheur, dans le xtipiti (une mousse de poivrons et feta) et dans un caviar d’aubergines rôties et noix de Grenoble onctueux, mais qui manque de sel. On ne sait plus où donner de la papille, surtout que l’assiette contient aussi de la feta, des poivrons marinés, un aïoli à base de pommes de terre et d’excellentes feuilles de vigne farcies d’un riz où pointent des notes de cannelle. En extra, nous avons commandé des croquettes de courgettes, fondantes et vivifiées par de la menthe hachée. Des calmars frits aussi, et nous avons bien fait, car ils sont illico intronisés au panthéon des meilleurs en ville: cuisson parfaite, panure légère, aucun goût d’huile résiduel. Une trempette en accompagnement serait cependant appréciée.

Notre bouteille de blanc aux hanches généreuses (elle est en forme de gourde) se vide à vue d’œil. C’est qu’il est pas mal du tout, ce minéral Agioritikos Tsantali Mont Athos 2011. Nous continuons de l’écluser en compagnie d’un calmar tout tendre exhalant des saveurs de gril appuyées (avec les câpres séchées, c’est un bonheur!). Puis le terminons avec notre assiette du Métèque, un assortiment composé sur mesure. Deux crevettes plus que colossales, juteuses et gorgées de saveur, côtoient une merveille de pieuvre grillée, préalablement bouillie et marinée, dont la texture fondante et la savoureuse simplicité nous arrachent des cris de ravissement. La terre n’a rien à envier à la mer; à preuve, ce poulet lemonato (rôti au citron et à l’origan) et ces délectables souvlakis de porc à l’acidité bien contrôlée.

Les desserts viennent à bout de nos dernières ressources d’appétit et de félicité. Je me souviendrai longtemps de l’expression de David lorsqu’il a goûté son gâteau au fromage feta, nappé d’une compote de figues fraîches et de quelques figues caramélisées. Et de l’exaltation que m’a causée mon kataifi ekmek, une base sucrée de filaments de filo garnie de crème pâtissière et de crème fouettée, le tout saupoudré de pistaches grillées.

«Je pense que c’est mon nouveau resto préféré», m’annonce David, encore sous le choc. Quant à moi, il s’inscrit assurément dans mon top 5.

Emballant /

Les mets grecs authentiques, tout simples, qui mettent le produit et la saveur à l’avant-plan.

Décevant /

Un manque de dégagement entre quelques tables. 

Combien? /

Pour trois services, pour deux personnes, 65$ le soir, 35$ le midi (excluant boissons, taxes et pourboire).

Quand? /

Ouvert tous les soirs, et le midi en semaine.

Où? /

Le Mezzé

299, rue Saint-Paul, Québec

418 692-5005

Le Mezzé Critique par - 2013-08-01
Cote: 3

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