Un événement double au Théâtre Aux Écuries!

8 avril 2014 11h22 · Théâtre Aux Écuries

 

TPE

 

Pour souligner ses quinze ans, le Théâtre de la Pire Espèce fête fort! Pour l’occasion, on aura droit à deux solos. Dès le 8 avril, l’acteur-conteur Francis Monty et son acolyte Mathieu Doyon, musicien-bruiteur, nous présentent Petit bonhomme en papier carbone, une exploration de l’univers éclaté d’Éthienne.  De leur côté, le comédien et créateur Olivier Ducas et la scénographe Julie Vallée-Léger nous offrent Villes dès le 9 avril, une collection particulière fascinante et enchantée.

 

Et maintenant, plein feu sur la scénographe et auteure scénique Julie Vallée-Léger et le musicien-bruiteur Mathieu Doyon!

 

VILLES – 9 au 26 avril 2014 (du mercredi au samedi)

ENTREVUE AVEC JULIE VALLÉE-LÉGER

SCÉNOGRAPHE ET AUTEURE SCÉNIQUE

 

TPE - VILLES

 

Tu as participé à l’écriture du spectacle en tant qu’auteure scénique. Cette appellation surprend et nous ravit! En quoi l’écriture de Villes est-elle influencée par l’objet?

Souvent on utilise le terme « écriture scénique » quand un auteur écrit un spectacle en même temps ou en aller-retour avec des laboratoires de jeu et des improvisations. Pour le théâtre d’objets, l’écriture scénique, c’est un mode de prédilection! Les objets nous inspirent tout autant qu’ils nous contraignent, on peut rarement prédire leur impact avant de les avoir manipulés et même avant de les avoir testés en public. Avec La Pire Espèce, il y a parfois un premier texte ou encore des fragments de textes qu’on complète et qu’on améliore avec les objets. Je suis donc l’interlocutrice. Je cherche les objets qu’une scène nous inspire, puis l’auteur rebondit dessus et ainsi de suite.

Sur Villes, c’est un peu plus que ça. Avec Olivier, nous écrivons tous les deux des villes. Elles surgissent d’une idée, d’une matière ou d’un texte. Avant même que l’on travaille avec les objets, l’écriture de Villes a été influencée par des idées, par le rêve d’Olivier de faire un projet sur les villes imaginaires d’après Les villes invisibles d’Italo Calvino et par notre désir de travailler ensemble avec nos forces complémentaires.

Nous avons passé la première année de travail à discuter de Calvino, de ce qu’on aime de la représentation, de l’abstraction et de nos sensations de lecture. Des rencontres de 4-5 heures dans les cafés à faire des dessins et des schémas. Puis après, on a fait des périodes intenses de laboratoires avec de  la matière brute et des objets simples. On s’est perdu dedans. La plupart des villes sont nées à ce moment-là. Puis Olivier a écrit plusieurs textes et on a commencé les allers retour entre la matière, les objets et le texte. On s’est longtemps gardé le droit d’ajouter des villes nées d’une nouvelle matière ou d’un nouveau texte.

Maintenant le travail est de continuer l’écriture par l’assemblage des villes : un assemblage d’images, de textes, et de sons. L’objet est un moyen de toucher à l’abstraction, à l’idée pure d’un concept (ou même d’une joke) sans utiliser l’émotion de l’acteur. L’émotion n’est alors plus un moyen mais un effet. Elle devient un effet secondaire ou un bénéfice marginal de l’utilisation de l’objet sur le spectateur.

 

En quoi ce type de travail diffère d’un travail de scénographie habituel?

C’était mon idéal de pratiquer ainsi la scénographie. « Scénographie » : écrire la scène. Je sens que je ne suis pas seulement en réaction ou en addition à un texte ou à un projet. Je sens que je suis en partie initiatrice d’une parole pas juste visuelle, mais intellectuelle, conceptuelle. Ça diffère aussi beaucoup des autres projets par le temps que je passe en salle de répétition, par la permission que j’ai d’aller sur scène à tout moment pour ajuster ou proposer des idées. J’ai aussi besoin de rester simple dans la transformation de la matière pour que la fabrication aille aussi vite que nos cerveaux. Avant que je fasse construire un mur, il va falloir une très bonne raison.

 

Quelle est la difficulté/défi de ce type de travail?

La difficulté et le défi, c’est d’avoir une disponibilité et un enthousiasme intarissable. C’est un travail intense. Comme un marathon peut-être?

 

Pourquoi travailler avec des objets bruts et non pas des maquettes qui évoquent plus naturellement des villes?

Ce qu’on essaie de partager avec le spectateur c’est cette fascination brute et première de la découverte d’un sens formidable venu d’une matière connue. L’objet transformé et le spectacle de haute technologie demandent une précision extrême et une pertinence décuplée pour garder un intérêt. Avec la matière brute, on a le droit de rester impertinent… en surface.

 

Il est de notoriété publique que tu as déjà travaillé avec le Cirque du Soleil. Les rapprochements entre le Cirque et La Pire Espèce vont de soi, mais quelle est la principale différence entre les deux structures selon toi?

Les échelles.

Dans l’une, les artistes sont des objets magnifiques, qui se passent de sens. Dans l’autre, les objets acquièrent des sens même si ils sont imparfaits. On exploite l’imagination du spectateur… ça coûte moins cher et ça ouvre la porte à un autre type d’interaction avec le public.

 

 

PETIT BONHOMME EN PAPIER CARBONE – 8 au 26 avril 2014 (mardis et samedis)

Entrevue avec Mathieu Doyon

musicien-bruiteur émérite

 

TPE - PETIT BONHOMME 

Toi qui as une formation en arts visuels et crées des œuvres d’art contemporain au sein de Doyon-Rivest, comment es-tu devenu concepteur sonore?

En fait, j’ai commencé à faire de la musique très jeune, bien avant de m’intéresser à l’art. C’est vrai, j’ai une formation en arts visuels, mais je suis un musicien autodidacte et un «bidouilleur». J’ai toujours eu l’impression que dans mon cas les deux disciplines doivent se côtoyer et qu’elles s’influencent l’une l’autre de manière indirecte. Peut-être que je fais de la musique de manière visuelle?

 

Tes nombreuses activités parallèles (photographie, arts visuels, musique, montage, vidéo) dénotent-elles d’une hyperactivité ou d’un attrait pour le gain?

Clairement l’appât du gain. Je lis toujours les rubriques « emplois les plus prometteurs » et je constate que « concepteur sonore en théâtre d’objets » et « artiste en arts visuels » figurent toujours en tête de liste. Ça me réconforte dans mes choix. En plus, choisir c’est renoncer et j’aurais beaucoup de difficultés à cesser l’une ou l’autre de mes activités. En tout cas, ce n’est pas monotone mon affaire.

 

As-tu envie de nous parler de tes influences musicales à l’œuvre dans Petit bonhomme en papier carbone?

Non.

Ok  d’accord. Je ne suis pas un grand amateur de blues, mais étonnamment il y a plusieurs pièces que j’ai créées pour Petit Bonhomme en papier carbone qui sont assez proches du blues, soit dans leur structure, soit dans leurs sonorités. Je trouvais que ça servait bien l’esprit bovin du texte de Francis et que ça donnait une certaine « américanité » au spectacle. Quand on le tourne en Europe, ça devient vachement exotique.

 

Non seulement, tu as conçu la musique de Petit Bonhomme en papier carbone, mais tu es présent sur scène et crées des ambiances et du bruitage en direct. Quel est l’intérêt de cette performance pour toi?

D’abord, ça permet à mon travail d’évoluer au-delà d’une conception préenregistrée, donc figée. Depuis les premières représentations, beaucoup de petites interventions ont été rajoutées ça et là, qui ont bien servi le rythme du spectacle. Ensuite j’aime bien que l’environnement sonore soit totalement assumé : je suis à deux pas de Francis, bien à la vue des spectateurs. On interagit constamment. On ne fait pas comme si la musique venait de l’au delà. Mais, surtout, ça me rend indispensable. Donc, en tournée, je suis là aussi : je vois du pays et je profite des spécialités locales…

 

Nos taupes nous ont informés que tu appréciais particulièrement les calembours et que tu en produisais à volonté. Peux-tu en faire, là, à chaud?

À la chaux? Ah non, ça  donne un humour tout décrépit…

 

 

Photo : Mathieu Doyon et Francis Monty pendant une représentation de Petit bonhomme en papier carbone. © Eugene Holtz

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    9 au 26 avril 2014

  • PETIT BONHOMME EN PAPIER CARBONE
    8 au 26 avril 2014

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