Des milliers de couscous plus tard

14 janvier 2015 14h05 · Fadwa Lapierre

couscous

©Walid Megherbi

Le Couscous Comedy Show fête ses cinq ans! La formule unique, à mi-chemin entre le restaurent et le spectacle, a fait ses preuves. Pour l’occasion, Fares Mekideche, alias Uncle Fofi réunit sur scène Rachid Badouri, Mehdi Bousaidan et Adid Alkhalidey, pour un événement qui promet de s’éloigner du politically correct, tout en dilatant les rates.

On dit que le secret de la réussite du Couscous Comedy Show est que l’humoriste cuisine encore lui-même son célèbre plat rassembleur pour les centaines de spectateurs hétéroclites. Tout est parti de cette semoule de blé en fait. Étudiant au HEC (pression sociale et familiale aidant), Fares a mis sur pied un petit service de traiteur de couscous, plat dont ses amis raffolaient.

Comment l’aspect humour s’est intégré au concept?

-C’est parti d’une idée sur mon MacBook,  je m’ennuyais à l’école! L’humour a toujours été ma passion. Il y avait une tradition d’humour québécois de chums de gars qui organisaient leurs soirées. C’était très dur d’intégrer ces cercles fermés. J’ai insisté pour ne pas faire la même chose. J’ai créé un show plus montréalais que Montréal, on était les premiers à faire un show bilingue, qui alliait les débutants et les professionnels, c’est la beauté de Montréal, un gros smoothie, plein de mélange savoureux!

De quoi es-tu le plus fier?

-D’un petit fichier Word, aujourd’hui, on continue à grossir. Je suis resté maître de mon sujet à travers tout ça, j’ai réussi à m’épanouir dans ma passion, tout en encourageant les frérots.

Dans cet état d’esprit, j’essaie de rester authentique. Je préfère faire des shows devant 300-400 personnes plutôt qu’un de 2000. Je veux montrer un show de qualité qui représente cinq ans de travail et de passion. Mettre de l’avant autant de couleurs, et en finalité, rassembler du monde pour vivre de l’amour, de la paix et du respect, surtout ces temps-ci, on en a grand besoin!

Dans le fond, on a le même message, même si c’est cliché : on est tous différent, il faut apprendre à grandir ensemble. Si on continue à vivre dans la peur de l’autre, cela va nous mener dans l’obscurité.

Quel est ton pire moment sur scène?

-Parfois, après toute l’énergie dans la promotion et la préparation du spectacle, je suis parfois fatigué sur scène. J’ai l’impression d’avoir préparé le meilleur show que j’aurais pu, mais je n’en profite pas. Aussi, il m’arrive d’être vaincu par ma gentillesse, j’invite trop d’artistes, alors je coupe dans mes numéros pour éviter que ça ne devienne trop long et c’est frustrant.

Que réponds-tu à ceux qui trouvent qu’il y a trop d’humour « ethnique », suite à la grande popularité des humoristes issus de la diversité?

-Qu’est-ce que l’humour ethnique au juste?! Il n’y a jamais trop d’humour quand le but est d’obtenir une meilleure société. On ne rit jamais trop, on ne peut être que trop triste! Le Québec est entrain de changer et le monde se rend compte que tout n’est pas blanc québécois. On passe d’un humour où les seules couleurs étaient Anthony Kavanagh et Michel Mpambara, à un marché où des dizaines émergent, plus talentueux les uns que les autres (avec moi au sommet  haha)!

Le Coucous Comedy Show voyagera-t-il?

-Après plus de 250 spectacles, on a une énergie spéciale! Le Couscous voyagera avec moi, je prépare mon premier one man show. J’ai des spectacles prévus en France, au Sénégal, Algérie, Côte d’Ivoire,  Liban, Gabon et Cameroun! Le Couscous Comedy Show prendra de l’expansion, nous avons déjà été à Ottawa, Toronto et Québec et ça a bien marché. Cette année, des représentations se feront à la rive-sud et la rive-nord de Montréal. Le meilleur est à venir!

Uncle Fofi, Rachid Badouri, Mehdi Bousaidan et Adid Alkhalidey le 16 janvier à 19 h au Théâtre Rialto, complet malheureusement!

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Babel

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Le projet est réalisé par le Forum jeunesse de l’île de Montréal (FJÎM), en collaboration avec la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal, dans le cadre du Plan d’action de la région de Montréal en matière d’immigration, d’intégration et de relations interculturelles (PARMI). Il bénéficie également du soutien financier du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles. Le Voir est partenaire de diffusion du projet.

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